‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 46 sur 90 · CHAPITRE VII FRUITS ET GRAINES PRODUISANT DES MATIÈRES GRASSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII FRUITS ET GRAINES PRODUISANT DES MATIÈRES GRASSES

AHACHlDCj PALMISTE, CtC.

L'Aiachîde {Arachis hypogœa L.) est une plante herbacée, annuelle^ de la famitle des Légumineuses Papilionacées et de la tribu des Hédysarées ] ses feuilles sont composées de deux paires de folioles obovales. Les fleurs sont disposées d^ordinaîre par deux à l'aisselle des feuilles et portées chacune par un pédîcelle pubescent de même longueur que la feuille. 1/ovairc subsessile ne contient qu'un petit nombre d*ovules. Après la fécondalion5le périanthe et Tandrocée se détachent; seul l'ovaire persiste avec la base du style. Alors le pédoncule supportant Tovaire s'allonge fortement et le dirige dans le sol où il se transforme en une gousse sèche, cylindrique, étranglée au milieu, à surface munie de rides saillantes disposées en réseau. Grillées les graines ont une saveur qui rappelle quelque peu celle de la noisette.

L'huile d'arachidcj obtenue par pression, sans l'intervention ile la chaleur, est presque incolore, d'une odeur faible, agréable, et d'une saveur douce, semblable à celle de l'huile d'olive. En chauiïant les graines avant de les soumettre à la presse on nhlii*rU une huile inH^ieure à la première.

J>ANS NOS COLONIES ITlÈ

De Candolle considère Tarachide comme originaire du Brésil auquel appartiennent exclusivement les autres espèces du genre: Flûckiger admet au contraire l'origine africaine de cetle plante;

On en connaît deux formes cultivées, Tune asiatique, dresiiée et pubescente ; l'autre, africaine, couchée et à poils moins abondants.

L'arachide de Gambie est particulièrement estimée ; mais on cultive la plante dans tout le Sénégal et au Soudan, Elle est très épuisante et, dans la Gambie (Rançon), les indigène^ fertilisent le sol en brûlant les mauvaises herbes ; la terre est ensuite bêchée légèrement avant de procéder au semis <

Presque partout l'arachide est arrachée à la main ; mais daiis le Sandougou (d'après Rançon), on emploie une bêche spéciale qui permet de ne laisser dans le sol que le plus petit nombre possible de gousses.

D'après Semler la composition des arachides d'Afrique (décortiquées) est la suivante : - ,

Eau. . ..... 7,5 :

Substances azotées. . i24,5 ..

Sucre, etc. .... 41,7 ^

Huile ...... 50,0

Cellulose 4,5

Cendres 1>^ .

iOO,0

C'est seulement vers 1840 que la culture jie l'arachide s'éïablit en Gambie et au Cayor (Rev. col. 185^).. D'après Semiez les exportations de Gambie se seraient déjà élevées à 670.000 kilos en 1837 ; mais le rapport reproduit par la Revue coloniale prétend au contraire que la première, expédition pour Marseille date de 1840 et qu'elle ne s'élevait qu'au chiffre de 1210 kilos. Enfin les statistiques décennales du commerce de 1«^

France accusent déjà une importation annuelle de 216.000 k. pour la période 1827-1836 et9.464.000 k. pour celle qui s'étend de 1837 à 1846. II est vrai que ces chiffres se rapportent en même temps aux noix d'arachide et de Touloucouna ; mais les exportations de Touloucouna ont toujours-été peu importantes.

Les exportations du Sénégal s'accrurent rapidement. De 1867 à 1 8.76 elles atteignirent une moyenne annuelle de 16.000.000 kilos et de 1877 à 1886, 38.400.000 kilos. En 1897 ces exportations ont atteint 74.000 tonnes et en 1898 elles se sont élevées à 105.000 tonnes dont 54.000 de Rufisque, 22.000 de Pouiidiougne, 10.000 de Saint-Louis, 16.000 de Gambie, etc.

D'après M. Perruchot les exportations du Sénégal seraient les suivantes :

46,790,373 kil.

63,555,600 kil.

