‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 72 sur 90 · SOUDAN · texte numérisé non relu

SOUDAN

Jusqu'à ces dernières années, le manque de sécurité provoqué par les rapines et les pillages perpétuels de quelques chefs de tribu empêchèrent les indigènes de se livrer à la culture en grand. Aussi, actuellement, ces dangers ayant disparu, le noir refait ses champs de mil et, alors qu'en 1885 on a eu beaucoup de peine à trouver 60,000 kil. de mil entre Kajes et Bafoulabé, en 1896, on a pu en acheter 200,000 kil. dans les environs de Kayes seulement.

Les arachides sont cultivées au voisinage de lu lii^nc de chemin de fer; la paille d'arachides est achetée parradiniiiislraliuïi

pour la nourriture des mulets pendant la période d'hiveniajs^c.

Le riz du Soudan, qui n'était guère cultivé que dans les plainen inondées du Nig^er, est maintenant Tobjct de cultures assez étendues.

L'indigo vient spontanément au Soudan ; mais celui qui est préparé par les indigènes est de qualité très médiocre.

Quant au coton, il est considéré, par beaucoup de personnes, comme une des cultures d'avenir du Soudan. Nous ne partageons pas complètement cette manière de voir ; du moins, nous réservons notre opinion. Il est, en effet, assez difficile d'olitenir des noirs le travail assidu que réclame la récolte du colon dans les grandes exploitations ; de plus, on oublie peut-être que les cotons de qualité ordinaire et médiocre sont produits aux États-Unis et aux Indes dans des conditions telles que les prix de vente ont pu être abaissés à un taux qui défie toute concurrence. Nous avons été l'un des premiers à déplorer Tabsence de plantations de coton dans nos colonies ; mais nous ne croyons pas cependant que le fait de produire naturellement du coton soit, pour le Soudan, une promesse d'avenir aussi brillante qu'on se plaît à le dire.

Enfin, on cultive encore au Soudan le blé et le tabac, mais un assez petite quantité.

Par une décision en date du 23 mars 1896, le colonel de Trentinian (actuellement général), lieutenant-gouverneur du Soudan, a créé trois jardins d'essais à Kati^ Siguiri cl (jouii- (lam ; un autre avait été organisé auparavant à Kayes. Ces jardins sont destinés à poursuivre des essais de culture et d'acclimatation, afin de développer autant que possible Tagrî cul lu re.

Caoutcliouc. — Le caoutchouc du Soudan est produit par deux lianes. D'après M. Chevalier, ces deux lianes se rapportent aux espèces suivantes :

Liane Gohine : Landolphia Heudeloiii ;

Liane Saba : Landolphia sefiegalensis.

Les indigènes emploient, pour la coagulation du latex, le suc de plusieurs sortes de plantes et même celui qu'on peut extraire des fruits produits par les lianes Saba et Gohine. M. Chevalier recommande Pinfusiondes feuilles et des jeunes pousses d'une plante du pays désignée sous le nom de niama.

Les lianes à caoutchouc sont distribuées assez irrégulièrement; le pays où M. Chevalier en a rencontré le plus est le plateau situé à quelques jours au sud-est de Sikano et où prennent naissance le Banifing, la Comoé et la Volta.

D'une façon générale, le Landolphia HeudeloUi est surloiit abondant entre 9%30' et 11°,30' de latitude nord.

Dans le 1®' semestre de Tannée 1899, le Soudan a exporté, par la zone du Sénégal, 92,853 kilos et par la région du Sud «nviron 24,000 kilos (Renseignemenls de T Office colonial , i^nvier 1900).

En résumé, les exploitations agricoles sont encore actuellement très restreintes au Soudan; mais on a fait, dans ces dernières années, des efforts méritoires pour les développer.

GUINEE FRANÇAISE

La Guinée française (1) n'est pas, comme la Côte d'IvoiiTj couverte de forêts de haute futaie; le pays est couvert d'une broussaille impénétrable ne dépassant pas quelques mètres de hauteur, à travers laquelle serpentent les étroits sentiers frayés par les indigènes et s'ouvrent çà et là les clairières formées par les défrichements qui entourent chaque village.

Cultures vivrières. — Bien que peu enclin à s'occuper de travaux iagricoles, l'indigène cultive ce qui répond à ses plus pressants besoins. Le riz est cultivé partout où le sol s'y prcïe ;

(1) Renseignements tirés des rapports de Tadminislration locale, Lecomte. 15*

234 LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORIiSTlÈRE

mais le pays est loin de se suffire et, en 1897, on a dû importer plus de 900 tonnes de riz ; cette culture pourrait prendre une certaine importance. Le mil est cultivé aussi pour Talimentation locale.

L'arachide n'est plus guère cultivée, car celle du pays ne peut pas supporter la concurrence avec celle du Sénégal et celle de l'Inde ; l'exportation, qui était encore de 850 tonnes en 1892, est tombée à 230 tonnes en 1897. Le sésame fait partie de la nourriture des indigènes; la colonie en, exporte pour une centaine de mille francs. Les indigènes cultivent encore le manioc, les patates, l'ananas, le bananier, le colatier el le mangotier. La cola est produite en abondance par la colonie qui en exporte au Soudan et au Sénégal.

Cultures et productions diverses. — Le palmier à huile {Elœis Guineensis) forme le fond de la végétation arborescente des côtes de la colonie. En 1897, le fruit du palmier a donné lieu (sous forme d'amandes ou d'huile) à des exportations s'élevaut à environ 500,000 fr. ; cette valeur est descendue à 450,000 fr. en 1898.

Le gommier forme, en certains points, de véritables forêts; il fournit la gomme copal employée dans l'industrie des vernis et de la teinture (Exportations pour 267,716 fr. en 1898).

Le caoutchouc représente les 3/4 de la valeur des exportations (5,939,186 fr. en 1898) ; il est produit par des lianes du genre Landolphia ; malheureusement, les incendies allumés parles indigènes, pour préparer leurs défrichements, ont détruit la liane au voisinage de la côte et il faut aller la chercher dans les massifs de l'intérieur (Fouta-Djallon) ou dans les territoires preique inhabités du bassin du Niger ou des rives du Campony, du Rio-Grande et de la Gambie. Les indigènes ne coupent plus la liane; mais ils la saignent, peut-être trop fortement et trop souvent pour ne pas compromettre sa végétation.

Le caféier siuvage, connu sous le nom diî Rio-N'unez, et qu'il

faut sans doute rapporter à l'espèce 'Coffea stenophylla, se trouve en assez grande quantité dans Tintérieur du Rio-Pongo et du Rio-Nunez ; mais l'exploitation en est presque nuUe. Quant aux cultures entreprises par les Européens elles sont encore trè» restreintes. Il en est de même d'ailleurs poiir le cacaoyer.

La banane est un produit naturel du pays; dans de bonnes conditions on pourrait l'obtenir en grande quantité et l'exporter en Europe.

En ce qui concerne le coton, qui se rencontre un peu partout dans le pays, près des villages, il nen existe pas de culture proprement dite.

L'indigo est cultivé dans le pays, mais seulement pour l'usage personnel des indigènes.

On pourrait entreprendre en outre d'autres cultures telles que celles du Ricin, du Touloucouna, du Nété, etc. ; malheureusement l'indolence des indigènes jointe au peu d'initiative des Européens fait que de nouvelles cultures ne s'implantent que très difficilement dans la colonie.

EXPORTATIONS DE 1892 ct 4898 :

Cola ....

Amandes de palme Huile de palme Arachides. .

Sésames . Gomme copal Caoutchouc .

48,707 francs.

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