‹ La prix de la graceChapitre 23 sur 221 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Définition de la grâce. — Inestimables trésors qu'elle renferme

Pour procéder avec plus de clarté dans l'étude de la grandeur de la' grâce que Notre -Seigneur Jésus -Christ nous a méritée par son sang, il faut remarquer que ce nom de grâce de Jésus-Christ se prend pour ces dons et ces faveurs dont notre nature était indigne, et dont elle a été privée par le péché; faveurs auxquelles aucun être dans Tordre de la nature n'a eu et n'aura jamais de droits, et qui nous font mériter la béatitude éternelle. Tantôt ce nom de grâce signifie les secours dont Dieu nous prévient au moyen, de saintes pensées, et aide notre âme à faire des bonnes œuvres : les théologiens l'appellent grâce actuelle, parce qu'elle est donnée pour le moment présent. Tantôt elle signifie un don divin et une qualité permanente que Dieu répand dans l'âme, et qui nous rend agréables à ses yeux, nous fait ses amis, ses enfants : on l'appelle grâce habituelle, parce qu'elle demeure dans l'âme, comme les autres habitudes. L'une et l'autre grâce sont admirables; l'une et l'autre sont d'un prix inestimable, car toutes les deux elles ont coûté le sang du Fils de Dieu. L'une et l'autre s'appellent quelquefois grâce sanctifiante, ou grâce de sanctification, parce que l'une est la sainteté de l'âme, et l'autre y dispose et la fait acquérir, ou elle l'augmente.

Des exemples pris dans les choses de l'ordre matériel pourront nous faire comprendre la différence et les rapports qu'il y a entre la grâce habituelle et la grâce actuelle.

Page 1