Procès de Jeanne d' Arc, T. IV, p
2. « Elle tenait à la main droite son étendard avec la hampe duquel elle repoussait l’ennemi. Elle parvint ainsi jusqu’au fossé du boulevard dont elle trouva la barrière encombrée de fuyards ; de sorte qu’elle ne put passer. Car Flavy, prétextant la crainte de voir l’ennemi entrer dans la ville avec eux, fit fermer la porte du pont. Alors, toujours en combattant, la Pucelle essaya de gagner les champs du côté de la Picardie ; mais sept ou huit ennemis l’entourèrent en mettant la main sur son cheval et sur elle. » (Villiaumé. Histoire de Jeanne cTArc, p. 170.)
204 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
elle n'eût pas manqué de le dire, ce qu’elle n’a pas fait.
Pauvre Jeanne ! l’événement n’a que trop justifié les pressentiments qu’elle avait manifestés quand elle disait à Charles VII, qu’elle n’en n’avait que pour un ân et qu’il fallait qu’on se pressât d’en profiter 1 .
Et maintenant, « la prédiction de ses voix était accomplie. La période de la lutte était achevée pour elle. La période du martyre commençait*. »
1. Le duc d’Alençon entendu comme témoin, a déclaré ce qui suit : « Maintes fois j’ai entendu Jeanne disant au roi qu’elle durerait un an, pas beaucoup plus, et qu’on pensât à bien besogner pendant cette année. Car, selon son dire, elle avait quatre charges : mettre en fuite les Anglais; faire couronner et sacrer le roi à Reims ; délivrer le duc d’Orléans des mains de l’ennemi, et faire lever le siège d’Orléans. » ( Procès de réhabilitation, par Joseph Fabre, T. I, p. 182.)