CHAPITRE XXIII
LA SOEUR TBMOIlT.
ïtès-excellent juge , une sentence... \..ons.
prcpnrrz vmis
Sniksi't ■m . /. Marnhauddi finis*.
Je n'ai nullement l'intention <lc décrire en détail les formes d'un procès criminel devant une cour d'Ecosse, et je ne suis pas sur non plus qu il me fût
SCOTT
possible d'en rendre compte d'une manière assez intelligible et assez exacte pour échapper à la critique de messieurs les avocats. Je me contenterai de dire que les jurés furent constitués , et que les débats continuèrent. La prévenue fut encore appelée pour répondre à l'accusation, et répondit de nouveau, înnocpnte , avec un accent aussi déchirant que la première fois.
L'avocat du roi appela alors deux ou trois témoins du sexe féminin, dont les dépositions servirent à prouver qu'elles avaient remarqué la situation d'Effie; qu'elles lui avaient fait part de leurs soupçons, et qu'elle avait nié constamment le fait dont elles l'accusaient, et quelquefois avec hauteur et colère. Mais comme cela se voit fréquemment , ce fut la déclaration de la prévenue ellemême qui nuisit plus que tout le reste à sa cause.
Dans le cas où cette histoire serait lue de l'autre côté des frontières , il peut être a propos d'informer le lecteur étranger , que c'est la coutume en Ecosse, lorsqu'on arrête une personne soupçonnée d'un délit quelconque, de lui faire subir un interrogatoire judiciaire devant un magistrat. Cet indii idu n'est obligé de répondre à aucune des questions qui lui sont faites, et peut garder le silence, s'il croit de son intérêt de le faire; mais toutes ses réponses sont mises par écrit . et , étant signées par lui et le magistrat, elles sont reproduites, si l'accuse est traduit en jugement. Il est vrai que ces déclarations ne sont pas regardées comme formant évidence par elles-mêmes, mais seulement comme admissibles en témoignage, et tendant à corroborer ce qui est considère comme évidence légale.
Malgré cette distinction un peu subtile, introduite par les hommes de loi pour concilier cette procédure avec leur règle générale, qu'un nomme ne peut pas rendre témoignage contre lui-même, il arrive pourtant fort souvent que rr< déclarations de Paccoeé le font condamner pour ainsi dire par sa propte
LA PRISON DU Louche. Le prisonnier , dans les premiers interrogatoires, a bien, il est vrai, le droit de garder le silence, mais il n'y a pas d'homme qui ne sente qu'en refusant de répondre à des questions justes et naturelles qui lui sont faites par l'autorité judiciaire, il donne contre lui de fortes préventions de culpabilité, et sera certainement mis en prison ; et il y en a peu qui puissent renoncer à l'espoir d'obtenir la liberté en expliquant leur conduite d'une manière spécieuse. Le prisonnier refuse donc très-rarement de faire une déclaration judiciaire dans laquelle pourtant, soit qu'il laisse trop paraître la vérité, soit qu'il y substitue un récit de son invention, il s'expose presque toujours à des soupçons et des contradictions qui ont une puissante influence sur l'esprit des jurés.
La déclaration d'Effie Deans avait été faite d'après d'autres motifs, et nous la rapportons ici dans les formes judiciaires , telle qu'on peut encore la trouver sur les registres des tribunaux.
La prévenue commence par avouer une liaison criminelle avec un individu dont elle désire cacher le nom x.
Demande. « Pour quelle raison gardez-vous le secret sur ce point?
Réponse. — Je n'ai pas le droit de blâmer la conduite de cet individu plus . que la mienne ; or, je suis prête à avouer mes fautes; mais je désire ne rien dire qui puisse compromettre les absents.
