‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 12 sur 90 · kilos · texte numérisé non relu

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Comme on le voit, par Texamen de ce tableau, les exportations deviennent de plus en plus importantes.

Nouvelle-Calédonie. — La Nouvelle-Calédonie se trouve précisément située à la niême latitude que les meilleures régions de culture du café au Brésil. Il n'est donc pas étonnant qu'on ait songé à y introduire cette culture. Mais nous croyons que les planteurs feraient bien de rechercher des altitudes de 200 à 300 mètres au moins dans les régions montagneuses pour installer leurs plantations.

Les premiers essais de plantations de café furent faits, il y aune trentaine d'années, par des colons qui s'établirent sur la côte est, dans les vallées deCanala et de Nakéty. Les résultats furent très satisfaisants ; malheureusement, comme les colons manquaient d'expérience, on étendit les cultures au hasard, en lies régions où le café n'avait aucune chance de réussite, et quelques déboires vinrent décourager momentanément les lionnes volontés.

La question des arbres d'abri fut assez longue à résoudre, car le caféier en plein soleil produit beaucoup, mais il dépérit

promptement. Après avoir employé sucessivement le Pignon d'Inde (Curcas purgans), les bananiers et divers arbres indigènes, les planteurs adoptèrent définitivement le bois noir {Acacia Lebbeck), dont la végétation est très rapide et qui fournit avec ses feuilles un excellent engrais pour le caféier. En 1894, on comptait près de 1,600 hectares plantés, et l'exportation s'élevait déjà à une valeur de 500,000 francs environ. D'après le tableau général du commerce, la France a reçu .70,700 kilogrammes de café de la Nouvelle-Calédonie, en 1894; les exportations de café se sont élevées à 207,681 kilogs en 1896, à 253,499 kil. en 1897 et à 341,689 kil. pour 1898. La production est donc en croissance très nette.

La plus grande difficulté que rencontreront les colons à la Nouvelle-Calédonie résultera de la rareté et par conséquent du prix élevé de la main-d'œuvre. C'est une circonstance dont il faut tenir grand compte car elle constitue un sérieux obstable à la création de grandes plantations.

Le café de la Nouvelle-Calédonie est apprécié par ceux qui ont pu en faire usage ; malheureusement il n'atteint pas sur le marché français la valeur marchande à laquelle il pourrait prétendre. Les prix de vente sur place n'ont, pas atteint 2 fr. le kilog pendant la saison 1898, ce qui paraît insuffisant pour un pays où la main-d'œuvre est particulièrement rare et onéreuse.

Tahiti. — H y a environ 30 hectares cultivés en café. La production est utilisée pour la consommation locale et une très faible partie est expédiée en France (39 kil. 500 en 1898).

bide française. — Le caféier n'est cultivé que dans quelques jardins à Pondichéry et àKarikal. Sur les montagnes de Salem, le caféier prospère assez bien et les cafés de cette région sont amenés à Pondichéry sous le nom de cafés de Salem. Ce café est employé pour la consommation locale et le surplus est expédié en France où il est estimé et bien classé.

Les lots sont de 2S livres anglaises ou 11 kilogr., 338, valant 15 à 18 roupies (1893).

D'après l'Annuaire de la colonie, pour 1898, les exportations de Pondichérj ont été de 388 sacs en 1897, contre 190 en 1896. Ce café a été expédié à Vîle Maurice en 1897.

Indo-Chine. — On a déjà établi un certain nombre de plantations de café en Indo-Chine. Des essais récents de culture du caféier de Libéria donneront peut-être de bons résultats.

En Annam, les villages indigènes, récemment reconstitués dans la partie montagneuse de la province de Nghé-An, ont reçu de l'administration, en 1898, plus de 4,000 pieds de Libéria, pour établir des plantations. M. Paris a organisé près de Tourane une plantation qui comprenait déjà, en 1898, plus de 12,000 caféiers.

La culture du caféier ne se développe pas seulement au Tonkin et en Annam; elle gagne aussi du terrain en Cochinchine, où le Libéria paraît donner de bons résultats. Il existe, des plantations dans l'arrondissement de Chaudôc en particulier.

Réunion. — En 1717 ou 1718, la Compagnie française des Indes envoya à Bourbon quelques plants de café Moka. Un seul pied avait survécu en 1720 ; mais il produisit une si abondante récolte, cette année-là, qu'on put mettre au moins 1S,000 graines en terre. Quelques années plus tard, on entreprenait de grandes plantations.

Malgré un ouragan qui dévasta les plantations, en 1806, la culture était prospère dans notre colonie, au commencement de ce siècle. Elle n'a fait que décliner depuis ce moment :

Production :

1817 3,000 tonnes.

