‹ La prix de la graceChapitre 16 sur 221 · XXI! PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXI! PRÉFACE

Marguerite de Savoie , cousine du roi Ferdinand IV et petite fille de Ferdinand II , fut lorfgtemps sa pénitente. A la fin , son humilité que les honneurs rendaient toujours malheureuse , le porta à remettre cette princesse entre les mains d'un autre Père de la Com pagnie de Jésus. Il prétexta selon son habitude sa santé si frêle.

Cet homme de Dieu ne regardait à aucune peine quand il s'agissait de consoler une âme. C'est ainsi qu'un jour assistant au lit de mort une dame de qualité qui tremblait à la pensée des jugements de Dieu , et ne pouvant ramener le calme dans son cœur cruellement torturé, il s'offrit à souffrir ici-bas pour elle les peines qui lui étaient réservées dans le Purgatoire. Dieu accepta son sacrifice ; la pieuse femme vit tout à coup s'évanouir ses craintes, et à partir de ce moment le Père Nieremberg eut à endurer des douleurs qui étaient au-dessus de la science des médecins , et que son historien , témoin oculaire , déclare ne pouvoir être comparées qu'aux tourments des martyrs. Après quinze années passées dans de cruelles infirmités, le Père Nieremberg fut averti par le ciel de sa mort prochaine. Il reçut pieusement les sacrements, et on lui fit plusieurs fois les prières de la recommandation de l'âme. Il écrivit jusque sur son lit de mort. « Je parle comme témoin oculaire , dit son biographe , et j'assure qu'ayant le crucifix entre les mains, et quand on lui disait la prière des agonisants , il dictait à un secrétaire de saintes méditations qu'on devait porter à l'imprimerie. » Il a laissé quarante-sept livres impri-

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