JUIN
Mariages à Compiègne de Jean de Touraine , deuxième fils de Charles VI [âgé de huit ans), avec Jacqueline de Bavière, fille du duc Guillaume, comte de Hainaut, et de Charles d’Orléans avec Isabelle, fille de Charles VI, sa cousine germaine.
« Et lors en ces propres jours, vint la royne de France et aucuns de ses enfans en la ville de Compiengne, c’est assavoir, Jehan duc de Touraine, et Ysabel, jadis royne d’Angleterre 1 ; et aussi y vindrent les ducs d’Orléans et de Bourgongne, la duchesse de Holande, femme au duc Guillaume de Haynnau, et sa fille nommée Jacqueline de Bavière; le conte Charles d’Angoulesme, filz premier né du duc d’Orléans, et plusieurs autres grands seigneurs, lesquelz estoient en moult grant appareil et bien accompagnez. Et si y estoit ung légat du Saint-Siège de Romme, avecque lui plusieurs évesques, docteurs et gens d’église. Auquel lieu furent faiz et traictiez ces mariages : premiers, du duc de Touraine, second fils du roy de France et de ladicte Jaqueline de Bavière fille du duc Guillaume, comte de Haynnau. Et aussi de la dicte Ysabel royne d’Angleterre et du dit Charles d’Orléans laquelle Ysabel estoit cousine germaine d’icellui Charles, et si l’avoit levée et tenue sur fons,
1. Elle était veuve de Richard II, qui fut dépossédé de sa couronne en 1399, par le duc d’Herfort devenu depuis Henri IV, et mourut peu de temps après dans la prison où il avait été relégué.
APPENDICE
mais ce nonobstant par dispensacion apostolique fut le dit mariage parachevé, et pareillement l’autre devant déclairé. Es quelz jours furent faiz audit lieu de Compiengne grandes festes et esbatemens, tant en boires et mangers, comme en danses, joustes et autres joieusetez 1 » (Monstrelet — T. I. p. 128).
« En effet, ajoute M. Vatout [Château de Compiègne , p. 1 52 ), tous les princes y déployèrent le plus grand éclat; on remarqua surtout la magnificence et la générosité du duc de Bourgogne : il fit les plus beaux présents aux illustres mariés, et a il entra dans les joutes avec des armes qu’il avait fait faire exprès; il portait un habit bandé d’or et d’agent, sur l’or, il y avait des arcs d’or battu, et sur l’argent des rabots d’or fin. Le lendemain il y parut avec un autre habit de drap noir, à la devise du duc d’Orléans, qui était un bâton plein de nœuds avec ces paroles : je n'envie , et chargé de divers ornements d’or et d’argent. Il fit présent ce jour-là à la comtesse d’Angoulême et à la comtesse de Touraine de deux chaînes d’or garnie chacune d’un fermail pendant, chargé de huit perles, de quatre rubis balais et de deux saphirs : elles lui avaient coûté 5 oo écus. 2 »