CHAPITRE DIXIÈME
De l'admirable union avec Dieu , les saints et les anges produite par la grâce, qui fait de l'àme un même esprit avec l'Esprit divin.
Les biens et les grandeurs de la grâce sont si extraordinaires qu'ils se surpassent tous les uns les autres, de telle sorte que, si vous considérez chacun d'eux à part, vous jugez qu'il est le plus grand ; car chacun est tel qu'il semble impossible que l'autre l'égale; et lorsqu'on en signale d'autres après, ceux-ci paraissent toujours plus grands; et le dernier semble plus grand que tous, parce qu'il excite une nouvelle admiration. Même après les choses admirables , après les biens incomparables que nous a\ ons découverts jusqu'ici dans la grâce, qui donc ne serait ravi d'entendre dire à l'Apôtre que celui qui s'approche de Dieu par la grâce est un même esprit avec lui? Est-il une grandeur supérieure à celle-là ? Et le cœur humain peut-il aspirer à quelque chose de plus haut qu'à être un avec Dieu, et un même esprit avec lui? C'est un si grand bien que le Fils de Dieu l'a exalté en employant les termes les plus forts. Voici les paroles qu'il a adressées à son Père au sujet de ceux qui sont en état de grâce : « Je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un. Je suis en eux et vous en moi, afin qu'ils soient consommés en l'unité 1 . » Et, peu avant, il dit qu'il a beaucoup et très «particulièrement prié pour qu'ils soient tous une même chose : « Comme vous , mon Père , vous êtes en moi et moi en
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