Vie de Jeanne d’Arc, p
284 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
On sait le reste. Evidemment l’humiliation que Jean de Luxembourg avait ressentie au moment de la levée du siège de Gompiègne, a dû peser sur sa détermination. N’ayant pu vaincre les Compiégnois, il voulut, à tout le moins, se venger sur celle qui leur avait montré l’exemple d’un patriotisme aussi pur que désintéressé. Et voilà comment la délivrance de Compïègne fut peut-être la véritable cause de la mort de de la pauvre martyre.
Plus heureux quelle, et ne portant d’ailleurs aucun ombrage à ses ennemis, son frère, Pierre d’Arc, connu ensuite sous le nom de Pierre du Lys, demeura le 23 mai 1430 prisonnier du bâtard de Vergy, qui ne le relâcha que plus tard, moyennant une très forte rançon, dont le montant fut avancé par un chevalier du nom de Philibert de Brecy qui obtint à cet égard, la caution des habitants de Serqueux, près Bourbonne-les Bains 1 . Pierre d’Arc ne put acquitter cette dette qu'en vendant « les héritages de sa femme. »
En 1443, le duc d’Orléans lui concéda la jouissance « d’une isle appelée Y Isle-aux-Bceufs, size en la rivière de Loire, près la Salle, au droit de Chécy.... en faveur et contemplation de la Pucelle, sa sœur germaine, et des grants et notables services qu’elle et le dit messire Pierre, son frère, ont fait au roy et à luy duc 2 ».
1. Quicherat reproduit dans le Procès de Jeanne J Arc (T. V., p. 209) une pièce inédite très intéressante, datée de 1439, et intitulée : « Tumulte à Serqueux en Champagne, pour le payement d’une dette contractée par Pierre du Lys, prisonnier des Bourguignons. »