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Deux bataillons de chasseurs ont leurs dépôts en Algérie

2. Deux régiments de cavalerie légère ont leurs dépôts en Algérie.

d. 4 compagnies de dépôt du génie, à 500 hommes,

2000 hommes.

è. 8 compagnies de remonte, 10 compagnies d'armuriers

et 4 d'artificiers, environ 6000 hommes. j 7 batteries de canonniers sédentaires du Nord : 4 à

Lille, 3 à Yalenciennes.

Total 200000 hommes environ.

Mais ces troupes ne sont pas mobilisables : il faut, au contraire, qu'elles restent où elles sont stationnées, afin de recevoir les recrues de la région. Celles-là seulement pourraient être comptées comme forces effectives, qui se trouveraient sur la portion du territoire envahi par l'ennemi. En cas de guerre offensive elles ne seraient d'aucune utilité. On en peut dire autant de la gendarmerie départementale (forte de 21,000 hommes), d'une portion des douaniers et des chasseurs forestiers. En temps de guerre les douaniers (23,000 hommes) et les forestiers (4,200), passent sous les ordres du ministre de la guerre. Ces corps se divisent alors en deux portions dont le service n'est pas clairement défini. Les compagnies dites actives doivent « seconder les opérations de l'armée active » ; les compagnies dites territoriales doivent appuyer « les opérations de l'armée territoriale ». Mais le service de l'armée territoriale ressemble tout à fait à celui de l'armée active. On doit vraisemblablement conclure des termes obscurs de la loi, que les compagnies territoriales serviraient sur les lieux mêmes où elles fonctionnent en temps ordinaire, et que les autres pourraient être portées sur tous les points du territoire. Les gendarmes, les

compagnies dites territoriales de douaniers et de forestiers qui se trouveraient sur la portion du territoire envahi, pourraient seuls se joindre soit aux garnisons des places, soit aux troupes opérant dans le voisinage de leur point d'attache. On ne peut donc évaluer exactement le nombre de toutes ces troupes, — dépôts, gendarmes, forestiers et douaniers, — que l'ennemi aurait à combattre en cas d'invasion.

Comme troupes mobiles de seconde ligne, susceptibles d'être portées sur tous les points du territoire, on aurait :

a. 45 batteries à pied des dix-neuf régiments d'artillerie di-

visionnaire1, 6 à 7000 hommes.

b. 40 compagnies et 12 sections de chasseurs forestiers,

2500 hommes.

c. 30 à 40 compagnies de douaniers de 3 à 4000 hommes, car il serait très dangereux pour les finances d'affaiblir de plus d'un cinquième le cordon douanier.

Soient tout au plus 12 à 13000 hommes.

Il resterait bien encore la gendarmerie mobile de la Seine (un bataillon et un escadron,) la garde de Paris (3 bataillons et 6 escadrons) : 4,000 fantassins et 1,000 cavaliers de première qualité, toujours sur le pied de guerre, toujours prêts à entrer en campagne. Mais il est plus que probable qu'on les retiendrait à Paris pour « maintenir l'ordre ». Dans une ville comme Paris, lorsqu'elle veut se soulever, 3,000 hommes sont exactement la même chose que

i. 12 batteries h pied sont détachées en Algérie.

rien; tandis que Ton pourrait tirer pour l'armée un parti précieux de ces 5,000 soldats d'élite, rompus au métier des armes.

Dans plusieurs pays, par exemple en Allemagne et en Russie, il existe des bataillons, des escadrons et des batteries & instruction. Ces corps, dissous en temps de guerre, deviennent une réserve de sousofficiers pour l'armée active. Napoléon avait formé dans le même but quelques bataillons de vélites, pépinières de sous-officiers. Aujourd'hui la formation des cadres de sous-officiers est une des plus graves préoccupations des hommes de guerre de tous les pays. En France, malgré les avantages pécuniaires qu'on leur offre, les sous-officiers se rengagent peu : la chose qui tente le plus leur légitime ambition, l'épaulette, est chaque jour systématiquement rendue moins accessible à ceux qui ne sortent pas des écoles. Bientôt le seul moyen d'avoir des sous-officiers sérieux sera d'abolir les écoles militaires proprement dites et de leur substituer des écoles d'application où l'on n'entrera qu'après avoir acquis l'épaulette par un stage dans le grade de sous-officier. Sans même aller jusque-là, si le séjour dans les rangs comme simple soldat, comme caporal ou comme sergent, donnait des facilités de plus en plus grandes, suivant l'élévation du

grade, aux candidats à Saint- Cyr et à l'Ecole polytechnique, on verrait les jeunes gens qui se destinent à la carrière des armes rechercher avec empressement les sardines de laine ou les galons d'or. Que chaque grade recule d'une année la limite d'âge

pour l'admission et donne quelques points de plus aux examens, les sous-officiers ne manqueront pas tant.

Pour l'instant, ils manquent et les corps destinés au « maintien de l'ordre » à Paris pourraient en temps de guerre rendre à la patrie des services plus importants que celui de rassurer les gouvernants : ce serait de fournir à chaque corps d'armée 2S0 sous-officiers de premier choix. Il va sans dire que je n'ai pas la plus légère raison d'espérer qu'il en sera ainsi, et je classe sans, hésiter comme nonvaleurs le corps le plus solide de l'armée française.

En cas de grande guerre européen ne, la France africaine ne pourrait pas rester dégarnie. Elle aurait pour se protéger :

a. Armée active :

Le régiment étranger, 4 bataillons, 2600 hommes.

L'infanterie légère d'Afrique, 3 bataillons .... 4100 »

4 compagnies de fusiliers de discipline, 1 de pionniers) 1500 »

Total . 8200 fantassins.

3 régiments de spahis, 18 escadrons, 3500 cavaliers. 12 batteries (détachées de France). . . 1800 hommes.

4 compagnies du génie (détachées), 1000 »

Total . 14500 hommes.

b. Troupes de dépôt :

1 3 compagnies (8 de zouaves, 3 de tur-

cos, 2 de chasseurs à pied). . . . 6500 hommes. 4 ou 8 escadrons de chasseurs d'Afrique 800 à 1600 )>

2 escadrons de hussards 400 »

Total. . .... 8500 hommes.

g. Une légion de gendarmerie, trois escadrons de forestiers, trois compagnies de douaniers, 1500 hommes. En tout . . . 24 à 25000 hommes.

L'armée territoriale d'Algérie comprendra :

8 bataillons de zouaves, à 4 compagnies ; 1 bataillon et 1 compagnie de chasseurs à pied ; 4 escadrons de chasseurs d'Afrique ; 13 batteries.

Cela devrait faire 11,800 hommes et en ferait peut-être 7 à 8,000 si les cadres existaient; mais en Algérie la formation de l'armée territoriale n'est guère plus avancée qu'en France.

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