MESURES POUR LA DÉFENSE DE LA VILLE
furent inspectées avec le plus grand soin par les connétables, et, au mois de mai 1412, on dépêcha plusieurs soldats pour ramener le char des arbalétriers, les armures et l’artillerie que, sur l'ordre du comte de Saint-Pol, on avait prêtés, « pour aider à mettre en l'obéissance du Roy, le Chastel de Coucy »; puis quand arrivèrent le 5 mai 1412 les lettres du roi par lesquelles il commandait à tous nobles de venir en armes pour la garde du pays, les attournés (Jehan de Camely, Simon Pouillet et Jehan Le Féron), firent prendre une délibération portant que « la ville de Compïègne servira le roy bien et loyalement 1 . » En même temps, on vota un emprunt sur chaque habitant pour les gens d’armes de la garnison, et comme les gens d’église continuaient à refuser d’aller aux portes pour garder la ville, on donna l’ordre de saisir leur temporel 2 .
Ces mesures étaient rendues d’autant plus nécessaires que, de tous côtés, il circulait des bruits sinistres. Déjà, on avait annoncé que les ennemis étaient à Clermont (Oise), et, à chaque instant, on s’attendait à les voir arriver à Compïègne. Mais, si la ville protestait de ses sentiments de fidélité envers le roi, cela n’allait pas jusqu’à faire l’abandon de ses droits, ainsi qu’on l’a déjà vu. En effet, à une certaine époque, Charles VI ayant choisi le vicomte de Breteuil comme capitaine de la ville 3 et ce dernier ayant pris pour son lieutenant Henry Auchier, les habitants de
1 Archiv. de Compïègne , BB. 1.
2 Archiv. de Compiègne, BB. 1.
3 « Le jeudy xxv® jour du mois de janvier mil im c et onze
la ville réunis le 26 janvier 1414, se prévalurent du privilège qu'ils avaient de faire de pareilles nominations et refusèrent l'entrée de la ville au susdit vicomte qui n'insista pas. Plus tard, ils le nommèrent eux- mêmes et le roi approuva cette élection en 1416..
Cependant le duc de Bourgogne, qui était retourné en Flandre, supportait avec peine l'influence du duc d’Orléans et des siens sur l’esprit du roi. Il n'attendait qu’une occasion de marcher vers Paris et de s’emparer à son tour de la direction des affaires. Cette occasion ne tarda pas à se présenter. En effet, le duc d’Aquitaine son gendre, qui habitait avec toute sa suite, le château du Louvre, fît croire qu'il y était retenu comme prisonnier par la reine Isabeau.
furent assemblez en la maison de la Ville la plus saine partie de tous les habitans en ycelle.
« Et ce y comparu le vicomte de Bretheuil, lequel vicomte présenta une lectres du Roy Nostre Sire aux diz habitans par lesquelles le Roy Nostre Sire, l’ordonnait cappitaine du dit Compiengne et requeroit Henry Auchier escuier lieutenant pour estre institué au dit office.
. « Sur quoy Henry Martin procureur de la dite ville s’oppose en disant que ladite ville en avoit Chartres et privillèges de non avoir cappitaine et qu’ils estoient assez pour garder la ville et en requierant de estre reçu à opposition et aussi les diz habitans dirent et redirent que de cappitaine ne vouloient-ils point et qu’ils estoient assez et avoient la bonne voulonté de garder la dicte ville.
« Après laquelle response le dit vicomte dist que puisqu’il ne leur plaisoit, il ne vouloit pas estre leur cappitaine et que jamais contre leur voulonté il ne se voulait commestre. » (. Archiv . de Compïègne , BB. 1. f° 199).
Jean seigneur de Fayel, du Meuxet d’Armancourt, Comte de Dammartin, Vicomte de Breteuil était chevalier et Chambellan du Roy ; il mourut le i3 février 1420.