‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 164 sur 172 · Le maréchal de Boussac · texte numérisé non relu

Le maréchal de Boussac

APPENDICE

à Compiengne, pour emploler à reffaire le pont et pour les autres ouvrages d’icelle ville et aussi ont labouré à remplir partie des fossés qui ont esté fais devant la porte du nuef pont par les ennemis du Roy N. S. que ont tenu le siège devant la ville vi 1. p.

F 0 12 1 v°. — A Jehan Belart, Philippot Sergent, Simon Blanchart, etc., etc., pour avoir vaqué ou dit mois de novembre 1 1 1 ic et trente à desmolir le bolvart fait sur le pont de Compiengne et remplir les fosse% des bastilles devant la dite ville lxix s. p.

F 0 122 v°. — A Simon Blanchart, Jehan Helart et Simonet-François de Morgnenval, pour avoir ou mois de janvier 1 1 1 i c et trente (1431) remply les fossés de la bastille faite par les adversaires du Roy N. S. devant la porte de Pierrefonds tant dedans la dite bastille comme dehors et mis tout à uny lxxi 1 s. p.

F 0 123 r°. — A Jehan Filleul pour avoir vacquié du quinzième jour de novembre l’an mil 1 1 1 i c et trente jusques au premier jour de février ensuivans à prendre garde des ouvriers qui ont ouvré ès fossez pendant le dit temps à desmolir les bastilles faictes en dehors de la porte du pont et à remplir les fossez des dites bastilles et aussi à prendre garde aux autres ouvrages d’icelle ville xl s. p.

F 0 124 r°. — A Jehan Le Brun, Guillaume Bottait, Jehan Sain, etc., etc., pour avoir vaquié ou mois d’avrilz 1 1 11 e et trente à remplir les fossez qui estoient et ont esté fais pendant le siège au travers des prés de la ville et en allant de la porte du pùnt jusques * à la bastille qui a esté faite pendant le dit siège à la Mare de Margnyr et aussy à réparer les fosses au coing des Jacobins iiiiI.xhis. vmd.p.

F 0 1 33 r°. — A Jehan Lefeuve et Jehan Picart, manouvriers, pour avoir ou mois d’avrilz 1 1 1 ic et xxxi, après Pasques, descombré emprès les poultres qui estoient en dehors du coing des Jacobins dont on avoit fait un

PIÈCES JUSTIFICATIVES

bolvart.... et ont mis les dites poultres dedans le jardin des Jacobins à l’aide des charpentes par la poterne qui a esté pendant le siège ou dit couvent des Jacobins vu s. nu d. p.

F 0 1 3 5 v°. — A Oudart Fallolet, cordier, pour six toises de grosse camande emploiez à faire le pont de cordes pour passer du pont levis au dit boulevart du pont, pour ce que le pont de bois estoit despécié des canons .

Item il a livré pour faire les lathis et les costés du dit pont de corde nuef vins et une livre de corde de chanvre. Item pourreffaire le pont de corde quant il fut rompu du canon

F 0 140 r°. — A Jehan Debeloy dit Chanvret, pour xx aulnes de toilles de chanvre et d’estouppes par luy vendues ci-devant à la dicte ville le dernier jour du mois de juing 1 1 1 i c et trente emploiez avec aultres toilles à clorer (fermer) le passage fait ou dit temps pour aler de la ville par nacelle au bolvart du pont, pour ce que le pont de bois estoit rompu par les engiens du siège qui estoit lors devant la dite ville, et fut ycelle toille mise selon (le long) le dit pont de bois.afin que les ennemis

qui jettoient les canons au plus près du dit

bolvart ne puissent voir passer les nasselles. . xxxi 1 1 s. p.

F 0 140 v°. — A Guillot de Sainte-Jeanne sur xxxi 1 1 1 pierres à canon qu’il a faites pour la dite ville pendant le siège vi 1 1 s. p.

F 0 144. — A Jehan Dupuis, fêvre, pour une penthure pour l’uisset faicte au mur devant les Jacobins pour gecter le gros canon. xvi d. p.

