‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 153 sur 172 · AOUT I · texte numérisé non relu

AOUT I

Rémission pour un vigneron de Venette , près Compiègne , qui avait suivi le parti Bourguignon.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu Tumble supplicacion des parens charnelz de Jehan Caleu, povre homme vigneron, né de la ville de Venette , près de nostre ville de Compiègne, ancien homme, chargié de femme, contenant : que comme au temps que nostre cousin le duc de Bourgongne passa par la dicte ville de Compiègne, pour aler devant nostre bonne (ville) de Paris en janvier 1414, et à son retour laissa et mist en icelle ville grant quantité de gens d’armes et de traict, qui tindrent la dicte ville lespace de trois mois ou plus. Durant lequel temps plusieurs des habitans des villages d’entours icele ville furent contrains de fait, eulx et leurs biens retraire en icelle, et pour ce convint que ledit Jehan se retrahist. Et quant icelles gens d’armes partirent de la dicte ville, ledit Jehan, doubtant qu’il n’eust grandement mesprins envers nous, et par enortement ( conseil ) d’aucuns, se parti et ala jusques à la ville d’Arras, où-il fut l’espace de mi jours ou environ, qu’il s’en parti et retourna ou pais de Beauvoisis, ou il a esté continuelment depuis, fait son labour et gaigner sa vie, sans soy armer. Et jusques à la S 1 . Martin d’esté, derrenierement passé, que il retourna en la dicte ville de Venecte, a la feste de la dicte ville, pour veoir ses amis. En laquelle ville, le lendemain de la dicte feste, par nos gens et officiers il fut prins et mis prisonniers, etc

[Archives nationales. Très . des Ch. Reg. II. 170, pièce 46.) Paris, août 1417.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

l3 JUILLET 1422

Voyage de Vavocat Gilles Voisine, à Senlis et à Paris, pour obtenir du roi Charles VI, certaines concessions en faveur de la ville de Compiègne [inédit).

« A honorable homme et sage maistre Gille Voisine, advocat, qui, par la délibéracion de plusieurs bourgois et habitans de la dite Ville de Compiengne se party dudit Compiengne le lundy xm° jour de juillet l’an mil 1111 e xxii, avecques lui un varlet de piet qui le conduit et mena jusques à Senlis, pour aler par devers le Roy nostre sire qui lors estoit au dit Senlis, lui exposer et dire les affaires et nécessitez de la dite ville et cornent, à l’occasion des adversaires, qui, dès quatre ans, avoient prins la dite ville de force, par emblée et traîson par la porte de Pierrefons du dit Compiengne, et qui avoient icelle ville tenu jusques aux xviii® jour de juing que la dite ville par traictie fait avec les dits adversaires avoit esté réduite et mise en l’obéissance du Roy notre sire et du Roy d’Angleterre héritier et régent de France, estoit moult déppopulée et très petit garnie de gens de deffence, et que, pour ceste cause l’en avoit ordonné pour la garde dicelle ville, trente compaignons de guerre soubz Messire Lancelot de Francières, chevalier, lieutenant de Mons. Hue de Lannoy, maistre des arbalestriers de France, cappitaine du dit Compiengne à 11 e frans de gaiges pour mois que la dicte ville leur estoit chargée de pa'ier, laquelle charge la dicte ville et les habitans dicelle ne povoient soustenir et pour ce le dit maistre Gille estoit chargé de requérir au Roy nostre dit sire et à son Conseil, que la dicte ville en fust déchargée doresnavant : et que les dis gaiges feussent prins sur les aides du Roy nostre sire au dit Compiengne ou aillieurs là ou il plairoit au Roy nostre dit sire ; et aussi pour impétrer à mectre sus et faire course en ycelle ville au proffit d’ycelle ville, les aides courans sur le vin au dit Compiengne. Cest assavoir sur chacun lot de vin vendu en ycelle ville à quatre deniers et au dessoubz une maille et au dessus un denier ; quatre solz sur chacune queue de boisson despensée ès ostelz des habitans du

