‹ La princesse Mathilde DemidoffBonaporteChapitre 5 sur 5 · UNE MÈRE · texte numérisé non relu

UNE MÈRE

Ou était-ce peut-être par ordre supérieur qu’ils permettaient la représentation de pareils ouvrages.

Autrefois la littérature française était lascive.

C'était le beau temps de Paul de Kock père et consorts.

Heureusement ce temps est passé.

La police veille sur le colportage.

Pour colporter une œuvre, il faut que l’ouvrage porte le timbre de la police.

Vous ne trouvez donc chez les colporteurs, chez les libraires ambulants, ni ces sales opuscules qu’on pourrait nommer la littérature des mauvais lieux, ni les cartes transparentes, ni les photographies onlurières.

Jamais vous ne voyez exposées ces statuettes, dont raffolaient les adolescents imberbes et les vieillards impotents.

La police veille et fait son devoir.

Pourquoi pcrroct-on donc de représenter devant des centaines, des milliers de spectateurs des ordures dramatiques?

Et môme, la pièce représentée, il y a lin paragraphe du code criminel qui punit sévèrement tout attentat aux mœurs.

Qui le punit même plus sévèrement, s’il est commis publiquement.

N’y a-t-il pas de procureur impérial, n’y at-il pas de juge pour appliquer cet article aux auteurs des : Filles de marbre, de Henriette Maréchal?

Mais non, j’oubliais; au lieu de punir ces messieurs, on leur donne la légion d'honneur !!!

La légion d’honneur pour des œuvres qui foulent des pieds, qui traînent dans la bouc l'honneur public et privé !

Les gardiens de la décence ne sont que

f iour arrêter chez Mabilleou ù la Closcrie dés ilas les étudiants et les étudiantes en ribolte.

Ils se garderaient d’arrêter un monsieur en habit noir et portant le petit bout rouge à la boutonnière.

Ce pourrait être un notaire, un auteur, un préfet de Paris, un ministre, que sais-je?

En voulant fonder un nouveau Paris, vous, voulez aussi expliquer la décence à votre manière.

Il est vrai que vous et mesdemoiselles vos filles ont certaines notions sur la pruderie qui ne sont pas partagées de tout le monde.

Il y a des pères qui sont heureux d’avoir des fils, mais vous, vous devez votre bonheur îi mesdemoiselles vos filles.

N’est-ce pas. Monsieur le préfet de Paris ?

Oui, répétons-le à haute voix, le théâtre en France, qui autrefois prêchait les bonnes mœurs, est maintenant 1 apôtre de l'immoralité.

Ou voulez-vous, Messieurs les auteurs et ceux qui les protègent, nous faire croire que la France porte la gangrène dans son cœur?

Depuis quand ?

Depuis le 2 décembre peut-être?

Non, je ne veux pas le croire, je ne le croirai jamais.

Car je suis dévoué à l’empereur.

Il a beaucoup fait pour la France, pour l’Europe entière.

Mais il a trop fait pour Paris.

Et je ne crois même pas que Paris lui en sera reconnaissant.

Trop de zèle nuit, disait Talleyrand.

Gravez-vous cette vérité dans le cœur, vous qui entourez l’empereur, si vous lui êtes en effet dévoués, comme vous le dites.

Mr. Hausmann, trop d’embellissements nuisent à la poésie.

Et trop de dépenses mènent à la ruine.

Vous le savez par expérience.

Vos cousins au Loclebach près Colmar, braves et honorables industriels comme il y en a peu, le savent aussi.

Ne démolissez pas trop de maisons !!

On pourrait se servir de leurs débris pour vous lapider.

Le luxe règne partout à Paris.

L’argent n’y est plus rien.

Le préfet le jette à pleines mains et tout le monde de l imiter.

Pour vous dire comment l’argent est déprécié à Paris, je vous dirai que dans les nouveaux quartiers, par exemple dans l’avenue de l'Impératrice, etc., le mètre carré se Ycnd à

800 francs î!

Avez-vous bien lu ?

800 francs !

Je connais un Russe, qui y a bâti une maison pour lui seul.

Il avait besoin de la bagatelle de 300 mètres carrés.

Donc le terrain seul lui a coûté.

240,000 francs !

N’en viendrons-nous pas bientôt au ppint où en était Rome sous les Césars quand une murène était payéede 2,000,000 de sesterces.

Maintenant déjà on paye une dinde truffée de 100 francs et de plus.

Une dame a souvent sujr elle pour plus que son mari ne peut gagner ep dix-ans*

Vous penserez que c’est elle qui lui a apporté tout en dot.

Au contraire, sa dot était bien modeste et avait servi pour payer les dettes du mari.

De quoi vivent-ils donc?

Ma foi, madame a trouvé un protecteur.

La nation prend ses exemples d’en haut.

C'est une vérité qui n’a jamais trouvé de contradicteurs.

