PRÉFACE. XXI
Indes et y répandre son sang pour la conversion des infidèles. On ne lui permit pas de quitter l'Espagne ; et c'est seulement dans les montagnes de Tolède qu'il alla durant l'hiver se consacrer au salut des âmes. Il prêchait plusieurs fois par jour, enseignait le catéchisme, passait souvent quatorze heures au confessionnal, visitait les «malades, les prisonniers, et « remettait, dit son biographe, tout ce monde sur le chemin du ciel ». Il réussissait partout merveilleusement, grâce à la Sainte Vierge « dont il savait s'assurer le maternel concours » , et aux anges gardiens qui l'aidaient « comme s'ils eussent été les compagnons de sa mission ».
Rappelé au collège de Madrid , il y fut longtemps occupé à l'enseignement, et il continua de composer d'admirables livres. Les missions auxquelles il lui avait fallu renoncer lui demeurèrent toujours chères. Il encourageait de toutes ses forces les Pères missionnaires, écrivait pour eux de petits livres à F usage des fidèles, et les aidait avec une merveilleuse diligence de ses ferventes prières. Au reste , tout en enseignant, et en tenant la plume, le Père Nieremberg trouvait encore du temps pour donner ses soins aux âmes. Il entendait les confessions et prêchait dans la ville et à la cour. La Sainte Vierge et les saints lui adressaient souvent des pécheurs d'une manière miraculeuse. Un grand nombre d'âmes pieuses recouraient aussi à son ministère. On venait le consulter de toutes parts, et ses paroles étaient reçues comme si elles fussent sorties de la bouche même de Jésus-Christ.