CHAPITRE II
LhS DEUX CONDAMNÉS.
Quiconque a été à Paris doit connaître la Grève, lieu fatal à plus d'un brave malheureux, où l'honneur et la justice contribuent à terminer )es peines d'un héros, au moyen d'une corde et d'un fiihet. Là la mort brise des chaînes imposées par la force, et le bourreau achevé ce que lejuxea commencé. l'uni.
A lirai: koi s l'Angleterre avait son Tyburn, où l'on conduisait en procession solennelle les victimes condamnées par la justice, en montant le chemin qu'on appelle aujourd'hui Oxford-Rond1.
A Edimbourg, une large rue, ou plutôt une place oblongue , entourée de maisons élevées, appelée Grass-Market, avait la même destination. L'emplacement était bien choisi, car il était vaste et pouvait contenir le grand nombre de curieux qu'attire ordinairement ce triste spectacle. D'un autre côté, presque toutes les maisons qui l'entourent n'étaient habitées définis déjà fort long-temps que par des liens de la basse classe; de manière que tons ceux que ces scènes pénibles choquaient, ou affectaient profondément, pouvaient les éviter. Les maisons de Grass-Market sont en général •d'une architecture peu remarquable; et cependant la place elle-même ne manque pas d'un certain caractère de grandeur, étant dominée au sud par les vastes masses de- rochers sur lesquels s'élève le château , et par les tours et les remparts couverts de mousse de cette antique forteresse.
Otait sur cette esplanade que se faisaient les exécutions publiques, il y a environ trente ans. Un énorme gibet noir, élevé a l'extrémité orientale de la place, annonçait aux passants le jour fatal. Cette sinistre machine était d'une