Comment osez-vous reprocher aux Parisiens leur immoralité, quand c’est le secret d’arlequin que la cousine de l’empereur, celle qui faisait les honneurs de son palais, tant qu’il n’était pas marié, vit séparée de son mari, ayant pour amants Mr. de Nieuwekerke et tant d’autres.

Mais que dis-je ?

Ce n’est pas le peuple qui imite la cour.

Le bourgeois parisien tient aux mœurs.

La petite bourgeoise est occupée toute la journée dans son magasin.

L’immoralité ne règne que dans les classes supérieures de la société.

Ce sont les satellites qui prennent leur lumière du soleil.

Mais le Parisien est né badaud.

On veut le distraire par le luxe, afin de lui ôter toute velléité de politique.

Mais on oublie qu’on construira des barricades dés qu’on n’aura plus de palais à construire.

Ceux qui vivent du luxe, s’habituent au luxe.

La gangrène gagne la société, les patrimoines disparaissent dans le gouffre que oreuse le luxe.

Les grandes fortunes s’en vont, sans qu’il soit possible d’en amasser de nouvelles, car c'est l'économie et non pas le luxe qui amasse les fortunes.

Pour combler le déficit on joue un jeu effréné et immoral à la bourse, mais elle n’est plus la mine d’or et inépuisable quelle était autrefois.

Car la confiance a disparu.

Dig tizod t>y Ooogle

Les enfants payeront pour les fautes de leurs pères.

Un triste avenir attend Paris.

Les palais ressembleront à ceux de Venise et de Gènes, et ne seront habités que par des rats, des araignées et des mendiants.

Mais le régime actuel s’inquiète peu du futur.

Sa devise est :

Après nous le déluge.

- ÎOO

Le neveu et la tante.

Avez-vous rencontré aux bains de Trouville un monsieur de trente et quelques années assez laid de figure, s’habillant avec une excentricité ridicule, portant quelquefois un habillement complet de velours blanc ?

Vous l'y avez vu?

Le connaissez-vous?

Non ?

Eh bien, je vous le présenterai.

Ce monsieur se nomme DémidofF, comme le mari de la princesse.

Il est son neveu, le fils de son frère aîné Paul, et copropriétaire de mines d'or.

Mr. DémidofF, son père, est mort il y a à peu près trente àns, laissant beaucoup de dettes, les riches en ont plus que les pauvres,

car on leur prête plus, une fortune colossale, et deux enfants.

Un fils et une fille.

Mr. Démidoff, le fils, était tout petit enfant lorsque la princesse Mathilde vint à St.-Pétersbourg.

Il la connut à peine alors.

Maintenant il la connaît bien intimement, à ce qu’on dit.

Paris a de tout temps été l’aimant qui attirait le monde entier.

C’est la Syrène dont le chant enchanteur fait oublier qu’on est si proche de Gharybdis et de Scylla.

Mais du temps de l’empereur Nicolas, Paris était un fruit défendu pour les Russes.

Car c’était alors le foyer des idées libérales et républicaines !

Les temps sont changés depuis.

Les Russes abondent à Paris maintenant.

Ils y construisent des palais et s’y ruinent.

Du reste ce fut toujours le faible des boyards russes, ils payent quelques années

— ist -

de faste effréné d’une vie de pauvreté.

Il est rare, en Russie, qu’une fortune survive à la troisième génération.

L’esclavage autrefois sauvait les boyards d’une ruine complète.

Après avoir follement dépensé leur capital et leurs revenus pour de longues années d’avance, ils se retiraient dans leurs terres, où leurs serfs devaient pourvoir à leurs besoins.

Eux-mêmes passaient leur vie en s’adonnant à l’oisiveté et à chasser les lièvres, les loups et les renards.

Les temps sont changés maintenant.

N’ayant plus de serfs, ils vendent leurs terres, et viennent à Paris pour y :

Construire des palais,

Jouer à la bourse ;

S’amuser

Et se ruiner,

Ils ont toujours le talent d’atteindre ce dernier but quoiqu'il soit involontaire.

Nicolas avait construit une muraille chinoise entre la Russie et Paris.

Ceux qui voulaient y aller, devaient lui en demander la permission.

Son secrétaire lui soumettait la liste de ceux qui voulaient partir pour l'étranger, et lui il effaçait les noms de tous ceux auxquels il refusait cette permission.

J’ai entendu citer les noms de nobles qui- * pétitionnaient chaque année pour pouvoir quitter la Russie — il y en avait beaucoup auxquels les médecins ordonnaient les eaux de l'Allemagne — et qui voyaient chaque fois leurs noms biffés par l’empereur.

Car Nicolas savait que pour ses sujets Bade, Wiesbade, Hombourg, ne sont que les derniers relais avant d’arriver à Paris.

On devait être bien avant dans ses bonnes grâces si on recevait la faveur de quitter ses Etats.

Et combien d’envieux cette faveur vous créait !

