LES MÊMES, LE CAPITAINE RAYMOND
Eh bien ! capitaine!
RAYMOND
Colonel, les insurges osent nous propeser de lever le siège de Tarifa.
Quelle audace I
RAYMOND
Ce n'est qu'après avoir couru mille dangers que je suis parvenu à m'ëchappcr de leurs mains, et tout me porte à croire qi'C leur parlementaire n'a été envoyé dans notre camp , que pour tramer quelques complots avec des traîtres qui se trouvent parmi nous.
[En ce moment Pabulos , Gonzcdès et Pedro, paraissent au haut du fort en agilar.t le drapeau espagnol ; Calinos les aperçoit et profile du moment favorable pour s'esquiver.)
Messieurs, nous ne devons plus atlen^lre la reddition de la place, que de la force de nos armes. Nous alluKs attaquer! soldats! l'heure du combat a sonné! je ne vous ferai pas de harangue inutile. Le Prince généralissime a toujours les yeux fixés sur vous ^ vous êtes invincibles ; faites votre devoir.
{V attaque commence par les tirailleurs français contre des tirailleurs insurgés qui sont sortis de la place ; ceux-ci sont mis en juite. Les Français et les Espagnols royalistes se forment en bataille^ et font feu sur les insurgés qui défendent le fort Sainte-Catherine. Le colonel du 14* cfiasseurs commande et dirige tous les mouvcmens. Bientôt et à l'aide de barques qu'ils ont équipées à la hâte , les voltigeurs du 54* de ligne repoussent di'. la j&tée les rebelles qui la couvraient. Les chasseurs du 14" exécutent plusieurs charges brillantes sur l'ennemi , qu'ils erfoncent de toutes parts. En ce moment l'Etoile qui porte le guidon de son régiment eil attaque par quatre insurges j il en tue un,
enlève un autre de son cheval, et met les deux autres en fuite. Le feu redouble de part et d'autre; l'Etoile reparaît tenant dans ses bras r insurgé qu'il a enlevé el qu'il précipite dans les flots. Il va rejoindre son régiment , lorsqu'il est attaqué à Vimprovi&te et cerne par un gros a insurgés. Adossé contre un arbre, il défend son guidon tant avec la lance qu'avec son sabre. Blessé et respi-, rant à peine, il va succomber lorsqu'il aperçoit une barque attachée au rivage. Il rassemble le peu de forces qui lui restent, s'élance dans la barque, coupe le cable qui la retenait , et enve~ loppé dans son s^uidon, il s'éloigne prot( g^é par le feu des voltigeurs français. Fatigué d'une trop longue résistance , le colonel du 1/4* chasseurs ordonne l'assaut général. Alors la mer se couvre de barques chargées dt Français. Une xhaloupe canonnière rend la brèche praticable ; les Français s^j précipitent enfouie ; quelques-uns montent à l'assaut en se hissant sur les épaules les uns des autres ; les insurges, battus de tous côtés , s'élancent dans des barques pour échapper à la mort , et sont foudroyés par la batterie du fort que les Français dirigent contre eux. Le drapeau français flotte sur les murs du fort. Un sergent du 54* de ligne rapporte le drapeau espagnol que les insurges avaient pris à la garnison de Tarifa. )
LE COLONEL (lu 1 4* chasseurs.
( Remettant le drapeau au commandant espagnol royaliste. )
Je vous l'avais promis , monsieur; les Français vous le rendent. Vive le Roi 1
Tableau général.