I 4 MARS
Cinquième interrogatoire secret de Jeanne d'Arc au sujet de son évasion de la tour de Beaurevoir .
D. — Dites-nous pour quelle cause vous avez sauté de la tour de Beaurevoir ?
R. — J’avais ouï dire que ceux de Compïègne tous jusqu’à l’âge de sept ans, devaient être mis à feu et à sang; et moi j’aimais mieux mourir que de vivre après une telle destruction de bonnes gens. Ce fut une des causes. L’autre fut que je me savais vendue aux Anglais; et j’eusse eu plus cher mourir que d’être en la main des Anglais, mes adversaires.
D. — Fites-vous le saut de par le conseil de vos voix?*
R. — Sainte Catherine me disait presque chaque jour de ne point sauter et que Dieu me viendrait en aide, et aussi à ceux de Compïègne. Et moi je dis à sainte Catherine : « Puisque Dieu sera en aide à ceux de Compïègne, je veux être là. » Alors sainte Catherine me dit : « Sans faute il faut que vous preniez tout en gré. Vous ne serez point délivrée jusqu’à ce que vous ayez vu le roi des Anglais. » Et moi, je lui répondis : c Vraiment! Je ne le voudrais point voir. J’aimerais mieux mourir que d’être mis en la main des Anglais. »
D. — Ne dites-vous point à Sainte Catherine et à Sainte Marguerite des paroles de cette sorte : « Dieu laissera-j-il mourir si mauvaisement ces bonnes gens de Compïègne ? s>
R. — Je n’ai pas dit ces mots si mauvaisement . La vérité
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est que je parlais à mes saintes en cette manière : « Comment Dieu laissera-t-il mourir ces bonnes gens de Compïègne, qui ont été et sont si loyaux à leur seigneur ! »
D. — Ne faillites-vous pas mourir du saut que vous fites? R. — Quand je fus tombée du haut de la tour, je fus deux ou trois jours sans vouloir manger; et même, je fus tellement grevée, pour ce saut, qu’il m’était absolument impossible de manger ni boire. Toutefois je fus réconfortée par sainte Catherine qui me dit : « Confesse-toi et demande pardon à Dieu d’avoir fait ce saut. Sans faute ceux de Compïègne auront secours avant la Saint-Martin d'hiver. » Dès lors, je me mis à revenir, et commençai à manger. Tôt après, je fus guérie. » [Procès de condamnation , par J. Fabre, p. 1 55 ).
La teneur de cet interrogatoire motiva le 46 e article de l’acte d’accusation dressé contre Jeanne d’Arc et qui lui fut lu le 27 mars 1431 par le promoteur Jean d’Estivet chanoine honoraire de Bayeux et de Beauvais, ami intime de l’évêque Pierre Cauchon, devant cet évêque, en ces termes :
« Art. 46. — Jeanne déclare qu’elle avait requis affectueusement sainte Catherine et sainte Marguerite pour ceux de Compïègne avant de faire le saut de Beaurevoir, et qu’entre autres choses elle disait à ces saintes en manière de reproche : « Et comment ! laissera Dieu ainsi mourir mauvaisement ceux de. Compïègne qui sont si loyaux ! » En quoi apparaît son impatience et son irrévérence envers Dieu et les saints.
L’Evêque. — Jeanne, qu’avez-vous à dire?
Jeanne. — Je m’en réfère à ce que j’ai précédemment répondu.
( Procès de condamnation , par J. Fabre, p. 240).
Etat des pertes éprouvées par la ville de Compïègne pendant les sièges qu'elle a subis au xv e siècle [inédit).
Ainsi qu’on l’a déjà vu, la situation des Compiégnois a été des plus précaires après les sièges successifs dont nous avons
PIÈCES JUSTIFICATIVES
retracé les principales phases. En 1448, les Attournés adressèrent au Parlement de Paris un état de situation dans lequel, après avoir énuméré les ressources que possédait primitivement la ville, et les diminutions qu’elles avaient subies par suite des désastres de la guerre, ils sollicitaient la remise d’une partie des charges qui les grevaient.
