COLA
La noix de cola est la graine d^un arbre de la famille des sterculiacées, le colatier(Co/a acuminala R. Br.). Elle est universellement connue depuis la publication des travaux de MM. Heckel et SchlagdenhaufFen. Le colatier est un arbre d'assez grande taille, qui se rencontre à la Côte Occidentale d'Afrique, entre le 5® de latitude sud et le 10** de latitude nord. Les deux principaux marchés du littoral sont Gorée et les établissementsdela Gambie. Nous en avons vu, pour notre compte, en assez grande quantité sur le marché de Sierra-Léone. D'une façon générale, le Soudan français ne possède aucun lieu spécial de production de cola. D'après Binger, le colatier se trouverait jusqu'au 11° de latitude nord ; mais les fruits ne se forment bien qu'au sud du parallèle de 8" nord. Nous avons vu, d'ailleurs, aux Antilles, des colatiers de très belle venue à une latitude supérieure à 11** N.
Saint-Louis reçoit la cola de Gambie et de Sierra-Léone ; au Soudan elle pénètre en partie par Mac-Garthy et le commerce se fait surtout dans les comptoirs français où on échange la cola contre des arachides, de l'ivoire, de la cire ou du caoutchouc. La cola pénètre aussi au Soudan par le Fouta-Djallon et Kédougou, dans le Niocolo, est le principal entrepôt de cette denrée. Les habitants de toute la Côte Occidentale d'Afrique en sont très friands et nous avons pu nous-même constater que dans les forêts du Congo les caravanes s'arrêtent sous les colatiers pour cueillir les fruits et emporter les graines.
On a déjà fait quelques essais de culture dans nos diverses colonies africaines; mais jusqu'ici les résultats ne sont pas connus. Aux Antilles où le colatier a été introduit, nous en
(i) On écrit habituellement kola; nous préférons Torthographe cofa conforme à celle du nom scientifique.
iOO LA PRODUCnOîf AGRICOLE ET FORKSTlèRE
avons vu des exemplaires aux Jardins Botaniques de Sainte- Lucie et de Port-d'Espag^e;le directeur dé ce dernier établissemenl, M. Hart, recommande ia culture du colatier à la Triiiidad dans les mêmes terres et dans les mêmes conditions que le cacaoyer. La Jamaïque a déjà exporté de la cola pour 29i € (7.27îi fr.) en 1895-96. La mauvaise préparation de la cola est lin des principaux obstacles à Textension de son commerce; mais sans aucun doute on arrivera facilement à vaincre cet obstacle, soit en préparant des extraits sur place, soit en imaginant un procédé spécial de conservation.