APPENDICE

dit Compiengne ; deux sols parisis par chacune queue vendu en gros et deux sols parisis pour chacun tonnel yssant hors du dit Compiengne jusques à trois ans en suyvant et pour aultres besoingnes touchant le bien et proffit de la dite ville ; et luy arrivé au dit Senlis, le dit varlet retourna au dit Compiengne et le dit maistre Gille trouva au dit Senlis, que pour ce que Mons. le Chancellier et nos seigneurs du grant Conseil estoient à Paris, il lui convenoit aler au dit Paris par devers eulz et que il ne povoit estre expédié au dit lieu de Senlis et pour ce le dit maistre Gille se party du dit Senlis en un certain jour en suivant et ce ala à Paris tout de piet et luy arrivé au dit Paris, il ala par devers Mons. le Chancellier de France et nos Seigneurs du grant Conseil et leur remonstra les nécessitez et affaires de la dicte ville sur les poins dessus ditz et leur baillia une requeste pour avoir provision sur le faict des diz gens d’armes et que leurs gaiges feussent prins sur les aides du Roy nostre sire au dit Compiengne, afin que la dicte ville en demourast deschargée ; laquelle chose lui fut reffusée de première venue mais les dessusdiz aides courans sur le vin au dit Compiengne lui furent ottroyez, et sur ce impétra unes lettres du roy nostre dit sire, en double queue, qui furent vérifiéez par nos seigneurs les généraux. Et depuis le diz maistre Gille fist faire une autre requeste pour estre deschargeez des gages des diz gens d’armes et la présenta au dit Mons. le Chancellier et a nos ditz seigneurs du grant Conseil. Sur quoy, après plusieurs delays fais par nos diz seigneurs, de baillier response au dit maistre Gille, pourquoy il lui convint de séjourner longuement au dit Paris par aucuns moyens que le dit maistre Gille trouva par devers eulx, lui furent baillés unes lettres du Roy nostre dit sire adreçans à nos seigneurs les trésoriers de France par lesquelles le roy ordonnoit les diz gaiges estre prins sur ses aides au dit Compiengne et leur mandoit quilz feissent paler les deux cents francs de gaiges dessusditz pour mois sur les diz aides ; lesquelles lettres furent vérifiées par nos diz seigneurs trésoriers, laquelle vérificacion adressoit au changeur du thrésor du roy nostre sire à Paris, pour faire paler et délivrer doresnavant les diz gaiges au dit lieutenant de monseigneur le capitaine et à ses compagnons par le receveur des ditz aydes au dit Compiengne. Et pour ce que pour lors on ne povoit mestre les dictes lettres à exécucion, obstant ce quil n’y avoit aucun receveur ordonné ou commis sur le dit faiz des dits aides au dit Compiengne ; le dit maistre Gille impétra unes

PIECES JUSTIFICATIVES

lettres closes de nos seigneurs les généraux adreçans à Thomas Quillet esleu sur le faict des aides à Compiengne, par lesquelles luy estoit mandé que des deniers d’yceulx aides, il paiast deux cens frans au dit lieutenant et ses conpaignons qui leur estoit ordonné estre palé par les dictes lettres au Roy nostre sire, pour le moys d’août, lors en suivans :

Item le dit maistre Gille fist resceller l’arrest contre maistre Flourent Brunei qui autreffois avoit esté cellé contenant le dit arrêt, que pour les debtes que doit le corps de la dicte ville de Compiengne lan ne peust arrester ne prendre les habitans particuliers dycelle ville ne leurs biens et, dont les habitans de la dite ville avoient impétré poureulz et obtenu le dict arrest contre le dit maistre Flourens que pour les debtes dycelle ville avoit poursuivy aulcuns particuliez dycelle ville. Après lesquelles inpétracion ainsy faictes le dit maistre Gille revint au dit Compiengne le lundy vi i i c jour du dit mois d’aoust ensuyvant. Ainsi il vaqua au dit voyaige, alant venant et séjournant tant à Senlis comme à Paris vingt-sept jours dont il doit au dit pour jours X s.p. valent I3 1 . io 8 . [Archiv. de Compiègne, CC. io, f° 26 v°.)

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