Cet état a été transcrit sur un registre dont l’état de vétusté est tel, que, des 68 feuillets qui le composaient, les uns ont disparu entièrement et les autres sont en partie indéchiffrables par suite de nombreuses taches d'humidité.
Il débutait ainsi : « Ce sont les articles faitz, et motifs que proposent les gouverneurs ethabitansdeCompiengnepar devant nos seigneurs de la Court, du Parlement ou bien de leurs conseillers affin que informacion fête des valeurs, droitz et
rentes dessus dictes nos seigneurs de la dite court de Parlement accordent la provision aux dits gouverneurs et habitans en tele modéracion dont cy-après sera fait mention.»
Vient ensuite l’énumération de tous les produits du minage, du dialage du poisson et du sel, du forage des vins, des tonlieux, cens, surcens, rentes et revenus de la ville, ainsi que des charges qui lui incombaient ; et en même temps l’on signale les causes qui mettent obstacles à la perception de ces droits. On y mentionne notamment la ruine des propriétés à la Neujville au bois (Royallieu) entre la ville et la forêt de Cuise (de Compïègne) ou « ont esté les maisons toutes desmolies et demourées en rie% (friches) et en savarts (broussailles) et par ce, de nulle valeur, à commencier au bout de la neufville ou Bos en venant au lieu dit le grant Saint-Germain, tout juste à la porte de Paris du dit Coinpiengne. »
Pu is on ajoute : « Avant les divisions du royaume, les diz héritages estoient en façon et en bon labeur; et il y avoit de belles maisons sur chacune masure, qui toutes furent arses et détruites par le fait et occasions des sièges qui ont esté tenus devant la ville tant en l'an 1 1 1 i c trente comme aultres. Et par le fait des dites divisions et non par la coulpe des gouverneurs, sont avenues les dites diminucions, non valeurs et choses dessus dictes et aussy ce qui cy-après sera dit et déclaré ;
« Et aussy est la dicte ville de Compiègne dépopulée de plus des trois parts et plusieurs des maisons et eddifices en bos (bois) grant partie désolée, abattu et la ville de Margny toute abatue et arse et Venette pareillement et tous les faubourgs de Compiengne, tous ars et démolis qui souloient estre en bonne
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valeur, et à présent sont de nul proffit et de nulle valeur par le fait de la guerre. »
Arrivant enfin au rendement des immeubles et aux dommages occasionnés par les bombardements et les incendies aux maisons habitées, ce curieux document continue ainsi :
« Au Regart des ventes , des héritages , ils sont comme de nulle valeur, quant à présent, car on ne veut guère des héritages, parceque les gens sont pouvres et les héritages cheuz (tombés) en ruyne et diminucion par le fait de la guerre et souloient (avaient coutume) valoir ou temps passé, l’une année portant l’autre, de xv à xx 1., et à présent comme néant, car on en veut bien pou, maiz se baillent à rente ouquel contract ; ils ne paient nulles rentes par l’usage observé en la dite ville.
Item et pour monstrer plus grande diminucion et aussi dont et pour quelles causes icelles diminucions sont advenues les choses dessus dites, ce a esté par le fait de la guerre et divisions de ce Royaume et par les mortalités et famines qui ont esté et non pas par la coulpe et faulte des gouverneurs.
Item , il est à présuposer (et est vray) que la dite ville de Compiengne qui est au Roy estoit ou. temps paisible de grant auctorité et y avoit bourgois, marchans et gens notables et puissans et mesme ou temps [ancien] et depuis jusques aux dites divisions (DD. 20, f° 57 v°).
Item , que la dite ville fut fondée principalement sur 1 1 1 choses : c’est assavoir sur la marchandises des vins , tant de Bourgongne comme d’aultres vins estrangers et aultres vins qui depuis que sont entrez en la rivière d’Oise par eaue ; ilz doivent estre descendus au port à Compiengne sans passer oultre amont l’eaue ; et yceulx vins descendus en la dite ville ne peuvent estre remis en eaue en montant contremont l’eaue qu’ilz ne soient chariez à v lieues arière du dit Compiengne, par terre. Et ainsi en-a-on usé de tout temps, ancien et ençois fait. Et en sont les dits de Compiengne en possession et saisine.