D. — Avez - vous avoué votre situation à quelqu'un , et vous êtes-vous occupée des préparatifs de votre accouchement?
R. — Non.
D. — Pourquoi avez-vous négligé de prendre les précautions que votre état rendait si nécessaires?
R. — La honte m'empêchait d'en parler à mes parents, et j'avais l'espoir que la personne dont j'ai parlé pour-
i. Nous rapportons cet interrogatoire par demande et réponse, pour éviter la fastidieuse répétition du texte anglais étant interrogée , déclare , qui revient à chaque instant, a. m.
voirait à mes besoins et à ceux de l'enfant.
D. — L'a-t-ilfait?
R. — Il ne l'a pas fait personnellement, mais ce n'a pas été sa faute; et je suis convaincue qu'il aurait fait le sacrifice de sa vie pour empêcher qu'il arrivât aucun mal à moi ou à l'enfant.
D. — Quelles sont donc les raisons qui l'ont empêché de tenir sa promesse? R. — II n'en a pas eu les moyens , étant lui-même alors dans l'embarras.
Je ne répondrai pas à d'autres questions de ce genre.
D. — Où avez-vous été depuis le moment où vous avez quitté la maison de M. Saddletree jusqu'au jour où vous retournâtes à Saint-Léonard chez votre père, et qui était la veille de celui où vous fûtes arrêtée?
R. — Je ne me le rappelle pas. »
Cette question ayant étç. uépétée , la prévenue répondit qu'çBSpfTen a qu'un souvenir confus, ayanjfeté très-malade à cette époque ; et à une troisième interrogation elle répondit :
«J'avouerai la vérité, dût-elle même me perdre, pourvu qu'on ne me demande rien sur le compte des autres.
Je conviens donc que j'ai passé cet intervalle de temps chez une femme de la connaissance de la personne dont il a été question , et chez laquelle il m'avait recommandé de me retirer pour faire mes couches. C'est chez elle que je suis devenue mère d'un enfant mâle.
D. — Comment s'appellecette femme?»
La prévenue refuse de répondre à cette question.
D. « Où demeure-t-elle ?
r R. — Je ne puis le dire avec certitude, ayant été conduite chez elle de nuit.
D. — Son logement est-il situé dans la ville ou dans les faubourgs?
Refus de répondre.
D. « Quand vous avez quitté la maison de M. Saddletree, avez-vous tourné à droite ou à gauche dans la rue? »
Même refus de répondre.
Z).»« Aviez -vous déjà vu cette femme
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avant d'aller chez elle d'après le conseil elle, et me rendis à Saint
qui vous en fut donné par la personne que vous avez refusé de nommer ?
R. — Je ne crois pas.
D. — Cette femme vous avait-elle été recommandée par la personne en question verbalement ou par un message?
R. — Je ne puis répondre à cette question.
D. — Votre enfant est-il venu au monde vivant?
R. — Oui , oui certainement, Dieu en est témoin !
D. — Est-il mort naturellement?
R. — Pas à ma connaissance.
D. — Où est-il maintenant?
R. — Je donnerais ma main droite pour le savoir, mais je n'espère pas en revoir jamais autre chose que les dépouilles.
D. — Quelle raison avez-vous de le supposer mort? »
Ici la prévenue se mit à pleurer amèrement et ne fit aucune réponse.
D. « La femme chez qui vous logiez était-elle une personne capable de vous donner du secours dans la situation où vous vous trouviez?
/{. pile en était capable sous le rapport des connaissances en chirurgie , mais c'était une bien méchante femme.
D. — Y avait - il quelque personne chez elle autre que vous deux ?
R. — Je crois qu'il y en avait une autre: mais la fièvre et l'inquiétude m'avaient tellement porté à la tt'te que je n'étais pas en état d'y faire attention.
D. — Quand l'enfant vous a-t-il été enlevé?
R. — J'avais, comme j'ai déjà dit, la lièvre, et je fus quelque temps d;tns le délire. Quand je revins à moi, cette femme me dit que mon enfant était mort. Je lui répondis que si cela était , il fallait qu'on l'eût assassine. Là dessus cette femme s'emporta et me traita .si durement que l'effroi me gagna; et, des qu'elle eut le dos tourne, je me traînai comme je pus hors de chez
Léonard aussi vite que mes forces me le permirent.