F° 227 v°. — A maistre Pierre Champion, sirurgien , la somme de seize livres, nuef sols et huit deniers pour les despens de maistre Gilles de Nantes, cirurgien qui a esté gouverné de despense de bouche en son hostel auz frais de la ville par l’ordonnance de Guillaume de Flavy, cappitaine d’icelle ville, depuis le vu® jour de juing 1111 e et xxx au soupper jusques au samedy xxi i c jour de juillet ensui-

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vant, qui font ensemble xlv jours et demy à

ni s. un d. pour jour

F° 228 r°. — A Jehan Saillant la somme de cent quatorze sols pour trente huit los de vins à luy prins dont xvi 1 1 los furent portez le jour Sainct Jehan-Baptiste 1 1 1 i c et trente que le siège estoit devant la ville, au bolvart du pont pour raffraichir les gens d’armes quy au dit jour avoient effondré les mines que les adversaires avoient fait pour venir ès fossez du dit bolvart, et vint les bailler à Alabre de Saule et à ses gens le lundy 1 1 i c jour de juillet ensuivant à xi 1 s. le lot valenr

F 0 289 v°. — A Pierre Lalemant pour xii los de vin qu’il a venduz et livrez à la dicte ville le xxvi ii° jour de may mil im c xxx portez à Saint-Germain pour les ouvriers qui desmolissoient certains murs au dehors de la porte Paris qui nuisoient à la forteresse de la

dicte ville à xi 1 deniers le lot

F 0 290 r°. — A Jacquemart du Croutoy, boulanger pour vm douzaines de pains par luy livrez à la dicte ville ou mois de juing 1 1 1 icxxx, bailliez à plusieurs ouvriers et manouvriers qui labouroient ( travaillaient ) pour la deffence d’icelle et abattre certains murs dehors la dicte ville pour ce qu’ilz estoient

nuysibles à ycelle

F 0 290 v°. — A Jehan de Malepart, recepveur, pour deniers par luy palez du commandement des goudverneurs de Compiengne à la trompète Poton de Sainctrailles le vi i° jour de juing mil 1 1 1 i^xxx par l’ordonnance deM. le Bailly de Senlis et par la délibération de plusieurs bourgois et habitans du dit Compiengne en faveur de ce que la dite trompète rapporta certaines nouvelles du Roy N. S. et quil avoit faict à la ditte ville plusieurs services par

devers son dit maître

F° 292 v°. — A Frère Jean, cordelier de Guillaume de Flavy, capitaine de Compiengne

VII l. xi s. vm d.

xxxvi 1 1 s. p.

XII s. p.

XVI s. p.

XXI I s. p.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

pour don par lui faict en faveur des services qu’il a faiz à la dicte ville pendant le siège estant devant icelle xxi 1 1 s. p.

F 0 292 r°. — A Jehan de Malepart, recepveur, pour deniers à luy paiez du commandement des goudverneurs, cest assavoir : vi s. p. à Lorens Mace, pour une paire de soliers donnez à Régnault Wallet, en faveur de ce qu’il va toutes les nuys visiter le guet et 11 s. p. donnez à Perrot Dangles pour une kaine (chaîne) servant au pont-leveis de la porte du pont qu’il recueilli et sauva quant le dit pont-leveiz fust despecié pendant le siège. . vi 1 1 s. p.

F 0 293 v°. — A Gérartle Riche, attourné et l’un des goudverneurs de Compiengne pour 1 1 chappons par luy venduz et délivrez à la dicte ville le jour de l’an mil im c xxx (143 1), présentez le dit jour avec 1 1 autres chappons prins à Jean Demy, à Guillaume de Flavy, capitaine de Compiengne, pour ce xvi s. p xvi s. p.

F 0 293 v°. — A Jehanne la Tonderesse, pour un viez drap par elle vendu et délivré à la dicte ville, baillié par l’ordonnance de Mons. le cappitaine d’icelle ville à maistre Gilles de Nantes, sirurgien pendant le siège qui fut devant la ville ms. 1 1 1 1 d. p.