Item , l’autre fondacyon estoit sur la foire de la my-caresme qui dure xv jours.
Item , la tierce (droit seigneurial) sur les tournoiemens (tournois) ou les nobles et bourgois souloient jouxter et eulx exerciter en armes.
Item , et aussi y souloient les Roys de France fréquenter souvent et faire les mariages des enffants de France et aultres assemblées.
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Item , que à l’occasion des choses dessus dites, la dite ville de Compiengne estoit, par avant les divisions de ce Royaume et mesme estoit encor plus on temps des dits accensivemens, bien peuplée et aussi estoient les forsbourgs et villages d’environ et aussi estoit le pays de Beauvoisis et tout en bon labeur et açon (f° 58 r°).
Item, que à l’occasion des choses dessus dites, tant de marchandises de vins, assemblées comme de la foire et aussi que les Roys y souloient conserver souvent, plusieurs gens de tout pays et de plusieurs artifices (métiers) que de tout estât fréquentaient et comerçoient en la dite ville et y faisoient leurs demeures et résidaient par grant espace de temps.
Item , et par les dites considérations les maisons estant en la dite ville et les caves et celliers estoient louez aux marchans por mettre leurs vins ; aussy y gagnaient les tonneliers et chartiers, les hosteliers, les taverniers, les cordouâniers, drapiers et aultres manières de gens en grant habondance et par cela aussi les dits habitans de Compiengne povaient assez bien acquitter les charges dessus dites et que aussi, les choses dessus dites, sur quoi les dites rentes sont fondez, les povaient bien valoir, pour lors ou. pou s’en falloit (f° 58 v°).
Item , que à l’occasion des choses dessus dictes, et de l’affluence des gens qui pour lors y reposoient (faisoient halte) et du peuple et habitans qui estoient en la dite ville en grant nombre, le minage (droit perçu sur les grains) estoit en grant valeur, et où il y avoit plus pour lors en ung marchié de grains en ung jour de la sepmaine qu’il n’y auroit à présent en ung mois.... Ainsi il appert qu’il y a grant diminucion de plus des 6 pars.
Item , or est advenu que, par le fait des guerres et divisions de ce Royaume, la dite ville de Compiengne qui est en frontière, assise sur la rivière d’Oise, a eu beaucoup à souffrir, depuis l’an mil 1 1 1 i c et vi 1, et mesme en Tan m i i i i c et xvi 1 1 que la dite ville fut prinse par emblée (surprise) et fut toute pillée et plusieurs maisons de la dite ville abatues et destruictes contenant le tiers des maisons et plus ; et furent tous les forbours de la dite ville ars (brûlés) et destruicts et les villages de la Neufville-au-bos (Royallieu), Saint-Germain, Margny, Venète, pareillement destruiz, ars et mis à néant, les vingnes en savart dont les plusieurs demourez en ruyne e* les murs des clos de vingnes abatus etdesmoliz (f° 59 r°).
Item , que pendant les dites divisions, la dite ville a esté
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occupée par gens de guerre en grant nombre, par grant espace de temps et à plusieurs fois et mesme après la dite prise, l’espace de 1 1 1 1 ans continuellement, et n’y avoit que d'homme de la ville qui se osast veoir, et furent les ungs tuez et les aultres fuiz et menés en essil (exil) et perdirent tout le bien qu’ilz avoient en la dite ville.
Item , que en l’an mil 1111 e xxm la dite ville fut reprinse d’emblée et pillée encor une fois et tenue en un mbis.
Item , que après il y eust garnisons de par le Roy d’Angleterre qui fit composer (imposer) tous les biens de la dite ville et les dénomer, et en fist faire inventoire et tout ce qu’ilz trouvèrent de meubles ne montant pas à plus de xii cent livres et fut la dite ville composée de vi cents salutz, et ils firent aultres compositions à part, et emportèrent nonobstant la dite composition avec le bois, le blé, les linges et aultres choses.
Item, que en l’an mil mie et xxx après le sacre du Roy N. S. et après ce que icelle ville livraison a esté faite par soumission et obéissance, sous quelques reffus comme faire devoit, fut assiégée par les adversaires du Roy N. S. l’espace de vu mois et plus — lequel siège fut levé à l’oneur du Roy N. S. — et dont ce fut mis en grant partie pour recouvrer sa seigneurie de par deçà (f° 59 v°).
