REPRISE DE COMPÏÈGNE PAR LES BOURGUIGNONS
aux mains du parti d’Orléans. La garnison laissée dans cette place était insuffisante pour résister à une attaque sérieuse. D’un autre côté, les chefs qui conduisaient les gens du duc de Bourgogne, se prévalaient d’un ordfe du roi pour s’emparer de la ville. Force fut donc de capituler, à la condition que tous « ceulx tenans la partie du conte d’Armaignac s’en yroient saulves leurs bagues, et aussi, que tous les habitans de la dicte ville voulans faire serement de tenir le parti du Roy et du duc de Bourgogne demourroient paisibles *, »
Creil, Pont - Ste - Maxence, Monchy - le - Perreux CMonchy-Humières), Choisy-sur-Aisne et d’autres places encore, firent en même temps leur soumission.
« Et aussi, ajoute Monstrelet, se rendi en l’obéissance du Roy et du duc de Bourgongne la cité de Noyon, par le moïen du Seigneur de Genlis, et pareillement Le Plessier (Le Plessier de RoyeJ et aucunes autres villes.
« En laquelle ville de Creil fut commis un gentil homme nommé le Bugle de Grouches, pour le garder , et entra en icelle ville à tout huit hommes tant seulement. Si estoient dedens la forteresse le Conte de Ventadour, le seigneur de Chastelmorant et Messire Charles de Saint-Sauflieu, à tout certain
naissance par ses mauvaises mœurs, qu’on voyait toujours plus occupé de brigandage et de sacrilège que de prouesses militaires, et que quelques gens surnommaient publiquement le prince des voleurs et des assassins, parce qu’il vivait toujours dans la société des gens de cette espèce. » Jacques, seigneur de Crèvecœur, conseiller et chambellan du roi, était cousin germain d’Hector de Saveuse: il mourut en 1439.
1 Monstrelet, T. III, p. 267.
4 6 LA PRISE DE JEANNE D ARC DEVANT COMPIÊGîTE.
nombre de gens d’armes, lesquelz tenoient le parti du conte d'Armignac, lesquels furent par le moïen du dessusdit Bugle de Grouches et de la communauté d’icelle ville, contrains, par condicion qu'ils s’en alèrent sauf leurs corps et leurs biens, et en demoura icelui Bugle Capitaine certain espace de temps. »
Voilà donc encore une fois les pauvres Compiégnois sous la domination de Jean sans Peur, mais cela ne va pas durer longtemps.