‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 148 sur 172 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

ces hommes de Dieu ? Pas un d’eux n’a osé élever la voix en faveur de la victime de la haine des Anglais. Ils ont préféré, eux aussi, passer pour les complices d’une sorcière. Et cependant une protestation énergique de leur part aurait certainement ému le clergé tout entier, et peut-être alors, une haute intervention ecclésiastique se serait-elle produite en faveur de

— En mon Dieu, répondit-elle, je ne suis pas venue à Poitiers pour faire signes, mais envoyez-moi à Orléans ; là, je vous montrerai signes pour lesquels je suis venue ! Qu’on me donne des hommes en ternombre qu’on voudra, et j’irai à Orléans. » Et elle nous prédit, à moi et à tous les autres qui étions là, qu’il arriverait ces quatre choses : le siège d’Orléans levé et les Anglais détruits, le Roi sacré à Reims, Paris rendu à son obéissance et le duc d'Orléans ramené d’Angleterre. Et moi qui parle j’ai vu ces quatre choses s’accomplir.

0 Nous rapportâmes tout cela au Conseil du Roi, et fûmes d’avis que, vu la nécessité extrême et le grand péril que courait la ville, le Roi pouvait s’en aider et l’envoyer à Orléans.

« Au préalable, nous nous étions enquis de sa vie et de ses mœurs, et avions trouvé qu’elle était bonne chrétienne, vivant catholiquement, jamais oisive.

« Pour que sa vie et ses habitudes intimes fussent mieux connues, on a mis avec elle des femmes, qui avaient mission de rapporter au conseil ses actions et pensées. »

On voit d’après cette déposition que le frère Seguin, comme l’a très bien fait observer M. Joseph Fabre (T. II, p. i 5 o) avait été « moins ménager de son amour-propre que respectueux de la vérité. »

V. La Guerre de Cent Ans . — Jeanne d'Arc et les Dominicains, par le R. P. Marie-Dominique Chapotin des Frères Prêcheurs, Evreux 1 888, p. 1 35 . Dans cette intéressante publication, le R. P. Chapotin s’est attaché surtout à réfuter chaleureusement certains passages de Jeanne d'Arc à Domrémy, par M. Siméon Luce, sur l’attitude des Dominicains en 143 1, et à démontrer qu’on ne trouve chez ces religieux aucun indice ni « d’un parti pris d’hostilité à l’égard de Jeanne d’Arc, ni d’une préparation quelconque de sa condamnation, sciemment ménagée ou poursuivie par leurs soins. »

l’héroïne Française. Tout cela est navrant et plonge l’esprit dans de bien amères réflexions.

Comme conclusion, nous nous bornerons donc à répéter avec M. Wallon, sous l’autorité duquel nous ne saurions trop nous placer : « Aux Pierre Cauchon, aux d’Estivet, aux Loyseleur, aux Bedford, aux Winchester, aux Warwick, il faut associer les Régnault de Chartres, les La Trémoille et tous ces tristes personnages qui, pour garder leur ascendant dans les conseils du roi, ont sacrifié, avec Jeanne, le prince, la patrie et Dieu même ; car ils ont, autant qu’il était en eux, fait mentir ses oracles, en abandonnant la Pucelle aux mains de ceux qu’elle avait mission de chasser 1 . »

i. Jeanne d’Arc, p. 356.

APPENDICE

PIÈCES JUSTIFICATIVES

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