L’empereur Alexandre ouvrit, dès que la paix de Paris fut conclue, les frontières de

ses Etats à tous ceux qui voulaient voyager.

Grande joie parmi les touristes russes.

Vous savez s’ils profitèrent de la permission de leur empereur.

Bateaux h vapeur, chemins de fer, tout fut encombré de touristes russes, ce n’est que le russe qu’on entendait partout parler.

Tous dirigeaient leurs pas vers Paris.

Car le proverbe qui dit que tout chemin mène, à Rome est suranné.

Tout chemin mène à Paris.

Le jeune Démidoff fut un des premiers qui profitèrent de cette permission.

Il vola à toute vitesse de la vapeur vers Paris, le rêve de son enfance, l’idéal de sa jeunesse.

Il arrivait k Paris son portefeuille gros de lettres de change tirées sur Rothschild etKonigswarter.

Il fit son entrée dans le monde sous l’égide de sa tante.

C’est elle qui chaperonna son neveu.

Vous pouvez vous imaginer quelle fut sa société.

Les goûts artistiques de sa tante furent partagés par le neveu.

Sa galerie de tableaux fut une des plus belles de Paris, il y avait des toiles que le Musée du Louvre lui aurait pu envier.

Il est vrai qu’il y avait aussi des croûtes et des tartines.

C’étaient des habitués de sa tante qui les lui fournissaient.

A l’instar de la musique d’avenir inventée en Allemagne par Richard Wagner, une certaine école de peinture à Paris a inventé une peinture d’avenir; les adeptes de cette école croient que leurs toiles qui ne sont goûtées que par la princesse, qui a le cœur trop bon pour ne pas admirer les écarts de pinceau de ses amis, mais que le public ne nomme que des salades, passeront à la postérité.

Mr. Démidoff menait grand train, avait hôtel et équipage.

Mais sa tante ne lui permettait pas d’avoir une amie.

C’est elle qui voulait l'être.

Et elle le fut.

Elle si bonne, et connaissant les récifs qui se cachent sous les ondes si souvent troubles de la vie parisienne, elle voulait être le seul pilote de son neveu.

Que dit Mr. de Nicuwekerke de ce chaperonnage?

Ma foi, ce qu’il dit toujours:

Rien !

Il est si débonnaire et a le cœur si artistique.

L’écrin de la princesse fut enrichi des plus belles nouvelles pierres sibériennes.

On le voyait partout avec la princesse.

Mais un jour il lui vint la fantaisie de faire la connaissance d’un tout petit raton.

Le lendemain le rat fluet, né dans la loge de portier d'une maison delarueMouffetard, habité exclusivement par l’aristocratie des

chiffonniers, eût un hôtel rue St. Georges, l’hôtel avait coûté la bagatelle de deux cent mille francs et le mobilier autant, sans compter les chevaux, les équipages, les domestiques, etc.

Le petit raton trouva les acquits de toutes les fournitures dans la tirelire de son secrétaire.

C’était un présent valant un demi-million.

Présent assez acceptable pour la fille du portier d'une maison habitée par des chiffonniers.

Mais ayant un riche hôtel, on doit aussi mener grand train.

Lejeune homme prévoyant avait pensé à tout, à côté des acquits des fournisseurs gisaient deux paquets de billets de mille francs signés Gara t. -

Chaque paquet en contenait cent.

C’était un présent digne d’un propriétaire de mines d'or et petit-fils d’un paysan.

La princesse le sut, et en parla à ses habitués.

Vous croyez peut-être qu’elle s’en fâcha ?

Non, elle est trop bonne pour jamais se fâcher des escapades de ses amis.

Bah ! dit-elle, il faut que jeunesse s’amuse.

Le jeune Démidolf continua à voir sa tante.

Mais ce ne fut pas ainsi quant au rat.

Mademoiselle Toinon portant' le nom de guerre d'Odoïsca...

Nom bizarre, mais ronflant et bon pour attirer le public...

Mademoiselle Toinon avait donc pris comme portière sa mère, qui était toute fière de ne plus tirer le cordon à des crocheteurs, mais à des personnes qui ne daignaient pas frapper eux-mêmes, mais laissaient cette peine à leurs domestiques.

Et ils jetaient souvent des pièces de vingt francs à la portière, qui ne cultivait désormais que le cassis et les napoléons.

Mr. Démidoff croyait avoir pour ses sept cent mille francs, le droit de ne pas donner des napoléons à la portière.

Se trompait.

Mais il se trompait !!!

Deux mois après l’installation de mademoiselle Odoïsca étaient à peine passés, qu’il - trouva un joui* la porte de celle à qui il avait donné hôtel, chevaux c tutti quanti fermée.

Mais hermétiquement fermée.

Il demanda ce qu’Odoïsca avait...

Madame a la migraine, répondit le valet de pied, long pandour haut de sept pieds et quelques pouces, il avait servi dans les dragons de la garde.