Item , que pendant le dit siège, les habitans dudit Compiengne tinrent dedans ladite ville à leurs dépens VIcentshommes de guerre pour aidier auxdits habitans à résister contre lesdits adversaires et en quoy iceulx habitans se endebtèrent envers plusieurs personnes de x mille escus et plus et si fraièrent et restèrent sans biens recueillir des frais de leurs héritages par la diminucion. Et si furent lesdits héritages qui estoient au dehors de la fermeture de ladite ville sur tous désolez.
Item , que par le fait dudit siège et des engins et canons qui estoit devant la dite ville, plusieurs des maisons d’icelle ville furent abatues et aussi en fit-on abatre plusieurs desdites maisons pour faire bollvarts et deffences pour ce que on ne povoit aler au bois et que le siège estoit au-devant des portes et à l’environ de ladite ville.
Item , aussi à l’occasion dudit siège et de la guerre, ont esté destruites et abatues grant quantité de maisons en ladite ville et dehors comme dessus est dit et mesme sur le pont ung molin (f° 60 r°).
Item, à la rue du Pont d’icelle ville plusieurs maisons, et entre les aultres la maison qui fut Gilles Monnet, la maison des
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Dames de la Joie-, celle qui fut Jehan du Manoir; la maison Bauduin Brassard tenant à la Clef, la maison qui fut Jean Olivier Faisné.
Item, la rue des Gournaulx, Fostel du Mouton noir ou demoure Pierre le Bouchier. La maison la Boutelle . La grange du lendit, la maison Colart Gombert. La grange et les estables qui furent M e Jaques Cadot. La maison Jehan Itier. La maison Malnomé. La maison qui fut messire Robert Postel. La maison Guillaume Grisel. La maison du Mymonet. La maison de la Huchette . La maison Noël, le peintre.
Item, en la rue des Jacobins (rue d’Âusterlitz) : la maison Pierre le Boursier, la maison qui fut François Dupuis, la maison qui fut Galois, la maison Moutonnet, la maison qui fut Ronsée, la maison qui fut Jehan de Paris, la maison qui fut Philippe Creart, la Grange de Royallieu , la maison maistre Mares (f° 60 v°).
Item, en la rue aux Chevaulx (rue Pierre D’Ailly), que toute la dite rue a été abatue à unq rens (rang) et à l’autre, excepté les Estuves 1 et mesme la maison qui fut Jaquot Louchet, la maison qui fut maistre Jacques Cadot, la grange BrifFault, la maison Jehan Dailly^, la maison Jaquot du Four, la maison qui fut les Coqueles , la maison qui fût Thomas Quillet, la maison Robin l’appostre, la maison Roil-Cler, les deux maisons Pierre et Jehan Lesluin, la maison Jehan Henin, la maison Estienne Tutain, la grange Jehan le Féron, les Estables ; la maison Jehan le moitoyer, la maison proche La Vache , partie de l’ostel de la Housse ; Gillet, les estuves neufves.
Item, la rue devant Saint- Anthoine: l’ostel des vielles, l’ostel Jehan de la Cesne, la maison faisant le coing devant Saint- Anthoine.
Item, en la rue Saint- Anthoine : la maison qui fut Adam Contesse, la maison Jehan de Valenciennes, la maison Guy Sarrasin, ou demoure Robin Warons, la maison Raoul de Viry, la maison messire Simon de Saint-Anthoine, Fhostel du Lyon de Flandres, la maison Jehan le trésorier, la maison Christophe Grant-Dame, la maison Pierre Gaumain, la maison Jehan Her-
1. Etablissement de bains. Il y en avait un autre au bas de la rue Ostenin.
2 . C’est la maison où avoit habité le cardinal Pierre d’Ailly. « En juin 1 366, Collard-Dailly et Pétronille, sa femme, donnaient à leur fils Pierre D’Ailly alors étudiant en théologie, une maison en la Cousterie aux chevaux . En i85g, le Conseil municipal de Compiègne donna à la rue des Chevaux le nom de rue Pierre D’Ailly.
