STATUE DE JEANNE D’ARC
ÉLEVÉE SUR LA PLACE DE L’HO,TEL-DE-VILLE DE COMPÏÈGNE LE 10 OCTOBRE l88o.
COMPÏÈGNE AU COMMENCEMENT DU XV« SIÈCLE. l3
la taxe qui avait été levée, sous forme d'emprunt, pour la réparation du pont et les fortifications de la ville. Le pont de pierre était notamment, au mois d’août 1408, l'objet de travaux qu’on poussait avec une activité telle que les ouvriers passaient la nuit, éclairés par des chandelles, des torches de cire et des tourteaux qu'on mettait dans les falots 1 .
A la même époque, Chariot, valet de chambre du roi et deux écuyers du duc de Bourgogne, s'arrêtèrent à Compiègne en revenant d'Angleterre. Aussitôt le vin d'honneur leur fut offert: il fallait être bien avec tout le monde.
On avait d'autant mieux raison d'agir ainsi, que quelques mois plus tard (octobre 1408), le grenier à sel qui avait été installé à Compiègne, ayant été sup-
1 Archives de Compiègne : CC. 8.
L’ancien pont, qu’on trouve quelquefois dénommé Pont de la Pucelle , était construit dans l’axe de la rue Jeanne d'Arc qu’il mettait en communication avec Tautre rive de l’Oise. Il prenait naissance à la Porte Notre-Dame qui se trouvait un peu après Y Hôtel-Dieu en se dirigeant vers la rivière. Le pont couvrait donc la Halle-au-Poisson actuelle : il était divisé en deux parties, l’une qui formait les deux tiers de sa longueur était en pierre; le reste était en fortes planches. Cette seconde partie s’étendait depuis Y avant-porte jusqu’au boulevard et s’appelait le pont de bois; la première était désignée sous le nom de pont de pierre . Ce pont qui avait été construit au milieu du xm e siècle fut démoli vers 1734 et remplacé par le pont actuel. La rue Jeanne d’Arc portait primitivement les noms de rue du Pont et rue du Vieux-Pont . Celui de Jeanne d'Arc lui a été conféré par délibération du Conseil municipal du 10 mars 1 858 . Depuis cette époque, une statue de Jeanne d’Arc a été érigée sur la place de l’Hôtel-de-Ville de Compiègne, le 10 octobre 1880 en présence de M. Sadi Carnot, qui était alors ministre des travaux publics.
primé * , une députation composée d'un des attournés de la ville et d’un avocat conseiller, se rendit à Paris auprès du roi et du duc de Bourgogne pour leur demander de vouloir bien rétablir ce grenier ; mais ils trouvèrent que le roi « n'estoit pas bien disposez pour icelle impétrance faire ». Ils revinrent à Compiègne rendre compte de leur mission, et furent renvoyés de nouveau vers Charles VI. Cette fois le duc de Bourgogne présenta lui-même la requête au roi qui accorda à la ville ce qu'elle demandait * . En revanche, ce même roi expédiait à Compiègne, Nicaise Bongis, son notaire, pour faire connaître le taux de l’emprunt imposé à chaque localité. Compiègne y figurait pour 2,000 livres tournois 3 .
I Ce grenier à sel existait originairement à Noyon. En 1396 le Roi en avait ordonné la translation à Compiègne, pour faciliter à cette ville l’acquit de certaines charges.
II était installé d’abord rue Vivenel auprès du petit quartier d’infanterie et ensuite rue des Lombards dans le bâtiment ou se trouve actuellement la halle à la viande. On trouve dans les registres de la ville en 1408 l’article suivant: « Recette sur le sel vendu au grenier de Compiègne, sel blanc et gros amené de Rouen par eau 3,471 liv. 1 1 sols, 3 den. Et à un autre endroit :
« 1407. Voyage d’Herbert l’Escripvain, un des gouverneurs de la ville, à Amiens, Abbeville, Rue, Waben, Verton, au Crotoy, au Tréport, Dieppe et Rouen pour acheter du sel. » ( Archiv . de Compiègne , CC. 6.)
Comme on le voit, c’était un véritable commerce, et les bénéfices de la ville consistaient dans la revente du sel à un prix plus élevé que celui de l’achat.
Par lettres patentes du 21 avril 1414, Charles VI rendit aux habitants de Noyon la faculté d’approvisionner leur grenier à sel. [Ephémerides du Noyonnais , par E. Coët.)
2 Archiv . de Compiègne . CC. 8.
3 La livre tournois (ou de Tours), à cette époque valait un quart en moins que la livre parisis (ou de Paris); or comme