F° 295 v°. — A Baudot la Personne, prisonnier à Moret en Gastinois, des adversaires du Roy N. S. xxxi 1 s. p. à lui prestez par la délibération du conseil de la ville de Compiengne pour emploïer au rachat de sa femme qui est en hostage pour lui audit Moret, en faveur de ce qu’il a fait à la dicte ville certains plaisirs tant en voyaiges faiz en temps dangereux comme en autres manière. Et mesmement ou voyaige où il a esté prins, il portoit pour la dicte ville certaines lectres au Roy N. S. et à nos seigneurs de son grant conseil, combien que le dit voyaige il n’avoit pas entrepris pour la dite ville ne à la requeste des goudverneurs d’icelle; lequel prêt il sera tenu de restituer à

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la dite ville à la voulenté des diz gouverneurs

et pour obligations xxxi i s. p.

F° 299 r°. — A Sandrin Hannu, tavernier, pour son salaire d’avoir aidié à vacquié par 1 1 1 jours à tirer le couillart hors de ter que les Bourgoignons laissèrent hors la porte du pont de Compiengne après le dit siège levé et desmembré ycelui couillard et aidié à conduire et mettre dedans la dite ville a seureté ou mois de juing une xxxi xi 1 s. p.

F 0 299 r°. — A Jehan Demy pour ung disner faict en son hostel le jeudy vu® jour de juing mil 1111 e xxxi donné à maistre Jehan Massieu, lieutenant de Mons. le baillydeSenlis ; Thomas Quillet; maistre Symon Bonnemain ; maistre Gilles Voisine ; Pierre Le Maire ;

François, de Miraumont; Jehan, de Creel (Creil), conseiller en court laye ; les goudverneurs et aultres officiers de la dicte ville, le quel jour les diz lieutenant et conseiller vacquèrent à veoir et conseiller le procès que la dicte ville avoit a ou droit par devant le dit lieutenant contre Philippe Nédoul pour raison des réparations de la forteresse pour lequel disner monta en toutes choses à xli i s. p.

— A Régnault le Renvoisié (le Plaisant), sergent de la ville de Compiengne pour restitution de sommes qu’il a paiée du commandement des diz goudverneurs pour les choses cy après déclarées, par lui achétez, présentez à Guillaume de Flavy, capitaine de Compiengne le dimanche ix e jour de septembre mil 1111 e xxxi que les diz goudverneurs luy tindrent compaignie ou disner ‘de sa bienvenue de l’armée où il estoit alé ou païs de Laonnoys avec Mons. le Mareschal, c’est assavoir : pour 1 1 aoues (oies), achetez à Gérart Le Riche xvi s. p. — Item 1 1 1 1 perdrix achetées à Pierre Sanitte, vm s. p.; Item , deux poules faisandes prins et achetées par la main de Jehan Demy 1 1 1 1 s. vi 1 1 d. p ; Item , vi 1 1 gatele \

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(gateaux) prins au dit Jehan Sanitte à vin deniers la pièce, valent v s. 1 1 1 1 d. p. ; et pour 1 1 1 1 pos de vin contenans x los prins au dit Demy, à xvi deniers le lot, valent xi 1 1 s.

1 1 ii d., au total xlviis. iiii d.p.

{Archives de Compiègne, CC. i 3 .)

3 MARS I43l

Sixième interrogatoire public de Jeanne d" Arc au sujet de son évasion de la Tour de Beaurevoir.

D. — Fûtes-vous longtemps dans la tour de Beaurevoir?

R. — Quatre mois, ou peu s’en faut.

D. — Pourquoi avez-vous sauté du haut de la tour?

R. — Quand je sus que les Anglais venaient pour m’avoir, je fus fort courroucée. Vrai est que mes voix me défendirent souvent de sauter. Finalement, par horreur des Anglais, je sautai, et me recommandai à Dieu et à Notre-Dame, et fus blessée. Après le saut, la voix de sainte Catherine me dit : « Fais bon visage; tu guériras et ceux de Compiègne auront secours. »

D. — Vous vous inquiétiez donc de ceux de Compiègne?

R. — Je priais toujours pour ceux de Compiègne avec mon conseil.

[Procès de condamnation, p. 124.)

