JEANNE D’ARC A-T-ELLE TROUVÉ LA BARRIÈRE FERMÉE
amenée là, commencèrent à prendre ou à tuer tout ce qui leur faisait obstacle pour arriver jusqu’à la personne de Jeanne, sur laquelle, lorsqu’ils l’eurent démasquée, ils portèrent la main tous à la fois 1 2 . »
Comment en présence de cette déclaration de la victime elle-même, et alors que toutes les pièces de son procès avaient été publiées, un historien tel que M. Duruy a-t-il pu écrire i
« Le jour même de son arrivée, le 24 mai 1430 , Jeanne d’Arc fit une sortie; mais les assiégeants la repoussèrent, et quand elle arriva à la barrière , elle la trouva fermée. »
Nous ne parlerons pas de Lamartine qui va plus loin encore quand il dit : « Au moment où demeurée seule, elle lançait son cheval sur le pont-levis pour s’abriter derrière les murs, le pont se leva et lui ferma passage*. »
Et cependant les anciens chroniqueurs étaient bien moins affirmatifs. Témoin Perceval de Cagny qui rédigeait ses mémoires en 1436, c’est-à-dire, cinq ans après la mort de l’héroïne : « Quant les Bourgoignons et les Engloiz, dit-il, aperçeurent que elle retournoit pour recouvrer la ville à grant effort vindrent au bout du pont. Et là eut de grans armes faites. Le capitaine de la place véant la grant multitude de Bourgoignons et Engloiz prestz d’entrer sur son pont, pour la crainte que il avoit de la perte de sa place, fist lever le pont de la ville et