SCENE xiir
CALINOS, PEDRO, L'ETOILE; Pedro s'asseoit, et prend des notes.
l'Étoile, à Calinos.
Monsieur , pendant le séjour que vous avez à faire au camp , disposez de moi; d'après les ordres de mon colonel, je ferai tout mon possible pour que le temps ne vous paraisse pas long.
CALIN os.
Ahçà! dites-moi donc, monsieur le militaire , qu'est-ce qu'il veut donc dire votre commandant avec son air rébarbaalif : « La viedu parlementaire me répondra de la vôtre? » l'btoile.
Ça n'est pas difficile à comprendre. Si pnr hasard il prend fantaisie à votre chef de retenir notre capitaine, nous (U
fait le geste de fusiller ).
CALINOS.
Pas de mauvaise plaisanterie ; je vous préviens que ça ne peut pas me convenir.
L'ÉTOILE
Eh! qu'avez-vous ? la vie du parlementaire seule.... * D'ailleurs, tout rebelle qu'il e4, votre chef ne voudrait probablement pas manquer aux lois de la guerre. CALINOS.
A la bonne heure, voilà nvA me rassuYe. Ah çà! mon cher,
VOUS disiez tout-à-l'heure que vous vouliez faire en sorte que le temps ne nous parût pas long; pour y parvenir, faites-nous servir à dîner : une volaille, du vin , et l'heure que nous avons à passer avec vous sera bientôt avalée. ( A part.) Ce sera autant de pris sur l'ennemi.
l'Étoile.
Ce serait avec grand plaisir que je vous satisferais; mais, voyez-vous , nous autres troupiers , nous n'avons pas de mets délicats à offrir; en campagne nous dînons avec du pain de munition, et pour notre dessert nous envoyons des balles k l'ennemi,
Ah ! vous tuez les ennemis pour votre dessert î eh bien • voilà des repas qui ne 5ont pas trës-nourrissans. Comment vous
n'avez pas même un verre de vin ^ Ç^ "le dégrise.
l'Étoile.
Ah? j'aperçois notre jolie vivandière; peut être aura-t-elle encore quelques verres d'eau - de -vie. Approche, ma petite Lauretta.
CALINOS.
Lauretta ! quel nom vient-il de prononcer! il retentit jusqu'au fin fond de mon coeur.