‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 73 sur 90 · francs · texte numérisé non relu

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En réalité, les exportations n'ont peut-être pas augmenté dans la proportion que ce tableau semble indiquer, car ces

ditFérents produits ont changé de valeur ; ainsi le caoutchouc n'a pas doublé comme quantité.

Elevage. — La colonie est très propre à l'élevage du bétail et le Fouta-Djallon, avec sa population de pasteurs, compte de nombreux troupeaux qui alimentent non seulement les marchés du Sénégal et du Soudan mais sont encore exportés à Sierra-Léone et à la Côte d'Ivoire. A leur passage à Konakry les paquebots renouvellent leur provision d'animaux de boucherie. On trouve aussi des moutons, des chèvres et des pourceaux. Les chevaux ne se trouvent guère qu'au Fouta-Djallon. . Régime de la propriété. — Les indigènes se considèrent comme propriétaires du sol et si chaque indigène a la propriété du sol qu'il cultive personnellement, il ne peut en disposer au profit d'un étranger, sans l'autorisation du chef.

L'Européen qui veut fonder un établissement commercial ou agricole ne le peut qu'à titre de locatairedu terrain qu'il occupe. Les baux, généralement emphytéotiques, qu'il passe avec l'indigène, donnent lieu à de nombreux pourparlers avant d'être conclus ; outre le prix du loyer, le locataire est encore obligé de faire de nombreux cadeaux au loueur lui-même et au chef du village. Les conventions ne sont valables que si elles sont approuvées et ratifiées par le gouvernement delà colonie.

Naturedu sol. — Le sol, formé d'alluvions à l'embouchure et le long des rivières qui se jettent dans l'Océan, présente, dans les vallées, une épaisseur considérable d'humus, tandis que sur les coteaux, le granit, le grès et la latérite sont mis à nu par l'action des pluies, partout où l'incendie de la brousse a détruit la végétation.

Les indigènes ne se servent guère, comme outil de culture, que d'une sorte de pioche nommée /< Kéri » et de la «machète » ou sabre d'abatis.

Station agricole et jardin d'essais. — Le gouvernement local a créé, à Konakry , un jardin d'essais où sont cultivées un certain

DANS NOS COLONIES âST

nombre de plantes du pays, avec des plantes exotiques qu'il soraît peut-être avantageux d'introduire. Une station agronomiqne a été instituée aussi à Timbo.

Voies de communication. — La Guinée possède une belle route carrossable, qui partdeKonakry pour aller vers Tin térieur et qui est appelée à rendre les plus grands services au commerce de la colonie, en attendant la construction projetée d^uiie voie ferrée qui reliera Konakry au Niger.

Main-d'œuvre indigène, — Comme dans nos autres colonies de la côte occidentale d'Afrique, l'indigène estime peu le travail de la terre; cependant, au Fouta-Djallon, une partie de la population se livre à l'agriculture; mais les procédés primitifs qu'on emploie et la fertilité naturelle du sol font que le travail est peu pénible et ne peut être comparé à celui qu'ex ig^e rai t une plantation. Heureusement, l'indigène, s'il aime mieux le repos que le travail, est en revanche doux et soumis ; il s'attache facilement à celui qui le dirige, pourvu que celui-ci soit juste et bienveillant.

En résumé, la Guinée française, malgré son climat relativement sain, est une colonie d'exploitation et non une colonie de peuplement: l'Européen ne peut s'y livrer lui-même à un travail manuel; il ne peut être que commerçant, chef d'exploitation agricole ou fonctionnaire. Une telle colonie exi;u:e, pour prospérer, le concours réuni des capitaux et de l^initialive d'Européens connaissant les cultures des pays chauds. On pourrait, en particulier, en raison de sa proximité de la métro pôle, cultiver des bananes pour l'exportation et développer le.s cultures de café du pays et de cacao.

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