ADMINISTRATION DO COMTE KISSBLEFF
avec impartialité, de sorte que le fermier ne trouvait point moyen de fouler le cultivateur par des exigences illégales ^ Les caisses communales et les magasins de réserve étaient soigneusement surveillés; les routes étaient sûres ; les quarantaines remplissaient leur but; les mesures d'hygiène publique étaient rigoureusement exécutées; les prisons étaient assainies, les hôpitaux agrandis et merveilleusement tenus; et des maisons de refuge, ouvertes aux pauvres et aux aliénés, avaient fait disparaître la mendicité. Les tribunaux enfin étaient en notable progrès. Les villes s'embellissaient et se purifiaient; les habitudes et les mœurs commençaient à incliner vers une civilisation plus avancée; les liens de famille se resserraient; le clergé était satisfait de la part qui lui avait été faitedans les réformes , et il était décidé à en appuyer le développement; les boyards étaient fiers de leurs sacrifices et trouvaient une ample compensation dans Tordre public qui en était le résultat, et dans l'augmentation considérable des revenus de leurs terres, qui avaient sextuplé de valeur. Aussi la noblesse était-elle toute
* On verra dans le chap. 3« qui traite de radministration sous le hospodarat d'Alexandre Ghyka , que cette question des redevances du paysan au seigneur devint le principal motif des abus, à cause de ]'enl6temcnt mal entendu des propriétaires des terres, qui s'appuyaient du vague de la loi pour permettre à leurs fermiers de fouler leurs paysans.
ADMINISTRATION DU COMTfi KISSBLEFF. 35
portée à remplir à la lettre le devoir sacré que lui imposait la loi fondamendale de garder intact le Règlement Organique, et d'en surveiller Papplication» Le peuple aussi sortait de sa longue léthargie, et sur la foi de la parole impériale, il couvrait de cultures ce même sol quMl avait si longtemps et sans fruit arrosé de son sang et de sueurs. L'ensemble avec lequel avait marché l'administration, la concordance de vœux et d'intérêts qui unissait toutes les classes des habitants dans une commune affection aux institutions nouvelles, présentaient le plus admirable spectacle politique. Telle était la situation des Principautés au. moment du départ du comte Kisseleff: il ne s'agissait plus que de marcher sur les mêmes traces pour assurer cette prospérité inouïe.