Mais je veux la voir, fît Mr. Démidoff en faisant mine de passer outre.

Madame ne reçoit personne, dit le pandour en lui barrant le passage.

Ni moi non plus, demanda Mr. Démidoff.

L’ordre est absolu, répondit le pandour en saluant profondément. Ni vous non plus, Mr. le prince.

Car vous devez savoir que Mr. Démidoff se fait aussi nommer prince.

Quel Russe, nous l’avons dit, ne se fait

pas nommer prince ou comte, le moindre titre qu’il prend est celui de baron.

Mais il n’y a pas de barons en Russie, répondrez-vous probablement et non pas sans raison.

Ma foi ce n’est pas mon affaire.

Mr. Déinidoff eut le bon goût de ne pas chercher querelle au domestique qui n’avait agi que d’après les ordres de sa maîtresse.

Il descendit donc le carreau ayant un air assez maussade.

En passant devant la loge du portier, il demanda à la portière :

Madame est-elle malade ?

Il ne connaissait pas la parenté qui liait le ci-devant rat, dont il avait fait une rentière, au Cerbère femelle qui gardait la porte de l'hôtel et en tirait le cordon.

Oui, fut la réponse aussi sèche que revêche.

Les Russes sont aussi ladres dans certains cas, qu’ils sont prodigues dans d’autres.

Ils épargnent des sous pour jeter des millions au vent.

C’est la vanité qui les guide.

Si monsieur Démidoff avait donné de temps à autre une pièce de vingt francs, même de cent sous h la portière, elle n’eût pas tenu le langage suivant :

Ma fille, ton Russe est ladre comme tout, il croit qu’il a fait un grand miracle en te donnant cette bicoque...

C’est un hôtel, interrompit la fille.

Foin de l'hotel, continua la mère, maintenant il t’appartient, n’est-ce pas?

Oui, fut la réponse de la fille.

Ne pensc-t-il pas que tout est dit, quand il t’a donné encore quelques napoléons ?

C'est deux cent mille francs, qu'il m’a # donnés, dit la fille en baissant *les yeux...

Etait-ce par pudeur?

La grande histoire que deux cent nfille francs, d’autres en donnent beaucoup plus.

T a-t-il donné encore quelque chose, Toinon ?

Odoïsca interrompit la fille.

Va pour Odoïsca, dit la mère, mais ce nom est bon pour d’autres et non pas quand nous sommes entre nous. Je te demande s’il fa donné quelque chose encore depuis ?

Quelques diamants, surtout une émeraude charmante, tu l'as vue, maman ?

N’est-ce pas?

C’est quelque chose, mais pas assez.

Depuis deux- mois qu’il fa, il ne fa donné que quelques diamants et une émeraude.

Quelle honte ! Fi du vilain ladre.

Mais, maman.

Point de mais, Toinon — bah! c’est Odoïsca que je voulais dire... mais il n’y a personne pour nous écouter. Tu dois le planter là le vilain Harpagon.

Mais y pensez-vous, maman, s’écria Toinon-Odoïscà.

Jy ai pensé ma fille. Et en voici une preyve !

Disant ces mots, elle lui présenta un magnifique écrin, qui contenait une rivière de

diamants, valant pour le moins vingt-cinq mille francs.

Tointfci-Odoïsca en fut éblouie.

Elle frappa de joie des mains.

Que c’est beau ! s ecria T t-elle.

Ma fille, tu vois que j'ai pensé à toi. Cet homme-là est un homme et non pas un vilain cosaque comme ton nigaud de Russe.

Voici ce qu’il m’a donné, afin que je te fasse parvenir cet écrin.

Et elle montra à sa fille une bourse où brillaient dix napoléons.

C’était le maréchal P. que l’impératrice avait dernièrement marié à une jeune Espagnole qui lui apportait une riche dot, qui envoyait l’écrin à la biche.

Ce sont les mœurs de Paris...

L'affaire fut bâclée, et le neveu de la princesse congédié.

Il s’en consola en cravachant Toi non, comme son oncle l'avait fait à l’égard de sa tante.

Toinon fut remplacer par d'autres biches qui agirent à son égard de la môme manière.

Car les Russes sont des niais, quand ils croient qu’on les aime pour leurs personnes, c’est pour leurs roubles qu’on les aime.

Mais les roubles s’en vont aussi vite que tout autre argent.

Mr. Démidoff s’en aperçut un bon matin.

Les roubles étaient disparus, mais sa galerie de tableaux lui restait.

Il la vendit et la mangea.

Par bonheur un ordre de son empereur le rappelait dans sa patrie, les empereurs de Russie n'aiment pas quand leurs sujets extra vaguent.

Mr. Démidoff prit donc congé de sa tante, et partit pour la Sibérie.

Il en retournera chargé de lingots d’or et de diamants, les diamants pour sa tante et pour d’autres dames, les lingots d'or pour les dépenser gaiement à Paris.

