Aperçus nouveaux sur l'histoire de Jeanne d’Arc, p
2. Vies des grands hommes. Jeanne d’Arc. Paris, i856, In-8°, p. 217.
202 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
fermer la porte. Et ainsi demoura la Pucelle enfermée dehors et poy (peu) de ses gens avecques elle. Quant les ennemis veirent ce, tous se efforcèrent de la prendre. Elle résista très fort contre eulx et en la parfin fut prinse de v ou de vi ensemble, les ungs metans la main en elle, les aultres en son cheval*. »
Et de son côté, Jean Chartier s’exprimait en ces termes, une vingtaine d’années plus tard : « Et advint que la ditte Jehanne la Pucelle estoit saillie sur le dit siège moult vaillamment et hardyement; mais aussi les Anglois et Bourgueignons chargèrent fort sur elle et sa compaignie ; et tant qu’il fut de nécessité à la ditte Jehanne et aux aultres de eulx retirer. Et disoient aucuns que la barière leur fut fermée au rétourner , et autres disoient que trop grant presse y avoit à Ventrée 1 2 . »
C’est ce que confirme à son tour VAbréviateur du Procès : « Et elle, qui vouloit soustenir l’effort des ennemis, cependant que nos gens se retiroient, quant elle vint à la barrière, elle trouva si grant presse qu’elle ne peut entrer dedans la dicte barrière... Aulcuns veulent dire que quelqu’un des François fut cause de l’empeschement qu’elle ne se peust retirer : qui est chose facile à croire, car on ne trouve pas qu’il y eût aulcun François, au moins homme de nom, prins ne blécié en la dicte barrière. Je ne veulx pas dire qu’il soit vray; mais, quoi qu’il en soit, ce fut grant dommaige pour le roy et le royaulme ainsi