‹ La prix de la graceChapitre 37 sur 221 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

On doit avoir une profonde estime pour la grâce , parce qu'elle est l'œuvre de la justification , la plus grande des œuvres de Dieu.

Voici ce que nous avons vu jusqu'à présent : la grâce est supérieure à la nature; elle est plus grande que toutes les œuvres de la création; elle surpasse toutes les œuvres miraculeuses; par sa grandeur, elle remporte sur les œuvres que Dieu a faites dans les créatures.

Toutefois, bien qu'elle soit une œuvre si grande, une œuvre de la toute-puissance souveraine, une œuvre supérieure à tous les miracles, elle n'est pas une œuvre miraculeuse. Nous verrons bientôt en cela un motif pour l'estimer et l'apprécier davantage.

Mais , tout d'abord, il convient d'appuyer sur l'autorité du Docteur angélique ce que nous avons dit d'une manière sommaire. Saint Thomas, après avoir enseigné que la grâce est la première chose qui entre dans la justification du pécheur, demande si elle est la plus grande des œuvres de Dieu. Il résout la question affirmativement, vu la grandeur de l'œuvre : « Une œuvre, dit- il 1 , peut être appelée grande, par la grandeur de ce qui est fait; et en ce sens, la justification du pécheur, qui a pour terme le bien éternel de la participation divine, est une œuvre plus grande que la création du ciel et de la terre, qui a pour terme le bien de la nature muable. » Et ainsi (saint Augustin, après avoir dit que faire d'un pécheur un juste était une plus grande chose que créer le ciel et la terre, ajoute 2 : « Il en est ainsi, parce que le ciel et la

1 I, n, q. 113, art. 9.

* Tract. 72 in Joan.

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