— ta —

Un lansquenet.

La princesse joue.

Elle joue avec passion.

Depuis l’empire le jeu a pris des dimensions effroyables.

Autrefois les jeux de hasard n étaient tolérés que dans les clubs, aux tables d’hôte, aux parties fines qui commençaient par un souper, continuaient par un lansquenet et se terminaient par une orgie générale.

Maintenant on joue partout dans la soidisant société.

Dernièrement il y avait une soirée chez le prince V., on a joué après le souper, et des sommes inouïes ont été perdues — et gagnées par des grecs.

On parle d’un Russe qui aurait perdu 150,000 francs, d’un Anglais qui en aurait

perdu 135,000 et d’autres aussi ont été plumés par ces oiseaux de proie, qui peuplent maintenant les salons du grand monde.

Il est vrai que le faubourg St. Germain ne leur a pas donné les droits civiques, mais ils se tutoient avec les ducs et comtes du premier et du second empire.

Le gouvernement qui négocie avec les petites puissances allemandes limitrophes pour fermer les tripots qui infestent les deux belles rives du Rhin, et où les eaux ne sont qu’un prétexte pour le jeu, comme Bade, Wiesbade, Ems, Nauheim et Hombourg, tolère, — que dis-je tolère? protège le jeu chez soi.

Lors de la clôture du célèbre N. 4 sous le gouvernement de juillet, la morale cria victoire.

Mais hélas ! au lieu du jeu public sous la surveillance d’agents de police, surgirent une foule de tripots clandestins.

Mais la police était aux aguets et sévissait sans pitié, malgré toutes les précautions que les joueurs prenaient.

Maintenant on joue partout, sans que la police n’intervienne.

Car elle n’ose pas intervenir.

. On joue surtout dans les salons de la princesse.

Elle en donne l’exemple.

Lorsqu’elle joue, elle vous paraît toute changée.

Son sourire a perdu sa bonhomie.

Ses joues brûlent.

Ses yeux brillent d’un feu lugubre.

Vous frissonnez au timbre de sa voix quand elle dit :

Banco !

Vous pensez voir surgir le fantôme qui faisait l’effroi de Macbeth.

Dans ces moments la princesse vous paraît être le démon incarné du jeu.

Ce n’est pas quelle soit avide de l’or quelle gagne ou quelle perd..

Non, elle est insouciante en fait d argent comme je l’ai déjà dit.

Mais elle aime le jeu pour le jeu.

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Pour ses émotions !

Un jour j’assistais à une scène de jeu, qui se jouait dans les salons de 1a princesse.

Il faut vous dire que je ne joue pas.

Je ne jouais donc que le rôle d’observateur.

Rôle qui souvent n’est pas sans agréments.

La société n’était pas nombreuse, il y avait Mr. G. sur qui son aventure avec son compatriote Garcia a jeté une ombre ; mais qu ; , malgré que la justice ait prononcé une sentence de blâme, a su garder une position de grande responsabilité ; il l’a gardée — grâce à deux protections; puis il y avait quelques Russes qui jetaient sur la table de l’or sans le compter, un nombre assez considérable de dames de diverses nationalités, mais parmi lesquelles les Russes prédominaient par leur nombre et la passion avec laquelle elles jouaient; il y avait des représentants de cette jeunesse dorée qui doit jouer, se désennuyer, mais quivoudraitcombler par le gain l’abîme que ses passions et son luxe lui creusent.

Car le jeu est l’acolyte du luxe et sa conséquence logique.

Ii y avait des hommes de lettres et des artistes qui jouent pour avoir des émotions, et parce qu’ils ont pour le moment quelques napoléons dans leur gousset, et qui, après les avoir perdus, se grisent de champagne pour oublier leur guignon et dévorent des masses de pâtisseries sachant que le lendemain ils partageront le dîner de sainî Antoine, c’est-à-dire, qu’ils devront s’en passer s’ils n’ont pas par hasard du crédit , mais nous en avons rarement, nous autres membres de la race plumitive.

J’y voyais aussi quelques messieurs à moustaches, en favoris noirs comme du jais, au costume irréprochable, la boutonnière ornée d’un petit ruban rouge ou d'une rosette à différentes couleurs.

Mais ces messieurs sentaient les grecs à une centaine de pas.

La princesse jouait aussi.

C’était le lansquenet, le jeu le plus bête et qui n’a été inventé qu’en faveur des grecs et de la volte qu’on jouait.

La princesse tenait la banque; devant elle était un monceau de billets de banque et de napoléons.

Elle était en veine ce jour-là.

Cela ne lui arrive pas souvent.

Oh ! que son œil brillait d’une joie à vous faire peur.

J’ai dit quelle fait fi de l’argent et je le répète, mais elle est toute autre quand elle joue. *

Les yeux de toute la société suivaient sa main petite et potelée.