184ri 665 —

Le tableau suivant, fourni par TAnnuaire de la colonie, nous renseigne sur les exportations depuis 1871 :

Moyenne

annuelle

tonnes

Pour Tannée 1897, les exportations de la Réunion se sont réparties comme il suit :

Pour la France Pour l'étranger

Total

81,911 kilogrammes.

84,194 kilogrammes

C'est le port de Nantes qui eh reçoit la plus grande partie.

Le Coffea maiiriliana Lam. (vulgairement café marron) est un arbuste commun dans les bois, de 200 à 1,200 mètres d'altitude; la baie estoblongue, arrondie à Textrémité, étroite à la base. Les graines servent aux mêmes usages que celles du Co/fea arabica auxquelles on les mêle quelquefois ; mais les effets physiologiques sont plus prononcés.

Le Coffea arabica L., introduit dans le pays, y est culjlivé. Il en existe deux variétés : l'une, dite Café du pays^ à graine ovale (café rond du commerce) et Tautre, le Café Leroy, à graine

ftl LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTIÈRE

ailongcc (café pointu). C'est le café du pays qui possède Tarome Ii^ p\uH recherché.

On a observé des cas d'hybridation spontanée par suite de

Exportation de café de la Réunion depuis 1870.

!si pnlliiiisationdu Co/fea mauritiana par le Coffea arabica; les IViiits du premier prennent, dans ce cas, la forme de ceux du si'coiul (de Cordemoy). Le café Leroy, souvent rapporté à TesjiiVe C, laurina, est rattaché à Tespèce C. arabica, dont il ne StM ni t qu'une variété, par J. de Cordemoy (Flore de la Réunion) ; Wmnil en fait un hybride du C. mauritiana et du C arabica.

Le Café Myrtle est une autre variété du C. arabica remarrjHîiljle par sa longévité.

Enfin, le café d'Aden peut être rapporté à TespèceC. micrO"

Depuis un certain nombre d'années, on a introduit le caféier \\i^ Lîl)éria dans la colonie.

Congo, — Le caféier est commun dans les forêts du Congo,

et il en existe même plusieurs espèces distinctes. M. Dybowski l'a rencontré dans TUbangi, M. de la Kéthulle, sur le Bomu, M. Laurent, sur le Lualaba, M. Dewevre, sur le Lomami ; bien d'autres voyageurs Tont trouvé dans les forêts ; nous-même avons eu l'occasion d'en récolter de beaux spécimens près de la Loémé et dans les forêts du Kouilou,

M. Pierre, le botaniste bien connu, a donné le nom de Coffea canephora à l'une des espèces du Congo.

Les premières plantations de café du Congo belge furent entreprises près de Léopoldville, en 1884, par M. Teusz, agronome allemand. En 1885, on introduisait le caféier Maragogipe du Brésil, puis le Libéria. Les principaux centres de culture sont actuellement à l'Equateur Coquilhatville, Bikoro, Kenge, etc.) à Bangala, Banzy ville, Aruw^imi, Bas-Congo, Matadi, Imesse, Stanley-Falls, Lualaba-Kassaï, et, d'après une publication récente le nombre des caféiers plantés actuellement au Congo belge approcherait de 4 millions.

Au Congo français, les premières plantations importantes furent créées près de la rivière Loémé, sur le lac Cayo, par la société hollandaise (N. A. H. V.). On en trouve aujourd'hui d'autres sur le Kouilou et sur l'Ogooué. En juillet 1899, on pouvait évaluer à 300,000 plants le nombre des caféiers mis en terre. Les exportations de 1897 s'élevèrent à environ 30,000 kilogrammes et celles de 1898 à 57,660 kilos dont 11,744 seulement à destination de France ou des colonies françaises (1). Les plantations de caféiers peuvent donner de très beaux résultats dans notre colonie du Congo si elles sont établies à une certaine distance de la côte, dans les régions où les massifs montagneux provoquent des précipitations atmosphériques abondantes, même pendant la saison sèche.

(1) Car les cafés provenant du Bassin conventionnel du Congo ne jouissent pas des mêmes avantages que les cafés de nos colonies^ à leur entrée dans la métropole.

Importation de café en France depuis 1827.

Les exportations de café de la Côte d'Ivoire, où des plantations ont été créées récemment, se sont élevées à 41,371 kilos en 1898 (dont 40,946 pour la France). Le Dahomey n'a exporté que 35 kilos.

En somme, sur une production totale qui s'est élevée à plus de 800 millions de kilos pour l'année 1897-1898, les colonies françaises n'ont fourni qu'une contribution très modeste de 1300 tonnes environ, soit la six-centième partie de la production totale du globe.

D'ailleurs, le tableau suivant est très instructif à ce point de vue, car il montre très nettement que le développement des cultures de café dans les colonies françaises est bien loin de suivre le mouvement de la consommation dans la métropole.

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