PAR
ETIENNE ENAULT et LOUIS JUDICIS.
Le titre de ce roman révèle tout de suite une pensée de drame émouvant. Il y a là comme un frisson de terreur. Et c'est en effet une histoire poignante qui se déroule à travers les pages marquées de cette empreinte fatale. Il s'agit, ici, d'une existence mystérieuse , exceptionnelle, qui, après s'être déchirée aux plus violentes aspérités de la vie sociale, se roidit avec une énergie indomptable et rend sans pitié le mal pour le mal, tout en inspirant un profond intérêt. Tel est Horace Baltimore, la figure dominante de ce saisissant tableau. Autour de lui, intimement mêlés à l'action, se dessinent des types pleins de force, de grâce ou d'originalité. C'est Mathilde, sa femme, une pauvre fille qui aime les fleurs comme Ophélie. C'est Thérèse, sa fille, un ange de beauté et de dévouement. C'est le comte de Villefleur, un grand seigneur élégant et criminel. Puis viennent Léo de Villefleur, jeune officier plein de droiture, de courage, d'abnégation; Lucienne de Grandpré, âme ardente, orgueilleuse, vindicative ; Ismaël Gantz, usurier juif, qui par hasard n'a pas mis tout son cœur dans son cofl're-fort, etc., etc. Ces divers personnages donnent lieu k des scènes toujours animées et souvent d'un intérêt palpitant. Ces scènes se développent tantôt au milieu du panorama grandiose des Pyrénées, tantôt au sein de cet inextricable labyrinthe qu'on nomme Paris. La littérature contemporaine n'a rien, à notre avis, de plus saisissant que l'arrestation de Baltimore dans le Cirque de Gavarnie et l'interrogatoire que subit le comte de Villefleur au tribunal secret de l'avenue de Lord Byron, aux Champs-Elysées. L'Hommk pe Mtnutt nous semble destiné à un immense succès.