‹ La prix de la graceChapitre 79 sur 221 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

On doit avoir pour la grâce une grande estime , parée qu'elle est une participation de la sainteté et de la bonté infinie de Dieu.

Selon d'autres docteurs 1 scolastiques , cette participation de la grâce à la nature divine consiste dans la participation à la sainteté et à la bonté de Dieu , dont la nature est si substantiellement et essentiellement sainte et bonne que tout péché, toute action mauvaise lui répugne; la vertu et Je pouvoir de faire toute chose bonne et parfaite lui appartiennent, nécessairement. Ainsi, la grâce, étant une participation de cette divine sainteté , de cette impeccabilité et de cette bonté adorables de Dieu , rend l'homme qui la possède saint et bon; elle est la racine d'oeuvres saintes et parfaites, et jamais elle n'en produit de mauvaises. Le Docteur angélique semble partager cette opinion , quand il dit que la participation de la nature divine a lieu par la ressemblance à la bonté de Dieu 8 . Il enseigne ailleurs que la grâce est au-dessus des autres natures, parce qu'elle est une participation à la bonté divine*. Rodolphe de Flavia explique en ce sens le passage du Lé vi tique dans lequel Dieu dit du prêtre : » Soyez saint comme je suis saint. * Ici , dit-il , Dieu nous invite à reproduire en nous ?a divine ressemblance en participant , conformément au témoignage de saint Pierre, à la nature divine. Cette excellence de la grâce est peutêtre la plus grande dont nous ayons parlé jusqu'ici. C'est

1 Joan. Ripalda, Tract, de gralia, disput. II , sect. il. » 3 p. q, 3, art. 4 , ad 3.

3 1-2, q. 110, art. 2, ad 2.

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