GUILLAUME DE FLAVY ET REGNAULT DE CHARTRES
lier du Saint Sépulcre, qui épousa Marie de Colleville. Il était parent des Seigneurs de Heugues, de Bar, de Saint- Pol, de Luxembourg, de Harcourt, etc., etc.; 5° Raoul, seigneur de Ribécourt, du Saussoye, etc., etc., qui épousa Jeanne de Folleville, fille d’Aubert de Folleville, seigneur de Lassigny.
Pendant les guerres qui ensanglantèrent la première moitié du xv* siècle, Jean, Hector et Raoul de Flavy se prononcèrent en faveur du duc de Bourgogne. Leurs trois frères, au contraire, servirent la cause de Charles VII l .
Guillaume de Flavy avait fait ses études à Paris, et, au sortir de l’école, il possédait le grade de « clerc en habit et tonsure ». C’est alors que l’archevêque de Reims, Régnault de Chartres, chancelier de France « le mit en sa compagnie », et l’emmena avec lui dans ses ambassades à Rome, en Savoie et en Angleterre.
Il y avait d’ailleurs plusieurs liens qui rattachaient déjà Guillaume à ce prélat. La famille de Flavy et celle de Chartres possédaient en commun divers biens et seigneuries dans les environs de Compiègne, et de plus, suivant Vallet de Viriville, Blanche de Nesles, devenue veuve de Raoul de Flavy, avait épousé en secondes noces Hector, père du chancelier. Guillaume
i . « Ils avoient esté six frères dont les trois avoient toujours tenu le parti du Roy et les trois aultres le party du duc de Bourgogne. C’est assavoir Jehan, l’aisné, Hector et Raoul, le party du duc... et ceulx qui tindrent le party du Roy furent le dit Guillaume, messire Charles chevallier, et ung aultre quy mourut au siègede Compiègne.» (Jacques Du Clercq , Mémoires inédits , T. I, ch. xli i.)
ÎÇO LA PUISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏEGNE.
de Flavy pouvait donc être justement considéré comme le pupille de ce dernier.
De Régnault de Chartres à La Trémoille, il n’y avait qu’un pas. Aussi, en 1427, trouve-t-on Guillaume de Flavy remplissant, sous les ordres du duc, une mission secrète auprès du comte de Foix.
L’année suivante, il est capitaine de Beaumont-en- Argonne, et, en 1429, on le voit, comme lieutenant de La Trémoille prendre part à la campagne du Sacre. On sait comment, plus tard, il devint capitaine de Compïègne et ce qui se passa alors. Vers 1436, il demanda la main de Blanche, fille de Robert d’Aurebruche, vicomte d’Acy, qui n’était âgée que de dix ans. Les fiançailles se célébrèrent au mois de juillet de cette même année 1436 *, mais il fut convenu que le mariage n’aurait lieu que trois ans après. Or, au bout de trois mois, s’il faut en croire un écrit du temps, Guillaume, en dépit de cet engagement, aurait consommé le mariage. Toujours est- il que Blanche appa-
1. Extrait de l’inventaire de terres, titres, etc., etc., delà seigneurie de Pinquegny :
« U ne lettres faicte soubz le seel royal de la baillie de Vermandois estably en la prévosté de Compiengne, en dacte du xxvi 1 1® jour de juing l’an mil mi c xxxvii, qui est un vidimus d’une lettres donnée de Guillaume de Lespierre, bailli de Pinquegny, par laquelle appert que monseigneur Robert de Bourcbrouc, viconte d’Acy et madame Agnès de Fransières, sa femme, ont donné à damoiselle Blanche de Sarcbreuc leur fille, en avanchement d’hoirie et succession du mariage d’elle avec monseigneur Guillaume de Flavy, seigneur de Montaubent deux fiefs tenus de Pinquegny, dont l’un s’estent en trois cent livres parisis de rente, et l’autre de lxxi v 1. à prendre sur le pont de Pinquegny. »
[Recueil de documents inédits concernant la Picardie , par Victor de Beauvillé, T. III, p. 279.)
KïARIÀGÉ SINGULIER DÈ GÜILLaUMË DE FLaVY. 29!
raît dans des actes les 16 février et 4 septembre 1439 comme étant la femme de Flavy l .
Ce dernier avait 37 ans passés à l’époque où il demandait en mariage cette fillette de dix ans ; c’était assez montrer qu’il recherchait avant tout, les biens qu’elle pouvait posséder. On sait, du reste, quel fut le sort de cette union disproportionnée, et comment, en 1444, Blanche, de concert avec son amant Pierre de Louvain, vicomte de Bergy, qu’elle épousa ensuite, donna, ou fit donner par un barbier, la mort à Guillaume de Flavy.
Le capitaine était d'ailleurs en assez mauvais état, si l’on s’en rapporte aux débats judiciaires motivés par ce crime, en 1449, où il est dit que, depuis plus de quatre ans, ils se trouvait « impotent des mains tellement qu’il ne pouvait plus mettre ses gants.... et que, à cause de ses labeurs, ilestoit cheu en grant maladie, et avoit perdu ung des piez 2 . »
1 . Blanche d’Aurebruche, vicomtesse d’Acy et ses trois maris par M. G. Du Fresne de Beaucourt (Me'moires de la Société des Antiquaires de Picardie, 11“ sér. T. IX).