D. — Pourquoi n'avez-vous pas raconté votre histoire à votre sœur et à votre père, et n'avez-vous pas réclamé l'autorité pour faire faire des recherches dans cette maison sur votre enfant ?
R. — C'était mon dessein; mais je n'en ai pas eu le temps.
D. — Pourquoi cachez - vous en ce moment le nom de cette femme et le lieu de sa demeure ?»
Après avoir gardé le silence pendant un moment, la prévenue répondit :
/{. « En répondant à cette question, je ne réparerais pas le mal qui a été fait, et je pourrais être cause qu'il en arriverait davantage.
D. — Vous est-il jamais venu dans la pensée de vous défaire de cet enfant par la violence?
R. — Jamais! Dieu m'en est témoin comme j'espère un jour en sa miséricorde! »
En réponse à une seconde question du même genre, elle déclare qu'elle n'a jamais eu une telle intention tant qu'elle a eu l'usage de sa raison, mais qu'elle ne peut répondre des pensées criminelles que le malin esprit a pu lui suggérer pendant qu'elle était dans le délire. Enfin elle repondit à une troisième interrogation encore plus solennelle à ce sujet, qu'elle se serait laisse mettre en pièces par des chevaux furieux plutôt (pie de porter une main cruelle sur son enfant. La prévenue répond à une autre question (pie, parmi les mauvais propos que la femme chez qui elle était lui a tenus, elle l'a accusée d'avoir blesse son enfant pendant son délire ; mais la prévenue croit qu'elle n'avait (l'autre motif, en lui (lisant cela, <iue de l'effrayer et de la forcer à garder le silence.
/). » Que vous a dit encore cette femme dans cette occasion .'
/{. — Au moment où je demandais à
grands cris mon enfant d'une manière à attirer tous les voisins , cette femme me dit d'un ton menaçant que ceux qui avaient fait taire l'enfant sauraient bien me faire taire aussi si je ne me tenais tranquille. Cette menace et l'air dont elle fut faite me firent conclure qu'elle avait attenté à la vie de mon enfant, et que la mienne même était en danger : car cette femme , d'après ses manières et son langage, me parut capable de tout. »
Dans une autre occasion , la prévenue déclara que la fièvre accompagnée du délire lui a été occasionée par la manière soudaine dont de mauvaises nouvelles lui ont été annoncées ; mais elle refusa de dire de quelle nature elles étaient.
D. « Pourquoi ne communiquez-vous pas ces détails, qui pourraient peutêtre mettre les magistrats à même de s'assurer si votre enfant existe ou non? En persistant à vous taire sur ce point, vous exposez votre vie; vous laissez peut-être votre enfant dans les mains coupables auxquelles il est tombé, et dont on pourrait le tirer. D'ailleurs , le refus que vous faites maintenant de vous expliquer sur certains points dément l'intention que vous dites avoir eue de vous confier à votre sœur.
R. — .le ne puis douter que mon enfant ne soit mort; et d'ailleurs s'il vit, il existe un être qui veillera sur lui. Quant à ma propre existence, elle est entre les mains de Dieu qui sait à quel point je suis innocente de toute intention criminelle envers mon enfant. J'ai l'énoncé à la résolution que j'avais prise de tout découvrir en quittant le logement de la femme en question, par suite dune nouvelle qui m'est parvenue. »
Ici la prévenue déclare qu'elle est fatiguée, et ne répondra plus à aucune autre question pour le moment.
Dans un interrogatoire subséquent Euphémie Deans se conforma a la déclaration qu'elle avait déjà faite; seulement lorsqu'on lui montra une lettre
qu'on avait trouvée dans ses effets,
elle convint que c'était après l'avoir
reçue qu'elle s'était décidée à se livrer
aux directions de la femme chez qui elle
était accouchée. Voici le contenu de
cette lettre :
.< «Ma chère Effie,
« J'ai trouvé le moyen de vous faire parvenir cette lettre par une femme qui est en état de vous procurer l'assistance dont vous aurez besoin dans la situation où vous allez vous trouver.