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pin, la maisoil Gille le Fèvre, la maison Jehan Martin, la maison monseigneur de Brilet, la maison d’Ardoise, la maison Bourlet, la maison Adam le chavetier , la maison Guillot le boucher , la maison Quintois, la maison Colart de Caus, la maison Jehan Warneville, la maison Philippe de pomme, la maison Philippe le pruent (le démangé ), la maison Jehan Lecras, la grange de Thermes (f° 61 r°).
Item , en la rue du cocq Babille (clos Bazile) et en la rue des Petits-Domeliers, esquelles deux rues y avoit xxxi 1 maisons et plus qui sont toutes abatues (f° 61 v°).
Item y en la rue qui maine de Saint- Anthoine au Chambges (Change), la maison où demoura Colin Prins, joingnant des 1 1 1 1 Fils Hémon.
Item , en la rue des Chambges (place du Change) : l’ostel de la Rose, l’ostel des Ras en la plus grande partie, l’ostel du Chas telet , l’ostel de la Belle-Dame , les logettes du chambge que on nomoitles chambges , les estachons , (boutiques), la maison Philippe le Barbier, la maison Jean Prache, la maison messire Lorens Conne.
Item , en la ruelle de la Boucherie (rue des Boucheries), vin maisons, dont il y avoit, une. à Hemart, une à de Beauffort, une à Flourens le boucher, une à Tanton et aultres.
Item , en la rue des Domeliers: la maison Jehan de Sere dit trop tost marié , la maison qui fut messire Lancelot, v aultres maisons tenant de Jehan filleul et à Jehan le boucher, le pressouer Jehan Filleul, la maison le Haubergier , la maison Colart de la Voulte, une aultre maison qui fut Jehan Cagniart (f° 62, r°).
En la rue de Pierffons: la maison qui fut Regnaut Passinot y lajmaison de VEschiquer y la maison Estienne Mouton, la maison Joingnant.
En la rue aux Carons (Charrons — rue d’Alger) : une maison qui est de Saint-Nicolas-le-petit , la maison qui fut Jacques Charmolüe, l’ostel de la Fleur de lis , deux maisons là où ont demouré Pierre Dodin et Jehan le Fournier, l’ostel des Chas teauxy l’ostel Jehan Héron, l’ostel Carbelot,l’ostel Saint-Martin, l’ostel Jehan Pronin, l’ostel Jehan de la Ruelle .
Item , en la rue de Soissons : la maison Pierre Moret, la maison Philippe Cadot, la maison maistre de Plessier, la maison Jehan de Lihons, la maison qui fut Jehan du Pont, la maison Jehan le borgne, la maison Colin Liégart; le pressouer qui fut
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Philippe Bœuffart, la maison qui fut le fils Jaque Pouillet (f° 62, v°).
Item , en la rue Amisart (Saint-Jacques) : la maison Estienne Petit, la maison Sonois, la maison Philippe Lefèvre, la maison Jehan Courtois, les maisons d'Offémont , la maison Jehan de Combiers, la maison messire Raoul de Nèele , une partie de Yostel de Boulongne 4 , la maison Thévenot Petit.
Item , en la rue derrière Saint-Jacques: la maison qui fut Gille le pelletier, Tostel de la Crayne.
Item, en la rue de Pierffons (Pierrefonds), en venant aux Çhambges: le maison qui fut Mahieu le foulon, l’ostel du Faucon , les maisons qui furent Jehan de la Voulte.
Item, en la rue du Mar chié au blé (place de T Hôtel de Ville): la maison qui fut Frangerin, la maison d'Artois, la maison qui fut Thomas Quillet, le Beffroy.
Item , en la rue au Sac (rue du Château): la maison qui fut Jehan de Rims , la maison Godart le boucher en la plus grant partie, la maison Huet Getrau, la maison Régnault de Boulongne (f° 63, ro).
Item , en la rue Saint-Pierre (rue des Minimes): la maison de Lours , la maison qui fut Simon de Francières, la maison qui fut Jacques Bitart, la maison qui fut Jehan du Pont, la maison GefFroy le masson, la maison qui fut Jehan Pester, la maison qui fut Oudart Malmère.
