Société des Antiquaires de Picardie, p
Au cours de ce procès, où Charles et Hector Flavy poursuivaient au nom du mineur Charles, leur neveu, alors âgé de cinq à six mois, Blanche d’Aurebruche et Pierre de Louvain, l’avocat des demandeurs fit une triste peinture de la veuve de Guillaume : « Blanche, dit-il, durant le temps qu’elle a esté mariée avec Flavy, excepté de sa personne, s’est gouvernée bien petitement, car estoit fort sur sa bouche et mesmement au regard de boire ; et souvent, elle estant à table, quand avoit bien beu, elle retenoit du vin en sa bouche et le gectoit es-visaiges de
ceulx qui estoient présens, et après aloitp comme un homme
contre ung mur, toute debout, sans aucune vergoigne. »
( 1 Chronique de Mathieu d'Escouchy, édition Du Fresne de Beaucourt, T. III, p. 368.)
292 LA PRISE DE JEANNE ü’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
C’était, selon Jacques Du Clerq, le chroniqueur du xv* siècle, « un vaillant homme de guerre, mais le plus tyran et faisant le plus de tyrannie et horribles crimes qu’on polroit faire ; prendre fille malgré touts ceulx qui en voloient parler, les violer, faire morir gens sans pitié et les noyer 1 . »
« Il avoit eu grant gouvernement, ajoute Mathieu d’Escouchy, et acquis moult de chevance et de seigneuries durant les guerres de France, et rengné (régné) contre plusieurs grants seigneurs, ses voisins, et aussi le pauvre peuple, assez longuement et rigoureusement 2 » .
En 1434, raconte à son tour M. E. Cosneau, Guillaume de Flavy, capitaine de Compïègne, commettait de cruelles exactions dans le Soissonnais.. Outre le château de La Fère en Tardenois qui lui appartenait, il en avait pris plusieurs autres comme celui de Vailly et la tour d’Ambleny, d’où il exerçait dans le pay§ un véritable brigandage 3 * ».
Avec une pareille nature, et en raison surtout de ses sentiments pour La Trémoille, dont il était l’agent et l’affidé, il paraît impossible que Guillaume de Flavy