Elle n'est pas tout ce que je désirerais qu'elle fût , mais je ne puis faire mieux dans ma position actuelle, et je suis obligé dans cette extrémité de lui confier mon sort et le vôtre. J'ai encore de l'espérance, quoique je sois réduit à une cruelle situation, mais la pensée est libre, et je me flatte que Handie Dandie et moi échapperons en- ; core au gibet malgré tout ce qui s'est passé. Vous allez vous fâcher de ce que je vous écris ainsi, mon petit Lis caméronien ; mais si je puis sauver nia vie pour l'employer à faire votre bonheur et à donner un père à votre enfant, vous aurez tout le temps de me gronder... Encore une fois, ne parlez à personne; mes jours dépendent de cette vieille ; elle est dangereuse et artificieuse, mais elle a plus d'invention et de ressource dans l'imagination que n'en eut jamais aucune sorcière , et elle a des motifs de m'être fidèle. Adieu donc, mon petit Lis; ne penchez pas la tête à cause de moi... Dans une semaine je serai tout à vous , ou j'aurai cessé d'être à moi-même. »
Suivait un post-scnptum : « Si je ne puis échapper à la mort, mon plus grand sujet de regret, dans cette dernière extrémité, sera le mal que j'ai fait à mon petit Lis. »
Effie refusa de dire qui lui avait écrit cette lettre, mais son histoire était assez connue pour qu'il parût certain qu'elle venait de Robertson, et, d'après la date, on vit qu'elle avait été écrite vers le temps où André Wilson, sur-
nommé par sobriquet Handie Dandie, et lui, méditaient la première tentative de fuite qui échoua , comme nous l'avons rapporté dans le commencement de cette histoire.
Les dépositions du ministère public étant terminées, l'avocat de l'accusée commença à produire celles qui venaient à sa décharge. Les premiers témoins furent examinés sur la réputation qu'avait la jeune fille. Tous s'accordèrent à en rendre le témoignage le plus favorable, mais surtout mistress Saddletree, qui déclara, le visage baigné de larmes, qu'elle avait toujours eu la plus haute opinion d'Effle , et que quand elle aurait été sa propre fille, elle ne lui aurait pas porté une affection plus sincère. La sensibilité de cette digne femme lui fit honneur, et tout le monde en parut touché, excepté son mari , qui dit tout bas à Dumbiedikes : <> Votre M. Michel Novit n'est qu'un novice en fait de témoins, à ce qu'il paraît. A quoi sert-il de faire venir une femme pour se lamenter et ennuyer les juges? c'était moi qu'il aurait dû faire citer, et je leur aurais fait une telle déposition qu'on n'aurait pu toucher à un seul cheveu de sa tête.
— Eh bien, ne pouvez-vous pas encore essayer? dit le laird; je vais faire un signe a Novit.
— Non, non, dit Saddletree, c'est inutile, voisin; ce serait une déposition spontanée, et je sais ce qui en arrive: mais Michel Novit aurait dû me faire citer debilo t empare. » Là -dessus, essuyant sa bouche avec son mouchoir de soie et d'un air d'importance, il remit l'attitude et la figure d'un auditeur intelligent et intéressé.
