MORT DE HENRI Y ET DE CHARLES VI
criant tous à une voix : Vive le Roy ! Vive le Roy! Vive le Roy ! 1 »
Mais, à raison du bas âge de Henri VI, le duc de Bedford, sur le refus du duc de Bourgogne, et le duc de Glocester, furent nommés Régents , le premier, de la France et, le second, de l'Angleterre.
Ainsi c’en était fait; le sacrifice était consommé; le honteux traité de Troyes, non seulement n’avait soulevé aucunes protestations à Paris, mais encore, était ratifié par les magistrats qui auraient dû défendre au prix de leur sang, les lois fondamentales du pays 2 ;
1 Monstrelet, T. IV, p. 123.
2 « Leduc de Bedford, Régent du Royaume, avait rassemblé à Paris dans la grand’chambre du Parlement tous les membres de cette Cour suprême, les magistrats des autres Cours supérieures, ceux du Châtelet, les députés des divers chapitres, TUniversité, le prévôt de la ville, ses échevins et les principaux bourgeois. Dans cette assemblée si imposante en apparence, mais dont les membres étaient ou dominés par la terreur, ou aveuglés par la passion, le chancelier fit du traité de Troyes une lecture et une apologie qui furent suivies d’un serment de fidélité au Roi d’Angleterre Henri VI, que l’on exigea de tous les assistants. (Saint-Victor, Tableau de Paris, T. II, impartie, p. 3 7 3).
M . A . T uetey ajoute [Journal J un Bourgeois de Paris , p . 182 ): « Philippe de Morvilliers et Simon de Champluisant, présidents au Parlement, assisté de Nicolas Fraillctn, maître des requêtes de l’hôtel, furent délégués le 21 décembre 1422 en qualité de commissaires dans les établissements religieux de Paris tels que chapitres, abbayes, couvents des ordres mendiants, avec mission spéciale de faire jurer en leur présence sur les Évangiles, l’observation du traité de Troyes, suivant une formule annexée à leurs lettres de nomination. Dès le 4 janvier 1423 les chanoines de Notre-Dame ainsi que le clergé des églises sujettes, prêtèrent le serment exigé entre les mains de Simon de Champluisant et de Nicolas Fraillon. (Arch. Nat. LL 21 5, f 0i 392, 5 16).
62 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏEGNE.
la belle France de Charlemagne et de Saint-Louis devenait la proie de l’Angleterre ; le léopard dévorait le lis 1 . Heureusement Dieu a permis que cette sanglante tragédie ait un autre dénouement que celui qu’avaient rêvé ses criminels auteurs.
4 On sait que les anciennes armoiries des rois de France étaient « d'azur à trois fleurs de lys d'or » ; quant aux léopards qui figurent dans celles de l’Angleterre, ils datent, du XII e siècle, suivant le père Ménétrier ( Origine des armoiries , p. 61).
« Geoffroy, comte d’Anjou, fils de Foulque et depuis gendre de Henri I er roi d’Angleterre et duc de Normandie, fut fait, ditil, chevalier à Rouen par le roy d’Angleterre, à la manière accoutumée des chevaliers du Bain :
Clypeus leunculos aureos imaginarios habens Collo ejus suspenditur.
« Voilà, ajoute le savant héraldiste, les léopards des armoiries d’Angleterre que porte ce jeune comte d’Anjou, dont le fils aîné fut depuis roy d’Angleterre et nommé Henri II
« C’est environ l’an i i 3 ô que Geoffroy surnommé Plantagenet, comte d’Anjou, alla épouser Mathilde, fille de Henri I er , roi d’Angleterre et veuve de Henri V, empereur, et ce fut à l’occasion de ce mariage qu’il parut avec des léopards en armoiries. »