10 mars 1431

Premier interrogatoire secret de Jeanne d'Arc au sujet de sa sortie de Compiègne du 23 mai 1430.

Jean de La Fontaine [commmissaire instructeur délégué par V évêque Cauchon). — Jeanne, sous la foi du serment que vous avez prêté, répondez. La dernière fois que vous vîntes à Compiègne, de quel lieu étiez-vous partie ?

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Jeanne d’Arc. — De Crépy-en-Valois.

D. — Arrivée à Compïègne fûtes-vous plusieurs jours sans faire sortie ou saillie ?

R. — Je vins à heure secrète du matin, et entrai dans la ville sans que les ennemis pussent bien s’en douter ; et le jour même, sur le soir, je fis la saillie où je fus prise.

D. — A la saillie sonna-t-on les cloches ?

R. — Si on les sonna, ce ne fut ni par mon commandement ni à ma connaissance. Je n’y pensais point.

D. — Ne dites-vous pas de les sonner ?

R. — Il ne me souvient pas d’avoir dit qu’on les sonnât.

D. — Fites-vous cette saillie parle commandement de votre voix?

R. — En la semaine de Pâques dernière, comme j’étais sur le fossé de Melun, il me fut dit par mes voix, à savoir sainte Catherine et sainte Marguerite, que je serais prise avant la Saint-Jean, et qu’ainsi fallait qu’il fût fait; et que je ne m’en ébahisse point, mais prisse tout à gré, et que Dieu m’aiderait.

D. — Depuis ce lieu de Melun, ne vous fut-il point dit par vos voix que vous seriez prise ?

R. — Oui, plusieurs fois, et presque tous les jours. Et je faisais requête à mes voix que, quand je serais prise, je mourusse aussitôt sans long tourment de prison. Et elles me dirent : « Prends tout en gré. Il faut qu’il soit ainsi fait. » Mais elles ne me dirent point l’heure. Et si je l’eusse su, je n’y serais point allée.

D. — Ne les aviez-vous pas interrogées là-dessus ?

R. — J’avais bien plusieurs fois fait demander à mes voix pour savoir l’heure ou je serais prise, mais elles ne me le dirent point.

D. — Vos voix vous avaient-elles commandé de faire cette saillie de Compïègne et signifié, en quelque manière, que vous seriez prise si vous y alliez ?

D. — Si j’eusse su l’heure, et que je dusse être prise, je n’y fusse point allée volontiers. Pourtant j’aurais fait selon le commandement de mes voix, quoiqu’il eût dû m’en advenir.

D. — Mais quand vous sortîtes de Compïègne, n’eûtesvous pas voix ou révélation de partir et faire cette saillie ?

R. — Ce jour là, je ne fus point avisée de ma prise, ni je n’eus autre commandement de sortir. Mais toujours il m’avait été dit qu’il fallait que je fusse prisonnière.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

D. — Quand vous fîtes cette saillie, passâtes-vous par le pont de Compïègne ?

R. — Je passai par le pont et par le boulevard ; et j’allai en compagnie des gens de mon parti sur les gens du seigneur Jean de Luxembourg. Je les reboutai par deux fois jusqu’au logis des Bourguignons, et à la tierce fois jusqu’à mi-chemin. Sur ce, les Anglais, qui là étaient, nous coupèrent les chemins à mes gens et à moi . En me retirant, je fus prise dans les champs sur le côté qui regarde la Picardie, tout près du boulevard . Entre Gompiègne et le lieu où je fus prise, il n’y avait que la rivière et le boulevard avec son fossé.

(Procès de condamnation ^ par J . Fabre, p. 128.)

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