COTE D IVOIRE
La colonie de la Côte d'Ivoire est de fondation toute récente, car son autonomie ne date que de 1893. Avant cette époque
toutes les parties boisées de la colonie par des lianes du g^enre Landolphia et par des arbres du genre Ficus. L'exploitation dp ce produit est en plein développement dans Tlndénié où il était malheureusement récolté, jusqu'à ces dernières années^ par des noirs anglais qui le dirigeaient ensuite sur les ports de la Côte de TOr. Elle commence à prendre de Textension dans les cercles d'Assinie, de Grand-Bassam, de Dabou et du Baoulé ; elle est à ses débuts dans les cercles de la côte ouest.
Les plantations de Dabou et de Prollo ont entrepris la culture des arbres à caoutchouc {Manihot Glaziovii et Hevea). A Prollo les caoutchoutiers de Ceara sont de très belle venue.
Acajou. — L'acajou donne lieu à un mouvement d'affaires très important; en raison du manque de voies de communication on ne l'exploite guère cependant qu'au voisinage des lagunes et des rivières. Le commerce est très considérable dans les cercles d'Assinie, de Grand-Bassam et de Grand-Lahou.
Elevage. — C'est surtout dans la savane de Dabou qu'on trouve des animaux de la race bovine (environ 2,00 tètes). Les chèvres, les moutons et les porcs se rencontrent un peu partout. Quant aux chevaux ils n'apparaissent que dans le nord du Baoulé et du Bondoukou.
Jardin botanique de Dabou. — Ce jardin comprend environ 4 hectares. Le personnel se compose d'un jardinier chef européen et de 8 à 10 manœuvres. En 1897 il a déjà distribué 3,000 pieds de café, 6,000 boutures de caoutchouc et 600 pieds de cacao.
Voies de communication. — Les lagunes et rivières constituent des voies de communication naturelles qui ont leur importance; mais, en outre, on a créé des chemins d'Aboïsso à Diambarakrou (111 kilomètres), de Diambarakrou à Zaranou (25 kilomètres), de Zaranou à Attakrou (83 kilomètres), etc. De plus on a décidé l'installation d'un wharf à Grand-Bassam ;
cette création, attendue depuis longtemps, rendra de grands services au commerce de la colonie.
Scierie mécanique. — Une scierie mécanique vient d*c1re installée près du Grand-Bassam, sur le Comoë; elle est actionnée par une machine de 20 chevaux et elle peut débiter des billes de 1 m. 20 de diamètre.
L'administration s'efforce d'encourager les initiatives de ce genre, en exemptant le matériel de tout droit d'entrée (décision du 25 avril 1897), à la condition toutefois d'être de fabrication française.
Main-d'œuvre. — Malheureusement, la main-d'œuvre est rare. La population n'est guère que de 2,250,000 habitants pour 230,000 kilomètres carrés, soit seulement 9 habitants par kilomètre carré. Déplus, ces populations sont paresseuses et civiles qui ont une certaine activité se tournent plutôt vers les exploitations commerciales que vers le travail de la terre. On est obli^çé de faire venir des manœuvres de la colonie de Sierra-Leone, et de Libéria; leur salaire est de 1 fr. 50 par jour en moyenne ; mais il faut y ajouter les frais de passage, primes de recrutement, etc.
Mouvement d'exportation. — On a vu plus haut les exportationsdel898. Le tableau ci-dessous donne le mouvement de ces exportations depuis 1890 pour l'acajou, le caoutchouc, Thiiih^ de palme, les amandes de palme et le café.