Item, au tour de la maison de la ville : la maison Jehan Reuppe, la maison de Saint-Jehan ou bois , la maison ou demoure Pierre de Graville, 1 efour Jehan de Camely, la maison. qui fut Félix de Greux.
Au tour de la Panthière (rue Saint-Corneille) : la maison qui fut Jehan Bequet emprez Vospital.
Item, le tour de la Halle (place du Marché aux herbes) ; •la halle aux drappiers, aux cordouanie %, aux lingers , toutes abattues et destruites de autour (f° 63 v°).
Item, au tour de Vostel des Barbeaux (rues Saint-Nicolas, du Donjon, etc.) : la maison Gille Colaye, la maison Wideleu, la maison Honoré le tanneur, la maison où demoura Loren Robillart, la maison où demoura Jehan d'Ourscamps , la maison qui fut Jehan Ernoul, la maison de la taincture Jehan Bonnart, la maison qui fut Andrien Lobbe, la maison où demoura Gille Ribin, la maison joignant à Pierre Charmolue, le Donjon.
1 . Il appartenait à Raoul le Féron et fut loué en i55o pour les écoles de la ville.'
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Item , au tour du Molinet (rue de la Côrne-de-Cérf et voisinage) : la maison qui fut Jehan le boulengier, la maison qui fut Jehan du Ronchoy, la maison Jehan d’Athies, la maison Jehan Poingnant.
Item y au tour de la Truye (rue de la Surveillance et voisinage) : la maison qui fut Henry Nitard, la maison Mathieu Desmonceau, la maison Jehan des mures, la maison qui fut Jehan Raoul.
Item , au tour de la Heuse (rue des Pâtissiers et voisinage) : la maison qui fut Garnel, la maison qui fut Loison, la maison qui fut Herbert le manouvrier, la maison qui fut Pierre Daniel,faisant le coing, la maison du grant Ymage .
Au tour des Estuves (rues d’Ardoise et Ostenin : les Estuves qui furent Thomas Quillet, la maison qui fut Jehan le tourneur, la maison qui fut Sauvage le menestrel , la maison où demourè Raoul le plombier (f° 64 r°).
Au tour de Vostel de la Vache (rue Le Féron et Saint-Louis) : La maison qui fut Rousselle, la maison proche Pontonnier, la maison qui fait le coing de la rue Lostel de la Vache. Plusieurs ont fondu. La maison qui fut Jehan Coquin, la maison que fut Guillaume Gros, la maison Jehan Pralet, les ni maisons ensuivant, la maison qui fut Mongues.
Au tour putain ruelle , (rue d’Humières), la maison qui fut Gille Saget, la maison qui fut Croslion, la maison qui fut Jehanne la maquerrelle, la maison Jehan le manouvrier et les maisons Jehan Gantier et Adrien le Dard (f° 64 v°).
Au. tour Henry Aucher. La maison qui fut Jehan Trouillet, la maison qui fut le prieur de Pierrefons, la maison de l’angle qui fut Jacques de Dehuret, la maison qui fut Jehan Quejan, la maison qui fut Jaques le mercier.
Au tour d'Ourscamps (rue Vivenel) : La maison qui fut Séguin Pralet, lostel qui fut Crupette , 1 1 maisons toutes abatues.
Item , le tour Jehan de Passjr (rue du Jeu de Paume, etc., etc.) : tout abatu, excepté les maisons de Aiguisy et celle de Robin Briois et y povoit bien avoir xx mesnages et plus.
Item , au tour du Trésor , (rue d’Ulm): 1 maison abatue.
Item , au tour de Champaigne , la maison Samosi, la maison Maillart, la maison Thomas Quillon, la maison Thomas Admirault, la maison Pierre Petit, la maison Guillaume, la maison Jehan le bailly, la maison Simon le vigneron (f° 65 v°).
Au tour du port Nyot la maison près le coing, la maison qui fut Jehan de Mericourt, l’ostel qui fut Crespine le vigneron.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3?5
Au tour de la Chappelle la maison qui fut Colin le merveilleux et aultres.