M. Fairbrother annonça alors en peu de mots qu'il allait faire paraître son témoin le plus important, et de la déposition duquel dépendail en grande partie l'issue de la cause. ■ Ou vient d'apprendre déjà, dit-il, par les témoins précédents quelle est ma cliente, et ces témoignages, rendus à son caractère
SCOTT
d'une manière si forte et même appuyée par des larmes , ont déjà excité l'intérêt unanime en sa faveur. Mais je suis obligé de fournir des preuves plus positives de son innocence que celles qui peuvent résulter de la bonne opinion et de la bienveillance qu'elle inspirait généralement, et je me flatte de les obtenir de la bouche même de la personne que la nature lui désignait pour conseil et pour guide, de sa sœur aînée. — Huissier, appelez JeanieDeans, fille de Davie Deans, nourrisseur de bestiaux à Saint-Léonard. »
Lorsqu'il prononça ces mots, la malheureuse accusée se leva en sursaut, et pencha la moitié de son corps en avant de la barre, du côté par où sa sœur devait entrer. Et lorsque Jeanie , qui suivait l'huissier d'un pas lent , s'avança jusqu'au pied de la table, Eflie, sur le visage de laquelle la confusion de la honte s'était effacée pour faire place à l'expression de la prière la plus ardente et la plus suppliante a la fois, les bras étendus, les cheveux rejetés en arrière, les yeux humides de larmes et fixés avec angoisse sur sa sœur , s'écria d'un ton qui pénétra jusqu'au cœur tous ceux qui l'entendirent : « O Jeanie, Jeanie 1 sauve-moi! sauve-moi! »
En proie à tant de sensations différentes , mais telles qu'on pouvait les attendre de son caractère fier et indépendant, le vieux Deans se retira en ce moment encore plus dans l'enfoncement du coin qui le cachait à tous les yeux ; de sorte que lorsque Jeanie, en entrant dans la salle d'audience, jeta un regard timide sur l'endroit où elle l'avait laissé assis, elle ne vit plus sa vénérable figure. Il était assis de l'autre côté de humhiedikeset tordait ses mains en disant : ■ Ah, laird! voici le moment fatal... Si je puis seulement surmonter l'effroi de ce moment !.. Je sensquematètea
des vertiges; mais le Seigneur viendra «a
secours de la faiblesse de son serviteur.» El après une courte prière mentale, il se releva de nouveau , comme incapable de rester long-temps dans une même
LA PRISON DU position , et finit par se remettre à la place qu'il venait de quitter.
En même temps, Jeanie s'était avancée jusqu'auprès de la table; là, hors d'état de résister à l'impulsion de tendresse qui l'entraînait, elle tendit tout à coup la main à sa sœur. Effie était à une distance qui lui permit de la saisir; elle la retint dans les siennes, la porta à sa bouche, la couvrit de baisers et de larmes , avec cette ferveur de tendresse que montrerait un catholique au saint tutélaire qui descendrait du ciel pour le sauver. Pendant ce temps , se couvrant le visage de la main qui restait libre , Jeanie pleurait amèrement. Ce spectacle aurait attendri le cœur le plus insensible; les spectateurs étaient profondément émus. Il y en eut beaucoup qui versèrent des larmes, et il se passa quelque temps avant que le président luimême pût assez maîtriser son attendrissement pour engager le témoin à se calmer , et l'accusée à s'abstenir de ces marques d'affection qui , toutes naturelles qu'elles étaient , ne pouvaient être permises dans ce moment et devant une telle assemblée.
Le juge lui lit ensuite prêter le serment solennel de dire la vérité et de ne rien cacher de tout ce qu'elle saurait ou de tout ce qui lui serait demandé au nom de Dieu , et de répondre comme elle répondrait à Dieu le jour du jugement; serment redoutable qui manque rarement de faire impression sur les hommes les plus endurcis, et qui pénètre de crainte même les plusjustes. Jeanie, élevée dans une profonde vénération pour le nom et les attributs de la Divinité, fut remplie d'une émotion de respect par la solennité de cet appel direct au Créateur et a sa justice; mais en même temps elle se sentit élevée au-dessus de toutes les considérations humaines , excepte celles qui ne craignent pas les regards de l'Éternel. Elle répéta la formule d'une voix basse, mais distincte, après le juge; car c'est à lui, et non à aucun oflicier les cours
de justice, en Ecosse, qu'est assù