‹ La prix de la graceChapitre 80 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE ONZIÈME

beaucoup d'être au-dessus de la nature , beaucoup d'être le plus grand des miracles, beaucoup de participer à l'être divin et d'être tout être et toute plénitude ; c'est beaucoup de communiquer dans un degré souverain un être très-pur et très-intellectuel; c'est beaucoup d'être la racine , la cause de la béatitude , et de conférer le droit à l'éternel bonheur. Mais il y a quelque chose qui dit plus que tout cela : la grâce est la sainteté, parce qu'elle participe à la sainteté et à la bonté infinie de Dieu , et il n'y a pas non plus en Dieu une plus grande chose que sa sainteté. Il y a en Dieu une sagesse infinie; il y a la toute-puissance, l'immensité, l'immutabilité; en lui se trouve une souveraine simplicité , une indépendance absolue de toute cause; il est la cause des causes; ses autres attributs sont également infinis. Toutes ces choses sont des perfections admirables; mais toutes, sans la sainteté , — si la sainteté pouvait être séparée d'elle >, — ne méritent pas une si grande estime; et elles toutes, bien que nombreuses et fort grandes , ne pourraient être échangées contre sa sainteté. Mais comme en Dieu il n'y a pas de chose qui ne soit tout ce qu'on peut imaginer de plus parfait, la sainteté sanctifie tous les attributs divins ; elle réside dans chacun d'eux, et elle domine toutes ses infinies perfections. La nature même de Dieu est sainteté. Sa toute-pnissance est sainteté. Sa. sagesse est sainteté. Tout ce qu'il y a en Dieu est sainteté. La sainteté consacre tout, parce que tout ce qu'il y a en Dieu doit être inestimable , incomparable ; et si la sainteté lui manquait , il lui manquerait une incomparable excellence. De même , en effet, que, parmi les dons de Dieu participés, le plus grand est celui de la sainteté , et que , de la sorte , ni la sagesse, ni la puissance, ni la grandeur humaine ne doivent être estimées auprès de la sainteté et de la vertu, parce qu'elle seule vaut plus que tous les autres dons naturels; ainsi, parmi les grandeurs et les attributs de

Dieu qui peuvent être participés, le plus grand — si Ton peut dire que, parmi des choses infinies, il y en ait une plus grande que les autres — est celui de la sainteté , par lequel Dieu est plus spécialement au-dessus de toute nature,

La sainte Écriture nous explique tout cela par deux visions remarquables : la première est celle du prophète ïsaïe; la seconde, celle de l'évangéliste saint Jean.

Le prophète Isaïe ' dit qu'il vit le Seigneur assis sur un trône majestueux , sublime et élevé , et que ce qui était au-dessous de Dieu remplissait tout le temple, c'est-à-dire le ciel. Il vit en même temps des Chérubins ayant chacun six ailes, deux dont ils voilaient leur face, deux dont ils voilaient leurs pieds , et avec les deux autres ils volaient. Ils se criaient l'un à l'autre , et disaient avec l'accent de la plus grande admiration : Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées.

Saint Jean l'Évangéliste 2 décrit avec plus de détails la majesté avec laquelle Dieu lui apparut. Il dit que le Seigneur était assis sur un trône ressemblant à une pierre de jaspe et de sardoine, et qu'il y avait autour du trône un arc-en-ciel semblable à une émeraude. Autour du trône divin , il y avait vingt-quatre sièges sur lesquels se tenaient vingt-quatre vieillards couronnés comme des rois et vé^us de robes blanches. Il sortait du trône de Dieu des éclairs , des tonnerres et des voix ; et il y avait devant le trône sept belles lampes allumées , qui sont les sept esprits de Dieu. En face de ce trône , il y avait une mer transparente comme du verre , et claire comme du cristal ; et au milieu, vis-à-vis du trône divin et alentour, il y avait quatre esprits des plus sublimes , sous la forme d'animaux , tous pleins d'yeux devant et derrière , et par tout le corps. Le premier ressemblait à un lion , le second à un veau , le troisième avait le visage comme celui d'un homme, le

1 Is., VI.

• Apoc, iv.

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