Au tour Robert le pouvre hors la porte de la Chappelle qui sont toutes abatues et destruites ou quel tour avoit ix maisons et plus. C’est assavoir Denisot Therot, Jehan Grimbert, Herbelot Dexmille, Guillaume Grosœil, Jehan le pouvre, Hue Carbete, Robert le Sauvage, Martin et Thevenot petit.
Item , tout le tour du Clos qui est à droite où il y avoit vin maisons toutes arses et destruites, appartenans aux personnes cy-après desclarées qui estoient pour le temps de la destruction venant et lors demourés. C’est assavoir Jehan compère, Guillaume Therot, Jehan de Vignier, Jehan Bigot, Jehan Thérot, et Jehan du Clos;
Item , au Clos qui fut Robert le Féron vi i maisons où avoit vu mesnagiers toutes arses sans la maison dudit Robert le Féron qui estoit une très notable maison qui a esté toute arse et destruite avec les maisons de ceulx cy-après nommez. C’est assavoir Pierre Farin, Jehan Bigot, Jehan du Molin, prince le Roy, Martin Billette, Jehan Cartier.
Item , les deux rues de Soissons dehors la porte , qui estoient des forsbours où avoit xxi maisons toutes arses et destruites appartenant à ceulx qui s’ensuivent qui y demouroient. C’est assavoir Jehan le duc, Jehan deVingnemol, Jehan Roguet, Adrien Therot, Jehan Petit, Jehan de Beauffort le fèvre; Pringne le Sauvage, Jean Paillart, Colart de Vermaize, Perrot Buier, Mathieu, Philippe Beaussart, Philippe Thérot, Régnault le Sauvage, Prince Petit, Jehan Cauderon, Pierre Lorens de l’église, Pierre le Sauvage, Guillaume Monguet et Mathieu Monguet, Jehan Rondel.
Item , les deux maisons de Thillart et la maison de Hurte -
bise .
Item , les deux rues de (Pierffons)? où avoit de x à xm mesnages dont les maisons furent toutes abatues. C’est assavoir Jehan Pont, Jehan Cauderon, Andrien de la Wache, Jehan Bressart, Jehan des vingnes, Jehan des Grez, Jehan Charpentier, Jaque Denise, Jëhan Pontrine et aultres.
Item , à la paroisse Saint-Anthoine , dehors la porte de Paris. La rue aux Chevrieux (chevreuils) toute abatue et y demou roient paravant ces divisions : Robert Caillet, Jehan Testelette Raoulot Fouace, Jehan Camin, Robin Lorens, Jehan des’ Fossez, Jean de l’Espine, Berthauld Thérot, Robin le Cordier, Jehan Masse, Masson.
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Item, la rue dé Paris :
Simon le parmentier, Jehan Hutin, Gille de Trachy,
Morant Jaquot Coquelin, Raoulin Olivier. Et sont leurs
maisons toutes destruites.
Item , la rue des Nosnains (rue des Sablons), dont les maisons sont toutes abatues. et compris, l’église et les maisons des Nosnains 1 et y demouroient Jehan-Revuart, André Fauvel* Jehan le vacher, Pierrot et Gille Manche.
Item , que toutes les dites maisons dessus déclarées et plu-* sieurs aultres, voire plus de i i c qui ne sont pas y déclarées et qui étaient habitées, par avant les dites divisions, ont esté par le fait d’icelles divisions et de la guerre, toutes arses et destruites et n’y a que les places.
Item , aussi ont esté démolies arses et détruites les villages dë la Neiifville ou Bos , (Royallieu) Margnjr , Venette et Saint- Germain.
Item , que le peuple qui estoit en la dite ville, villages et fors'bours par le fait des dites causes et de la guerre ont esté, les ungs tuez et murtriz ; les aultres mors de famine et les aultres fuiz et chacez hors du pays et demoura la dite ville de Compiengne très pou habitée et encor est et n’y a guère de xi i c ceulx de la ville et n’y a point à présent dedans la dite ville plusieurs 1 1 1 ic mesnages qui sont tous pouvres et privez de puissance en regart au temps passé.
