‹ La prison du Mid-LothianChapitre 11 sur 93 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'exécution.

Et toi, enn-devie, ;;r.nndr divinité qni domines sur cette lillc (quand noua somme* à demi ivres), prppiire loi H m. u> délivrer de <e- noirs coquins de la ««rde urbaine. Kimm«i(,

Ï.B capitaine .lobn Porteous , nom mémorable dans l'histoire d'Edimbourg, aussi bien que dans les registres de la justice criminelle, était lils d'un habitant d'Edimbourg, qui s'efforça de lui apprendre son métier de tailleur; mais le jeune homme avait un goilt prononcé pour la dissipation, et finit par s'engager dans le corps écossais qui fut longtemps au service des États de Hollande, et qu'on appelait le corps scoto- hollandais. Il y apprit la discipline militaire, et étant revenu a Edimbourg, après avoir mené une vie oisive et vagabonde, les magistrats le chargèrent en I7i:>.

année si féconde en troubles , de discipliner la garde de la •ville , dont il fut ensuite nommé capitaine. Il ne dut ce grade qu'à ses connaissances militaires et à son caractère résolu et déterminé, car il passait pour un homme de mauvaise conduite, pour un lils dénaturé, pour un mari brutal. Toutefois il rendait de grands services dans si place, et sa rudesse autant que sa sévérité le refirent l'effroi des tapageurs et de

tous les perturbateurs de la paix publique.

La troupe qu'il commandait, forte d'environ cent vingt hommes, est, ou plutôt était divisée en trois compagnies. Elle était année, vêtue et organisée comme un corps régulier, et composée en grande partie de vieux soldats qui s'y enrôlaient parce qu'il leur était permis de travailler de quelque métier quand ils n'étaient pas de service. Ils étaient charges de maintenir l'ordre, de réprimer le tumulte et le vol dans les rues, enfin de faire une police armée et de surveiller dans toutes les occasions où l'on pouvait craindre quelque trouble ou quelque émeute*. Le pauvre Fergusson , (pie son inconduite mit souvent en rapport de plus d'une manière désagréable avec ces gardiens de la tranquillité publique, et qui parle d'eux si souvent qu'on pourrait l'appeler leur poète officiel, donne à ses lecteurs cet avis , dont sa propre expérience sans doute lui avait fait sentir l'importance :

(jcns qui revenez de la foire, Évitez l'escouade noire; De tels sauvages nulle part Ne sauraient frapper le regard.

Dans le fait, les hommes de cette garde, tous . nciens militaires encore assez vigoureux pour un tel service, et pour la plupart montagnards , n'étaient disposés , ni par leur naissance , ni par leur éducation, ni par leurs premières habitudes, à endurer patiemment les insultes de la populace et la pétulance insolente des écoliers débauchés ou des vauriens de toute espèce avec lesquels leurs fonctions les mettaient en contact. On peut ajouter que le caractère de ces vieux soldats était aigri par les outrages dont la populace les accablait en toute occasion , et il aurait eu souvent besoin

i. I.c lord-maire était commandant né et colonel de ce corps, qoi pouvait être porté à trois cents hommes si les circonstances l'exigeaient. Nul antre tambour que le leur ne pouvait battre dans High-Strcet , entre les Luckenbootbs et le Nclhcrbow, petites boutiques adossées à l'église Saint- Gilles.

d'être adouci par les paroles du poète que nous avons déjà cité :

Soldats, pour l'amour de vous-mêmes, Pour l'amour de l'Ecosse aux gâteaux succulents, Ne soyez point si durs envers tous ses enfanta;

Redoutez de longs analhemes :

Oue la hache du l.ochaher * , Que le fusil aux lugubres emblèmes,

Epargnant un sang aussi cher !

Les jours de fêtes particulièrement, une escarmouche avec ces vétérans était un divertissement favori pour la populace d'Edimbourg. Bien des gens qui liront peut-être ces pages , se rappelleront avoir vu de ces scènes auxquelles nous faisons allusion. Mais ce corps vénérable peut être regardé maintenant comme n'existant plus. Il a disparu graduellement comme les cent chevaliers du roi Lear. Les magistrats à mesure qu'ils se succédèrent, tels entre autres Gonerille et Regane, en diminuèrent successivement le nombre, après s'être fait cette question : «Qu'avons-nous besoin d'une garde de cent vingt hommes? Qu'avons-nous besoin de quatrevingts? Qu'avons-nous besoin de cinquante? » Enfin on en est presque venu à dire : « Qu'avons -nous besoin d'un seul ? » Cependant on peut voir encore çà et la le spectre d'un montagnard , à la barbe et aux cheveux gris , le visage couvert, de cicatrices , courbé par l'âge, la tête couverte d'un chapeau relevé à l'ancienne mode, bordé d'un ruban blanc au lieu d'un galon d'argent ; il porte un justaucorps, une veste et une paire de culottes d'un rouge sale; sa main flétrie est armée d'une arme ancienne appelée hache de Lochaber , es; èce de hallebarde à long manche, dent le fer est en forme de hache l'un côté et de crampon de l'autre3. Un tel spectre se traîne encore, si l'on ne m'a pas trompé, autour de la statue de Charles II, sur la place du Parlement : comme si la statue d'un Stuart était le dernier refuge

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