‹ La prix de la graceChapitre 64 sur 221 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Comment, par la participation de la nature divine, la grâce est tout l'être

et une plénitude de perfection.

Nous venons de voir quel être la grâce nous donne: être sublime, incomparable. Aussi l'Écriture, non contente de nous apprendre que dans la grâce est l'être véritable et dans le péché l'anéantissement de l'homme, ne cesse d'exalter les justes de mille manières, de les combler des titres les plus magnifiques, et de déprécier, d'abaisser l'être des pécheurs qui s'amoindrissent et se ruinent euxmêmes en péchant. Ici elle les désigne sous le nom de paille, parce que de même qu'une poignée d'épis battus se réduit en paille destinée à être jetée au feu, ou à servir de pâture aux animaux, tant cet objet est commun, méprisable et de peu de valeur; ainsi celui qui perd la grâce s'amoindrit, s'avilit et n'est bon qu'à être jeté en pâture à l'enfer. Là elle les appelle poussière, pour dire combien ils se diminuent et se ruinent; car aucune autre chose ne le peut mieux exprimer; quoi de plus petit et de moins de consistance que la poussière? Ailleurs, pour donner à entendre non-seulement leur pauvreté, leur anéantissement, mais encore leur bassesse et tout ce qu'ils ont de méprisable, elle les compare au fumier. Dans d'autres passages, pour montrer le tort qu'ils se font, en dehors de leur pauvreté si grande, de leur bassesse, elle les nomme des vermisseaux empoisonnés et dégoûtants, êtres nuisibles autant que vils et abjects. Enfin, pour montrer qu'il y a en eux le plus grand mal qu'on doive craindre, elle les compare à la mort, parce que la mort est

Page 1