Moi, accoudé à la cheminée, je suivais des yeux le jeu sansle comprendre, mais il m'intéressait néanmoins.

Tout à coup j’entendis un cri étouffé.

La princesse avait perdu.

Le jeu continua.

Mais la veine était changée.

La princesse perdait.

Mais plus elle perdait, plus elle s’acharnait au jeu.

Ses enjeux devenaient plus grands, elle jouait les jeux les plus hasardés.

La veine était passée dans les mains des messieurs que j’avais reconnu pour des grecs du premier coup d’œil.

Les hommes de lettres et les artistes se levaient l’un après l'autre, car leur gousset vide ne leur permettait plus de continuer le jeu, ils allaient au buffet et se faisaient verser du champagne, qu'ils buvaient à grandes rasades et mangeaient avec un appétit qui pouvait paraître étonnant, vu que le souper avait été bon et copieux, des pâtés de Strasbourg et des sucreries.

Mais ils voulaient avoir quelque chose pour leur argent perdu et avaient raison.

Les autres joueurs et joueuses quittaient aussi peu à peu la table de jeu, maugréant contre leur mauvaise veine.

Mais la princesse continuait de jouer, et perdait des sommes fabuleuses.

J’aurais bien voulu m’approcher d’elle et lui dire quelle était dans les mains de grecs.

Mais vous comprenez que c’est une chose bien délicate.

Les messieurs aux favoris et moustaches

irréprochables jouaient comme s’ils s’étaient concertés d’avance; ce qui aurait pu être évident pour les joueurs s’ils n’étaient pas aveuglés parle jeu, mais ce l’était pour moi, spectateur impartial.

Le jour commençait à poindre, lorsque la princesse; restée la dernière à jouer avec ces messieurs jeta les cartes, elle avait perdu une bagatelle de plus de vingt mille francs.

Elle marcha pendant quelque temps k grands pas dans le salon, silencieuse et sans paraître apercevoir quelqu’un, ce n’est pas l’argent perdu qui la vexait, elle combinait les chances et ne comprenait pas comment elle avait pu perdre.

Quant k moi, je le comprenais très-bien.

Mais quand nous prîmes congé d’elle, elle était redevenue l’aimable et gracieuse femme qu’elle est toujours.

Je vous ai décrit cette soirée pour vous peindre ce qu’est devenue la société parisienne sous l’empire.

Autrefois on s’assemblait le soir dans un petit salon confortable, on causait arts, lit-

térature, politique, on prenait du thé, des glaces, tout au plus un punch.

Qui oserait causer maintenant politique?

Il serait sûr d’être mis à l’index.

La princesse l’a compris et a banni la politique de ses salons, les autres l’ont aussi bannie par crainte ou par dévouement, on ne cause ni arts ni littérature pour ne pas froisser les artistes et les hommes de lettres incompris qui pullulent partout.

Car c'est l’ambition de chacun d’écrire quelque chose ou de créer un objet d’art.

Les dilettantes ont tué l’art et la littérature.

Les salons de la princesse et d’autres Mécènes ainsi que l’avidité des directeurs de théâtre ont ruiné l’art dramatique.

Comme personne ne produit d’œuvres saillantes, on ne peut plus en causer.

De quoi cause-t-on dans les salons?

Ma foi, on n’y cause plus, la langue verte a banni les causeries.

Dans les salons, on imite la vie du demimonde.

On boit, on fume et on joue.

Voilà le point auquel la société parisienne, autrefois le modèle de celles du monde entier, en est venue maintenant.

Un dernier mot sur la princesse.

On nous demandera peut-être pourquoi nous avons entrepris de peindre le portrait en pied de la princesse, qui n’a jamais joué de rôle politique et dont l’existence est indifférente à beaucoup de personnes.

Nous vous le dirons si vous le voulez.

Ayant entrepris d’écrire une galerie de portraits contemporains, nous l'avons inaugurée par les portraits du prince Napoléon et de sa sœur.

Nos voyages et nos relations nous ont fait connaître beaucoup de personnes, et, en observateur impartial, nous avons jeté les regards sous le rideau qui cache la statue et avons appris à distinguer le masque du visage.

Nous avons peint la princesse Mathilde, parce que son influence pernicieuse sur la

société parisienne ne peut pas être niée.

Ce n est pas quelle marche h la tête de cette société.

Non, elle n’en est que l’écho, ou plutôt la silhouette.

L’influence du régime actuel sur la société parisienne n’est que trop évidente, comme jadis à Rome, panem et circenses poulies Parisiens aux dépens de la province.

Comme jadis h Rome, on épuise et ruine la province au profit de la capitale.

Nous avons esquissé un portrait de la princesse pour vous donner une esquisse d’une grande dame de nos temps.

Les grandes dames de nos temps envient et imitent les femmes entretenues et le demimonde.

Rome en avait aussi, mais il y avait aussi des Poppées et des Messalines.

