PROJET DE NECKER
Dans son livre de 1796, écrit en pleine réaction, Necker nous avoue confidentiellement ce que c'était que son projet; il montre que ce projet était hardi, très hardi... en faveur des privilégiés. Cet aveu lui coûte un peu à faire, mais enfin, il en fait l'efTort. (( Le défaut de mon projet est sa trop grande hardiesse; je risquais tout ce que je pouvais risquer... — Expliquez-vous... — Je le ferai, je le dois. Daignez m'écouter*. »
C'est aux émigrés qu'il parle, qu'il adresse celle apologie. Vaine entreprise ! Gomment lui pardonneront-ils jamais d'avoir appelé le peuple à la vie politique, fait cinq millions d'électeurs?
i** Les réformes nécessaires, infaillibles, que la cour avait refusées si longlemps, et qu'elle acceptait par force, il les promulguait par le Roi. Lui, qui savait k ses dépens que le Roi était un jouet pour la Reine et la cour, une simple affiche, rien de plus, il se prêtait à continuer cette triste comédie.
La liberté, le droit sacré qui existe par lui-même,