‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 18 sur 90 · EXPORTATIONS DE VANILLE ET VANILLON · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS DE VANILLE ET VANILLON

années.

Années.

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Malheureusement les prix ne sont pas très élevés, car le vanillon a moins de valeur que la vanille et la production ne paraît pas devoir s'étendre beaucoup dans la Colonie,

A la Côte occidentale d'Afrique la vanille a été introduite au Gabon, en 18^, par les soins du R. P. Klaine à qui le professeur Decaisne du Muséum en avait confié un plant. Une vanillerie fut organisée à la mission de Sainte-Marie près de Libreville et nous avons pu visiter, en 1893, cette petite exploitation naissante. Aujourd'hui le jardin d'essai a réussi à ré-

pandre la vanille dans un certain nombre de plantations créées par des Européens ; mais il n'existe pas encore de commerce d'exportation. Les forêts du Conço renferment en certains endroits de nombreux pieds de Vanilla; nous avons nous-même rencontré cette plante en grande quantité dans les environs de la lagune de Mayomba. Sans aucun doute, la vanille donne^ rait dans ce pays, où elle vient spontanément, d'excellents résultats.

A Madagascar des vanilleries ont été organisées depuis une dizaine d'années ; elles se trouvent principalement sur la côte est. A Vatomandry seulement et dans les environs il y avait plus de 180.000 plants de vanille en 1891. Les exportations se sont élevées à 685 "kilogs en 1897 et à 381 en 1896. A Nossi- Bé la production de 1898 est évaluée à 1.500 kilos. A Anjouan un seul planteur nous a annoncé une récolte de 2.000 kilos en 1899 avec l'espoir d'une récolte double en 1900.

La vanille a été introduite en Cochinchine par M. Pierre ; mais il ne semble pas que sa culture se soit étendue depuis.

Vers 1862, l'agriculture fît des progrès assez marqués à Tahiti ; 100,000 fr. furent affectés à son développement et sur cette somme 5.000 fr. furent consacrés à la création de vanilleries. En 1884 la superficie consacrée à la vanille était de 81 hectares; en 1891 elle s'élevait à 191 hectares (Tahiti et Moorea réunis) ; aucun recensement n'a été effectué depuis cette dernière date ; mais on peut dire que la surface occupée par la vanille a plus que quadruplé. D'ailleurs le tableau ci-dessous donne le chiffre des exportations depuis 1888 :

(1) D'après le rapport de M. Arnaud, iaspecteur des Colonies.

Si nous résumons les données qui concernent la production dans le monde nous voyons que cette production peut être estimée à un chiffre annuel de plus de 200.000 kilos, pour les deux ou trois dernières années.

Le commerce et la consommation de la vanille en France ont suivi la marche indiquée ci-dessous :

IMPORTATIONS (moyennes)

Commerce ijéiiéral

Commerce spécial

En 1898 la France a importé 163.691 k. de vanille au commerce général et en a retenu 40.804 k. pour la consommation. Les importations des colonies sont résumées ci-dessous :

Mayotte

Madagascar et dép. .

Réunion ....

Autres colonies . .

Total, .

. Comme on le voit c'est surtout à partir de 1860 que la consommation de cette substance a pris chez nous une certaine

(1) D'après les statistiques de la Colonie.

imporlaace. Actuellement elle est d'environ 40.000 kilos par

année.

Les États-Unis consomment plus de vanille que la France.

En f ITiit les statistiques américaines nous apprennent que les

((uaiiliiés restées pour la consommation aux États-Unis ont

été de 76.000 livres en 1884, 143.000 livres en 1890 et IfM.OOO livres en 1897.

En Europe, TAllemag-ne consomme annuellement 40.000 kilos

de vanille, et Hambourg constitue un marché très important

pour cette denrée coloniale.

Comme on le voit, le commerce de la vanille est relativement restreint et il serait dangereux de chercher dans l'extension

forcée de cette culture une source inépuisable de profits, car les prix de vente s'abaisseraient rapidement avec une production exagérée.

FaLsification, — La vanille étant une denrée d'un prix relalivemi^nt élevé est l'objet de fraudes multiples dont la plus lTé(|iieate consiste à faire passer des vanilles de qualité inférieurt' pour des vanilles supérieures en les recouvrant artificiellement d'un givre d'acide benzoïque. Ou bien encore on les L'puisG par l'alcool et on les reverse dans le commerce après les avoir enduites de baume du Pérou.

yanilline artificielle. — Tiemann et Haarmann ont démontré, à la suite de mémorables recherches commencées à Berlin en 1871, que la vanilline peut être préparée artificiellement. Sous T'influence de rémulsine,la conifériney observée dans les Pins en 1861 par Hartig et étudiée par Kubel, s'hydrate et se dédouble d'après la réaction suivante :

C16H2208 + H20 = C«Hi20« + C4«H4203.

Coniférine Glucose

En oxydant cette dernière substance on obtient la vanilline. On peut encore la retirer de l'avoine et d'autres végétaux.

Actuellement cette vanilline est déjà employée et elle fait une certaine concurrence à la vanille naturelle ; mais cependant les prix n'ont pas baissé beaucoup et, en Allemagne même, où a été organisée la première usine de vanilline artificielle, on n'a pu noter que des baisses de peu de durée.

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