Heureusement celles-ci sont impossibles de nos temps.

La presse, toute bâillonnée quelle est, ne le permettrait pas.

Les Néron s aussi ne sont plus possibles.

car du temps de Rome l’Europe n’existait pas encore.

Mais les Césars sont possibles.

C’est sous les Césars que les histrions et les mérétrices levèrent leurs fronts impudiques et jetèrent un gant de défi à la morale publique.

Panem et circenses, criaient les Romains.

On leur donna du pain et le cirque.

On donne du pain aux prolétaires de Paris, on croit leur en donner en démolissant Paris pour en faire une ville nouvelle.

On a cru leur donner les circenses en proclamant la liberté des théâtres.

C’est la seule liberté inventée par le régime impérial.

Mais cette liberté mal comprise n’a conduit qu’à la démoralisation et à l’anarchie de la scène et a fait que nous avons eu le triste spectacle de voir le premier théâtre de France, le gardien des bonnes traditions, dégradé par :

Henriette Maréchal !

Avec le Césarisme est arrivé le règne des

femmes galantes, des femmes entretenues et des mérétrices, ai-je dit.

Le Césarisme moderne n’a-t-il pas fait la même chose?

Ne lui devons -nous pas ce quartier moderne et coquet habité presque exclusivement par des mérétrices?

Comme à Rome, elles ne cherchent plus à se dérober aux yeux du public, mais leblouissent et l'offensent par leur luxe insolent et éphémère.

Comme h Rome, la vie de famille a presque disparu dans cette classe de la société qu'on nomme le grand inonde.

Presqu’en quittant l’autel où leur union a été bénite, le mari et la femme se séparent; lui pour passer sa vie au club, ou aller se reposer chez la femme qu'il entretient, elle pour s’entourer d’un essaim d’amants.

Les époux ne se rencontrent qu’à table et les soirées quand madame reçoit.

Le boudoir de madame est ouvert pour ses amants, mais elle a la migraine quand son mari vient l’y trouver.

Le mari qui s’ennuie chez sa femme, va se désennuyer chez sa mérétrice.

La mère ne connaît presque pas ses enfants.

Dès sa naissance, l’enfant est banni de la présence de ses parents, il est mis en nourrice, puis il passe sous la garde de gouvernantes et de gouverneurs et la mère croit faire un grand acte d’amour maternel en permettant à l’enfant de venir le matin lui baiser la main et de lui dire le bonjour.

Les pensionnats, les collèges sont aussi un excellent prétexte pour se débarrasser de ses enfants. -

On cherche à trouver une place au fils, un mari à la fille, dès qu’ils sont en âge.

Rome du moins avait des matrones qui vouaient toute leur vie, tous leurs soins à leurs enfants, qui se dévouaient pour leurs maris.

Mais la Parisienne n’a pas le temps de s'occuper ni de ses enfants, ni de son mari ; il faut quelle s’amuse.

Amusons-nous aujourd'hui et après nous le déluge !

C’est un triste portrait de la société parisienne que j’ai fait dans cet opuscule.

■ N’est-ce pas?

Il est vrai que le portrait n’est pas flatté, mais il est une photographie fidèle.

Mais d’où vient cette gangrène qui ronge les parties vitales de la société française?

C’est l’exemple venant d’en haut.

La cour imite les princes et la ville imite la cour.

Les salons de la princesse sont d’une influence pernicieuse sur la société.

Le ton qui y règne a fait irruption partout.

La grande invention de nos temps :

La langue verte, le jargon inventé par des étudiants et des étudiantes en ribotte ou par des rapins dans les ateliers et qui souille les lèvres d’une femme, mais qui, malgré

cola s’est répandu dans les salons du grand monde, ce jargon composé de mots incompréhensibles et souvent propres à faire rougir une bourgeoise parisienne ou une provinciale, fleurit dans les salons de la princesse et y a gagné les droits de civisme.

C’est de lit quelle a été importée, comme on importe la peste des lieux infectés.

J'ai dit que les dames du grand monde cherchent h imiter les mœurs des lorettes.

La première place parmi ces dames occupe, sans contredit, la princesse Mathilde.

Yoyez-la quand ses chevaux brûlent le macadam des boulevards et qu’elle est couchée dans sa voiture lorgnant les passants, et saluant ses connaissances d’un petit signe de tète, voyez-la dans sa loge, décolletée de manière qu’on la croirait à peine vêtue, couverte de diamants, entourée de sa cour habituelle, riant à gorge déployée et applaudissant les mots à double sens, les ordures dont les pièces modernes abondent.

Ne diriez-vous que c'est Une de ces fem-

mes entretenues, un peu surannée, mais toujours belle encore?

Vous pensez peut-être que le demi-monde imite le grand monde.

Autrefois il cherchait de le faire, mais la carte est maintenant retournée, le grand monde imite le demi-monde.

Et je répète quelle en donne l’exemple.

