CASSE
LeCassia fislula L., qui produit la casse, est un arbre de la famille des Légumineuses, qui est originaire de l'Inde, mais dont la culture s'est propagée dans tous les pays tropicaux et particulièrement aux Indes occidentales. Les gousses sont cylindriques, longues de 45 à 60 centimètres, colorées en brunchocolat foncé et contiennent chacune 25 à 100 graines, séparées les unes des autres par des cloisons ligneuses et entourées par une pulpe qui est précisément la substance employée en pharmacie.
La Guadeloupe fournit peu de casse. Les exportations n'ont jamaisdépassé 3000 k. (en 1847). Depuis 1870 trois expéditions seulement sont signalées et elles se montent au total à 710 k., soit tout au plus 25 k. par an pour une période de 30 ans.
Les caneficiers sont au contraire relativement abondants sur les habitations de la Martinique, et au Prêcheur en particulier, nous avons rencontré des arbres chargés de fruits. En 1818 les exportations s'élevaient à 2,551 k. seulement. De 1820 à 1838 le chiffre moyen était de 70,000 k. Mais à partir de ce moment elles ont habituellement dépassé 100.000 k. De 1860 à 1880 la moyenne aété supérieureà 250,000 k. et en 1887 on enregistre même 437,209 k. à la sortie. Mais dans ces dernières années les exportations n'ont guère dépassé 100,000 k.
Exportations
On produit aussi quelque peu de casse dans les établissements français de l'Inde.
EGORGES DE QUINQUINA.
Le genre Cinchona, qui fournit les écorces de Quinquina, appartient à la famille des Rubiacées. Les Cinchona sont des arbres toujours verts, à feuilles finement nervées ; leur taille peut devenir très grande, puisque le C. Calisaya possède un tronc qui atteint souvent deux fois la grosseur d'un homme ; il est surmonté d'une magnifique couronne de feuillage dominant habituellement les autres arbres de la forêt. Non seulement on exploite Técorce de la tige et des branches mais, on ne néglige même pas celle des racines.
Les Cinchona sont tous originaires de F Amérique du sud où on les rencontre exclusivement sur la côte ouest du continent (entre 10° Nord et 22^^ Sud) ; ils habitent tous des régions montagneuses et ne descendent guère au-dessous de 1500"^, d'après Weddell (Le C. succirubra se montre exceptionnellement à 780'"). C'est à un français, l'astronome Gh. Marie de la Condamine, qu'on doit les premiers renseignements botaniques sérieux sur le Quinquina ; il rencontra l'arbre connu aujourd'hui sous le nom de C. offlcinalis var. a, Condam'mea^ dans la Sierra de Gajumana, pendant qu'avec Bouguer et Godin il mesurait l'arc du méridien près de Quito (1736-1743).
Pendant longtemps les écorces de Quinquina nous ont été fournies exclusivement par l'Amérique du sud ; mais, comme il arrive pour tous les produits recherchés, les indigènes, désireux surtout de se créer des ressources immédiates, ont détruit la plupart des arbres et il a fallu songer à organiser des cultures. Le gouvernement anglais en a constitué à Geylan et aux Indes; les Hollandais à Java. La culture n'a pas seulement pour effet d'assurer la production régulière des écorces de Quinquina; elle a donné des résultats remarquables au point de vue delà richesse en quinine; en effet, alors que les écorces
de r Amérique du sud contiennent 3,5 0/0 et même souvent 2,5 0/0 de quinine seulement, les écorces des arbres cultivésen fournissent jusqu'à 7 et 9 0/0.
Actuellement les Indes, Ceylan et Java produisent unegrande quantité d'écorces de quinquina ; cependant les exportations de Ceylan se sont fortement abaissées depuis quelques années car elles ont passé de 15,365,000 livres en 1885-86à 1,022,000 livres en 1897. L'Inde qui exportait près de trois millions de livres il y a dix ans n'en fournit plus guère qu'un million de livresannuellement.il est nécessaire, dans ces deux colonies anglaises, de renouveler les plantations.
Les exportations de Java deviennent déplus en plus importantes.
Exportations
1887. . . . 1.399.000 kilos.
On a expérimenté aussi la culture des Cinchona au Brésil, à la Martinique, à la Guadeloupe, à la Jamaïque, aux Açores, à Sierra-Léone, à Sainte-Hélène, à Maurice, en Australie, etc., sans grands résultats. Nous avons eu l'occasion de rencontrer, sur une propriété de la Martinique, à 400"* d'altitude, un C/wehona planté il y a près de 80 ans.
Nos colonies ne fournissent donc pas d'écorces de Quinquina et c'est aux pays étrangers que nous demandons les 700 tonnes iqui nous sont nécessaires annuellement. En 1898 les importations se sont élevées à 981,744 k. (c. g.), dont 674,000 k. provenant des Pays-Bas. Java nous fournit donc les 2/3 du Quinquina utilisé en France.