‹ La prix de la graceChapitre 102 sur 221 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Il faut estimer la grâce, parce qu'elle est la plus grande dignité de la créature, plus excellente même que ne serait en soi la maternité divine, si cette auguste dignité pouvait exister autrement que par la grâce.

Comparons encore cette participation de la nature divine que nous procure la grâce avec les choses qui approchent le plus près de Dieu , avec celles dont la dignité est plus grande au ciel et sur la terre. Nous verrons ainsi comment la grâce les surpasse toutes ; comment, sans la grâce, tout ce qu'il y a de plus excellent ne mérite que bien peu d'estime, en comparaison de cette participation divine dont on doit faire plus de cas que de toutes les excellences qui ont pu exister dans de pures créatures, soit humaines, soit angéliques, y compris la Mère du Sauveur. Moïse, Samuel , David , Élie , Jean-Baptiste furent tous bien près de Dieu ; tous furent choisis par la sagesse éternelle pour de grands ministères ; ils furent associés à l'œuvre divine, et plusieurs eurent le pouvoir de faire des miracles. Mais toutes ces dignités , bien que fort élevées et données de la main du Seigneur , ne sont que très-peu de chose , si on les compare avec le moindre degré de grâce. La dignité de Moïse et de David fut grande ; ils étaient les gouverneurs et les princes du peuple de Dieu. Celle de Samuel et d'Élie, dont la mission était de consacrer des rois et des prophètes, ne fut pas moins grande. Grande aussi fut celle de Jean- Baptiste , le précurseur du Fils de Dieu , qui , comme s'il eût été son père spirituel, eut l'insigne honneur de le baptiser dans le Jourdain. Mais tout cela est peu de chose en comparaison de la grâce ; la grâce est au-dessus de toutes, ççs dignités, Lç Seiçnçur nous l'a fait entendre

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