‹ La principauté de Valachie sous le hospodar BibeskoChapitre 4 sur 9 · ADMINISTRATION DU COMTE KISSELEFF · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DU COMTE KISSELEFF

infestaient; une parfaite sécurité dans les communia cations encourage le commerce, et les voies postales, qui étaient à peine tracées sur le sol , sont élargies et améliorées. Deux villes nouvelles sont créées sur les rives du Danube, Braïla, et Georgeowo; elles sont dotées de ces premières franchises de commune et de bourgeoisie qui attirent les populations et les prédisposent à s'y fixer et à s'y concentrer. L'uniformité de l'impôt et l'abolition des corvées rappellent le cultivateur au travail : il reprend la charrue et rebâtit sa chaumière ; ses redevances au seigneur sont fixées , et sa liberté proclamée. Une troupe disciplinée à l'européenne garantit le maintien de Tordre; des écoles, des hôpitaux sont institués ; des règlements de voierie , le déséchement des marais et le pavage des rues , assainissent les villes dont les populations maladives étaient régulièrement atteintes du fléau des fièvres pernicieuses. Les employés valaques sont tenus en lisières, et partout ils sont guidés par des employés russes spéciaux : secrétariat d'État, finances, intérieur, justice , cultes et instruction publique , toute l'administration enfin passe au creuset de la chancellerie particulière du comte Kisseleff , où des employés russes contrôlent sous ses yeux et redressent les actes des employés titulaires valaques. En 1831, tout marche déjà d'après la nouvelle législation. Il serait impossible, à moins d'écrire un livre spécial ,

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de faire comprendre ractivité élevée jusqu^au génie qui créa en moins de cinq ans une société florissante et prospère dans un pays appauvri jusqu^aux haillons, courbé sous Parbitraire jusqu'à Tabrutissement, et au milieu duquel toute idée de morale avait péri dans une longue suite d'inénarrables misères. On s'imagine d'ordinaire que rien ne se fait avec sagesse que ce qui se fait avec lenteur et pour ainsi dire à force de temps ; le comte Kisseleff a donné un bel exemple des droits exceptionnels du génie. Une constitution écrite sur une feuille de papier est bientôt faite ; mais elle ne tient lieu aux peuples , ni de mœurs , ni de religion * ni même de gouvernement. Qu'est-ce que les mille constitutions de l'Amérique du Sud ont créé ou maintenu ? Chaque peuple a sa vie particulière; c'est celle-là , qu'il faut s'attacher à saisir pour la régler. On ne peut détruire cette vie, pour lui en faire une autre, sans le tuer. La chose parait toute simple , et cependant au milieu des plus grandes nations le problème n'est pas encore résolu , au moins d'une manière satisfaisante. Le comte Kisseleff, sur un théâtre peu brillant, fit cependant beaucoup pour l'humanité et même pour la science. Il n'écrivit point des lois d'après des théories, et ce n'est point en cela qu'il marcha vite ; mais il en écrivit de possibles à mettre en œuvre dans les Principautés, les fit goûter de ses administrés, et les appUqua avec une sagesse et un tact

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infinis. Cette mémorable administration, qui brille un moment dans les annales obscures de ces pays, livrés depuis des siècles aux abus de la force, cessa en avril 1834. Elle avait duré quatre ans et six mois. Le comte Kisseleff emportait avec lui , pour récompense de la pureté exemplaire de sa gestion, les bénédictions du peuple moldo-valaque, chezlequel il fitadorer lenom de l'empereur Nicolas à l'égal de celui de la divinité.

A cette époque, le revenu de la Valachie était

de 14,722,709 P".

Lès dépenses, de 13,605,045.

La caisse centrale * 700,000*.

La caisse de réserve 1,924,872.

L'impôt personnel rentrait avec facilité et ne motivait aucune plainte; les services public avaient considérablement augmenté de valeur; l'exportation atteignait le chiffre de 46 millions de piastres; les redevances du paysan au seigneur ne donnaient lieu à aucune contestation, et les dispositions réglementaires, qui régissaientces redevances, étaient appliquées

' La caisse centrale reçoit Vexcédent du revenu des couvents qui relèvent du pays.

* Ce revenu équivalait aux dépenses de cette caisse ; c'est depuis sous Tadministration Ghyka qu'avec Taugmentation progressive de la valeur des terres , cette caisse a pu faire des épargnes considérables , et alléger en même temps la Vestiarie d'une somme de 710,000 fr. par an.

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