‹ La principauté de Valachie sous le hospodar BibeskoChapitre 9 sur 9 · H08P0DABAT BIBE8K · texte numérisé non relu

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avec une sollicitude continue sur les intérêts du paysan, et qui, en établissant une sévère économie dans les finances , avait toujours à sa disposition une réserve considérable pour subvenir à des secours de ce genre, sacrifices mom^itanés , que les gouvernements les plus médiocres savent s'imposer pour préserver et garantir Tavenir des populations. La misère progressive du paysan sous Tadministration actuelle, est un fait incontestable. Soit que le système des corvées, par lui-même si onéreux, reçoive encore au moment de sonexécutionunsurcroîtdechargequilerend plusaccablant; soit queles injustices qui se commettent pour la levée des recrues aigrissent le paysan ; soit que la dureté des employés, se modelant sur Texemple du maître, ait augmenté; soit enfin que les exigences des fermiers ne trouvent plus d'obstacles , et que le paysan ait perdu toute illusion sur Tefiicacité d'un recours à l'autorité supérieure , il est constant , à quelque cause qu'on doive l'attribuer, que le découragement du cultivateur touche à ce désespoir sombre dans les incertitudes duquel ont germé plus d'une fois les insurrections populaires. Que Dieu préserve la Valachie d'une Jacquerie! Mais l'exemple de la Gallicie devait donner cependant à réfléchir au Hospodar Bibesko, qu'il ne sufiit point de séduire par des flatteries le Consulat russe, pour préserver ses deux oreilles d'une bourrasque qui emporterait en un clin d'œil.

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comme le plus petit atome , tout le système de mensonges et d'hypocrisies par lequel il s'est élevé et maintenu au pouvoir , et qui révélerait, mais trop tard, au ministère Impérial, les malheurs de la Valachie et les véritables causes de sa situation.

Ainsi, depuis le départ du comte Risseleff et en treize ans, l'Assemblée valaque est deux fois suspendue; un Hospodar, nommé à vie, est destitué; la loi des élections est bouleversée; les intérêts et l'existence de tout un peuple sont presqu'anéantis, et pourquoi? Pour asseoir sur le trône un homme qui n'y avait d'autre titre qu'une ambition cupide et des promesses dont nous avons vu le résultat, et pour lui conserver un pouvoir discrétionnaire, dont il use en détruisant tout ce que, depuis un siècle, la Puissance Protectrice avait réussi à établir. Nous croyons fermement que la vérité n'est point connue du ministère Impérial ni de l'Empereur Nicolas. Oui, nous le croyons. Si nous avions un seul moment l'indigne soupçon que ce généreux monarque ait pu abandonner la Valachie, en connaissant ses malheurs, nous nous serions abstenu de publier cet écrit qui n'a d'autre but que de réveiller sa commisération pour un peuple malheureux. Mais dans la ferme persuasion du contraire , dans l'intime conviction où nous sommes que l'Empereur et son cabinet ignorent complètement l'état des choses, nous avons tenté de suppléer , au moyen de cette publication ,à

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rimpossibilité où les boyards valaques se trouvent, par la destruction de la loi électorale, d'adresser légalement leurs doléances aux deux hautes Cours.

Puisse cet essai être assez heureux pour attirer les regards de Tauguste et généreux Protecteur de la Valachie, et lui faire connaître enfin la vérité tout entière!

Les boyards valaques, frustrés par la violation de leurs droits de tout moyen légal de faire parvenir leurs humbles plaintes jusqu'au pied de son trône, nous ont prié, nous qui connaissons à fond le malheureux état de leur pays, de les aider de notre concours par la voie de la presse. Et nous savons d'ailleurs qu'Us sont à même de fournir, en cas d'enquête, d'irrécusables preuves à l'appui de ce que nous avons avancé. Nous n'avons donc pas cru devoir leur refuser notre coopération, quelque faible qu'elle fût, sans toutefois abdiquer rien de notre impartialité. Nous av*ons été fidèle historien, sincère en tout, tant dans le tableau que nous avons tracé de l'administration déplorable du Hospodar Bibesko et des époques qui l'ont précédée, depuis l'origine du protectorat, que dans l'expression de notre respect pour l'Empereur , et de nos sentiments à l'égard de la pensée civilisatrice qui anime le gouvernement russe dans sa politique en Orient.

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