Car elle est au courant des mœurs de ce monde-là, ses habitués l’v ont initiée.

Quelle société peut exister quand les enfants ne connaissent pas leurs parents, les parents pas leurs enfants?

Mais des voix s’élèvent.

Le peuple, si longtemps bâillonné, commence à protester contre l’immoralité dans laquelle certaines classes voudraient le plonger, pour le tenir toujours en laisse.

La jeunesse des écoles s’est mise à la tête du mouvement.

Pour la dompter, on parle de décentraliser l’université.

Mieux vaudrait décentraliser la France, afin qu’elle ne dépende plus de Paris.

Si le gouvernement de Rome n’eût pas été centralisé, l’empire ne serait pas succombé à une horde de barbares.

On ne comprendra cette grande vérité que lorsqu’il sera trop tard.

Nous ne pouvons pas assez crier au gouvernement :

Décentralisez la France, si vous voulez être fort ; rendez à la France la liberté que vous lui avez ravie, si vous voulez fonder une dynastie !

Est-ce dans vos salons, Madame, que Mr.

de Girardin a été inspiré de ses deux derniers articles de la Presse?

Est-ce dans vos salons qu’il a entendu la maxime que c’est une chimère de penser à la liberté sans révolution.

Non, nous ne le pensons pas.

La liberté est possible sans révolution.

La France a eu assez de révolutions, elle n’en veut plus, car elle les craint.

Et une nouvelle révolution ne pourrait être qu’une révolution rouge, une révolution socialiste.

Et une pareille révolution serait la ruine de la France, de l’Europe entière.

Mais il paraît à des partis aveugles que tout est dit pour Paris et pour la France, quand on lui octroie la liberté des théâtres et quand on démolit des quartiers pour donner du travail aux maçons et aux charpentiers, qui pour la plupart ne sont pas des Français, pas des Parisiens.

Ces partis croient-ils peut-être que les quatorze années de Césarisme ont tué dans le cœur des Français tout sentiment de liberté.

Nous ne désirons pas la chute de l’empereur.

Au contraire, nous voudrions qu’il régnât longtemps encore, afin que sa main ferme

tienne le frein (les passions qui déborderaient en France et dans toute l’Europe, si le trône de l’empereur croulait.

Mais l’empereur est mal conseillé, s’il veut toucher au suffrage universel.

Princesse, s’il écoute encore votre voix, dites-lui que toucher au suffrage universel, c’est toucher à son propre principe vital.

Dites-lui que la presse est la voix de toute la France.

Que la bâillonner serait bâillonner la France entière.

L’empire doit au suffrage universel et à la presse sa raison d’être, son existence.

Oui, l’empereur doit son trône au suffrage universel.

Le suffrage universel le donnera aussi à son fils.

Or donc, toucher au suffrage universel serait l’œuvre d’un suicide.

Dites, princesse, à votre cousin, quand ceux qui l’entourent sont aveuglés par le luxe dans lequel ils sont plongés et n’osent lui parler, dites-lui, et c’est votre propre intérêt de ne pas lui cacher la vérité, dites-lui que le seul moyen d’éviter des révolutions pernicieuses pour les deux côtés est :

De rendre à la France la liberté.

De la décentraliser.

La décentralisation seule peut sauver la France d’une révolution, car tôt ou tard la province voudra et devra s’affranchir du joug de la capitale.

L’armée dont vous disposez vous sera d’un faible secours, car elle est composée de Français et non pas de Parisiens.

Les cris de : Vive la république, que les zouaves ont fait retentir à la Martinique sont d’un sinistre augure pour vous.

Quant à nous, nous ne voulons pas de république.

Car, comme nous l’avons dit ailleurs, les

Français ne sont pas républicains, ils ne savent pas l’être.

Nous sommes- pour un gouvernement fort et puissant à l’extérieur, puissant aussi à l’intérieur, qu’il porte un nom quelconque.

Ditesdonc, princesse, k votre cousin, c’est votre intérêt à vous et à toute votre famille de le lui dire, que la France l’aime et se rangera toujours autour de lui, mais quelle est lasse de porter le joug de Paris et de se ruiner pour parer la capitale qui se ruine en s’embellissant.

Dites-lui de ne jamais toucher au suffrage universel, auquel il doit sa puissance.

Dites-lui de décentraliser la France et de rendre à la province son autonomie.

Alors son gouvernement sera fort et puissant, sa dynastie consolidée, et à vous la France pardonnera

Vos écarts.

Elle dira : Pardonnons à la princesse beaucoup, car elle a beaucoup aimé.

lien j. Anderson and brotkcrs, prinlers, Coruhill, London. ,

Sous presse :

Le Prince Napoléon

par

J. Abbot.

Troisième édition.

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Un fils île lïmpercuî Nicolas

par

le prince Alexéï de G.

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Beuj. AndiTuon and brotiii.g, printers,

Conihill, Loudon.

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