Ces chiffres ne sont pas conformes à ceux que nous avons puisés dans les statistiques publiées par le ministère des colonies.

La Casamance n'en produit pas beaucoup ; la seule partie qui fournit des arachides de bonne qualité est la région avoisinant Sedhiou ; mais cette région est peu étendue. L'arachide cultivée par les Mandingues de Pakao, du Souna, du Brassou et du Yacine est livrée au commerce français ; celle cultivée par les Peuhls, les Mandingues et les Sarracolets du Tridon, au commerce de la Gambie anglaise. Les exportations de 1897 et 1898 se sont élevées respectivement, d'après Adam {Les Productions de la Casamance, Bull. soc. g. comm., Paris, 1899) à 800 et 1700 tonnes,

L'Inde fî^ançaise et la Nouvelle-Calédonie nous expédiaient aussi de l'Arachide ; mais les exportations de la Nouvelle-Calé-

donie ne portent que sur les années 1881, 1882, 1883, 1884 et 1885 (5.300.000 k. pour 1883). Celles de l'Inde se sont développées peu à peu ; nulles en 1877, elles atteignaient 18.000.000 k. en 1880 et 62.000.000 k. en 1886. L'industrie française consommait 84.000.000 kilog. pour la période 1867-1876 et 140.000.000 k. pour la période suivante 1877-1886 (Arachide et Touloucouna réunis).

En 1894 la France a reçu pour l'alimentation de ses usines (Comm. sp.), 77.143.393 k. d'arachides (seules)dont 57.535.243 kilos du Sénégal et 650.200 k. des autres établissements de la côte occidentale d'Afrique.

Pour 1898 les importations (au comm. sp.) se sont élevées à 93.684.247 k. dont 66.370.021 de la côte occ. d'Afrique pour les arachides en cosses. Notre industrieareçu en outre4. 764. 114 k. de graines décortiquées dont 13.000 k. de la côte occident. d'Afrique et 238.000 de Madagascar.

Les pays producteurs autres que le Sénégal et l'Inde sont la colonie anglaise de Sierra-Seone (25.000.000 k. environ en 1885) et les autres établissements delà côte. Les Indes anglaises ont exporté en 1891, 1.525.238 gallons (1) de noix d'arachides et 2.267.222 gallons en 1895. La République argentine en exporte aussi une petite quantité (631 tonnes en 1891 et 61 tonnes en 1895 d'après Semler).

Marseille est le principal centre du commerce des arachides. Hambourg et Londres viennent au deuxième rang.

Les importations d'huile de coton ayant pris dans ces dernières années une extension inusitée, les graines d'arachides ont été demandées en moins grande quantité sur la place de Marseille et cette situation n'a pas été sans causer un préjudice considérable à notre colonie du Sénégal dont l'arachide constitue actuellement l'unique culture importante.

(i) Un gallon, 4 litres 54.

ij5S hk PaODUGTIQN AriHIGOLE ET FORESTIÈRE

^ Le cadre restreint qui nous est imposé ne nous permet pas de nous étendre longuement sur les autres plantes qui produisent des graines ou des fruits oléagineux. Nous nous reprocherions cependant de ne pas citer les suivantes qui font Tobjet d'un certain commerce dimportation :

Graines lie coton

G rama 3 de

Coiurn 28,317,114^

ïlll'OllTATroNS

Hùtiun. spéc. Observations.

i- 290 748' \ '**"" «e.SOO.OOO» d'Egypte, "'' ' f pas des colonies françaises.

86.6*5,808' 56,357,706' î Dont 54,310,000' d'Egypte, ( pas des colonies françaises.

I Dont 83,469^000'' des Indes

104,31ÇI,7SV^ Iflâ,389,21l0 ^"^^^''fLlîf:^^^ ^"7"/' ' j quie ; 713,534'' des et. fr.

f de la côte. occ. d'Afrique.

Surtout les Indes anglaises.

ISÛB . 69,76^,820* ri8,673,989^ .

86,î37Jl3k 75,624,750

ÂirïHndes

^ fie noco

ou

coprah*

75j5li,0fi4fc tiH. 452,91 9^

'A NI an des pulniisie

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