Item , que par le fait des divisions la marchandise des vins et aultres qui se souloient faire audit Compïègne, comme dessus est dict, est ruynée et tout détruite. Ainsi a esté depuis le temps des dites guerres et divisions (f° 67 r°).
Item , que les tournoiemens dont dessus est faite mention que se souloient farre au dit Compïègne et les assamblées des Roys et des princes qui se souloient faire en la dite ville sont du tout cessez et dès longtemps et n’y conduisent pou ou néant gens dont la dite ville peust amender.
Item , la dite foire de my-caresme a esté longtemps délaissée et de présent et depuis la paix la dite foire est tellement diminuée et n’y est point la xx° partie de peuple et des marchants que il y souloit vindre ou temps passé.
1. Il y avait autrefois dans cette rue un couvent de Sainte-Pèrine dont les religieuses s’appelaient les Nonnains de Saint-Jean dehors Compïègne. Ce sont elles qui avaient donné leur nom à la rue qui porte actuellement celui de rue des Sablons. L’emplacement de cet ancien couvçnt est occupé aujourd’hui par un établissement d’une nature diamétralement opposée;
« Comment en un plomb vil, l’or pur s’est il changé ? v
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Item , que par lesdites diminuerions de peuples, de maisons, édiffices et de la petite quantité de marchans et de peuple forain , forages, vientrages (droits sur les marchandises), rouages (droits sur les voitures), tonlieux (impôts), le dit minage et aultres droits dessusdits sont de présent et de longtemps a desclarez, qui par ces très grant diminucions et aussi sont les droits' des ventes des héritages et maisons qui si elles eussent esté en ladite ville et en honeste estât ancien eussent peû estre vendues et transportées par plusieurs fois, ce qui n’a point esté fait ni est temps de faire (les dictes maisons et héritages estant) destruites et arrasées (f° 67 v°).
Jusques à ce point sont les places desdites màîsons en telle ruyne et désolacion que on ne peut congnoistre ou descrire les unes des autres.
Item , que veues les dites désolation et ruyne les dits minages, forages, tonlieux, ventes peuvent estre diminuez, et y chiet de diminucion de plus de v pars.
Item 9 que veues les dites désolacion paroit impossible aux habitans dudit Compiengne de paler les dites charges et faulroit ançois (auparavant), que la dite ville demourast inhabitée, se les droits dessusdiz eussent esté gouvernés par les rentes dessus nommez. Aussi bien eussent-ilz esté désolez et destruitz comme ilz sont de présent à l’occasion dessus dite. Pourquoy ne doit estre impetré aux dits demandeurs ne donner charge des dites diminucions qui sont advenues par cas de fortunes de guerre ; auxquelz ilz n’eussent peû pourvoir comme de ce et des choses dessus dites il est tout nottoire voix et publique revenus au pals et ailleurs en ce royaume.
Sy supplient et impêtrent les dits habitans de Compïègne à nos seigneurs delà Court de parlement qu'il leur plaise de leur benigne grande bonté, de contraindres les dits rentiers et ceulx qui prendroient à rente sur les choses dessus dites que iceulx rentiers remettent chacun en droit soy, les droitz dessusdits. Iceulx les gouverneurs ou lieu de gouverner pour leurs mains et ainsi que bon leur sembloit, en deschargierdu tout désormais en avant, les dits habitans des dites charges, ou du moins que modérer s'est faire des dites charges par nos dits seigneurs de Parlement selon la valeur et proffis des choses dessus dites à tousiours, car aultrement se estoit modéracion à temps, ce seroit à tousiours recommencer procès et n’est pas vraysamblable que à nul jour, ne en temps aucun, les droitz dessus ditz viengnent çn valeur (f° 68 r°).
APPENDICE
Et à ces fins et aultres mieux valables et proffitables à la dite ville les dits gouverneurs et habitans baillent ces présens articles pour protester de plus amplement bailler et d’exposer en la dite cour de parlement ou ailleurs ce qu’il sera à proposer touchant les choses dessus dites et offrant informer de leurs faitz contenuz es dites lettres renteulx et en ces présens articles, tant que souffrir dira.
(Archives de Compïègne , DD. 20.)
TABLE DES MATIÈRES
Avant-Propos jx