‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 113 sur 172 · A Simon Rose, pour despense faicte en son ostel la · texte numérisé non relu

A Simon Rose, pour despense faicte en son ostel la

première sepmaine d’octobre mil 1 1 n c et xxx pour deux compaignons de Senlis qui ont amené et conduit xx pourceaulx dudit Senlis pour ravitaillement des gens d’armes estans à Compiengne pour la garde d’icelle ville ix s. vi 1 1 d. p.

« A Régnault Filleul sur ung voyage faict en la 1 1 1* sepmaine d’octobre mil ini°xxx par son varlet et ses u i chevaulx à Senlis à remettre cxi sacs au dit Senlis là où le blé envoyé du dit Senlis avoit été amené pour les remplir de rechef audit Senlis ou à Crespy pour ravitaillement du dit Compiengne xxxi i s. p.

(Archiv. de Compïègne, CC. 1 3 , f° 263.)

PRÊT D’ARGENT FAIT PAR LA VILLE DE BEAUVAIS. 2b 5

tobre) Raoul Lecomte partit à cheval pour Beauvais et apporta aux habitants de cette ville des lettres par lesquelles les attournés sollicitaient un aide quelconque pour le ravitaillement de Compiègne ; cette démarche réussit, car le messager revint avec une somme de cent livres tournois que la ville de Beauvais consentait à remettre, mais seulement à titre de prêt 4 .

Enfin le moment approchait où le siège allait prendre fin. Voici en effet ce qui se passa :

Vivement ému du malheureux sort des habitants de Compiègne, que d’ailleurs il avait mission de protéger, en sa qualité de lieutenant-général de tout le pays se trouvant en deçà de la Seine, Louis de Bourbon, comte de Vendôme réunit le maréchal de Boussac seigneur de Sainte-Sevère et les principaux capitaines qui l’entouraient, et tous résolurent de marcher au secours des assiégés. On rassembla alors environ deux mille hommes 2 à la tête desquels, indépendamment du comte de Vendôme et du maréchal de Boussac, se placèrent Jacques de Chabannes, Poton de Xaintrailles, le seigneur de Longueval, Rigault de Fontaines, Louis de

1. Cette somme, réduite par transaction à lx livres tournois ou xlviii l. p. ne fut remboursée qu’en 1445 ( Archiv . de Compiègne , CC. 17, f° 32 .)

2 . Les chroniqueurs parlent de 4000 hommes, mais ce chiffre est certainement exagéré. Dans l’acte du 20 décembre 1430 qu’on trouvera aux pièces justificatives, le comte de Vendôme déclare qu’on n’était pas plus de dou\e vingts fûts de lance, ce qui fait 240 lances; or comme chaque lance se composait d’au moins six hommes, il faut en conclure qu’il y avait environ quinze cents hommes sans compter les gens à la suite.

256 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

Waucourt, Alain Giron et « plusieurs vaillans nobles hommes 1 2 ».

Avant de partir, le comte de Vendôme, sentant combien était périlleuse l’entreprise qu’il avait si généreusement résolue, se rendit avec le maréchal de Boussac dans la cathédrale de Senlis et là, s’agenouillant pieusement sur les marches d’une des chapelles, il fit vœu de fonder a un service solennel annuel et perpétuel dont la messe devrait être célébrée devant l'image de Notre- e Dame-de-la-Pierre i , s’il parvenait à obtenir la levée du siège de Compïègne et si, lui et les siens « pouvoient retourner sauvement et à leur honneur en la ville de Senlis. »

Le mardi 24 octobre 1430, il se mit en marche avec toute sa troupe et se dirigea sur Verberie ; là il trouva les chemins coupés ou obstrués par quantité d’arbres que les Anglo-Bourguignons avaient fait abattre dans la forêt, et dont ils avaient jonché la voie pour arrêter la marche de tous ceux qui chercheraient à s’avancer du côté de Compiègne. Mais les ennemis avaient compté sans le dévouement des habitants de Verberie qui se souvenaient de l’expédition du comte de Huntington. En effet, à peine ces braves gens eurent-ils aperçu l’armée du comte de Vendôme, que s’emparant de toute espèce d’instrument, tels que « cuignières (cuignettes petites cognées ), soiores (scies), louches (bêches),

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