DU CONGO
café
cacao
4,471 kil.
5,143 kil.
Caoutchouc. — Le coutcliouc est fourni au Congo par des lianes du genre Laudolphia ; mais les noirs, pour augmenter la quantité de caoutchouc produit aux dépens de la qualité, ne manquent pas d'y ajouter le latex d'autres lianes ou d'arbres de la même famille (Apocy nées). Les lianes à caoutchouc existent encore en grande quantité dans les forêts; malheureusement, celles de la région côlière ont été détruites en grande partie par une exploitation barbare ; aussi le caoutchouc est-il récollé actuellement au loin dans Tintérieur.
Le Manihot Glaziovii (caoutchoulier deCeara)a été introduit pour la première fois à la côte occidentale d'Afrique par Pierre qui était directeur du Jardin d'essais de Libreville. Il en existe des plantations un peu partout et principalement au voisinage des missions catholiques ; mais nulle part ces cultures spéciales ne présentent une grande étendue; on ne paraît d'ailleurs pas se rendre compte que cet arbre à caoutchouc n'a qu'une durée limitée (10 ans environ) et qu'il est nécessaire de procéder périodiquement à son remplacement. En 1897, le directeur actuel du Jardin d'essais, M. Chalot a introduit VHevea du Brésil dans la colonie. 11 est désirable de voir ces cultures se propager, non seulement celles de Mauihoij llevea et CastilloUy mais aussi celles des lianes indigènes. Nous ajoutons d'ailleurs que les administrations locales de la côte occidentale d'Afrique agiraient sagement en prohibant, de la façon la plus rigoureuse, l'extraction du caoutchouc par le traitement chimique ou mécanique des écorces de lianes. Laisser se pro-
pager de telles méthodes d'exploitation équi vaudrait à org^aniser méthodiquement la ruine de nos colonies.
Les exportations du caoutchouc du Congo prennent de plus en plus d'importance :
Années
Exportations
Années
ExportalioDB
. 390,025 kil.
. 378,201 kil.
Noix et huile de palme, — Le palmier à huile n'est pas cultivé au Congo ; mais on le rencontre un peu partout. Les exportations de 1898 se sont élevées à 914,551 kil. pour la noix de palme et à 145,395 kil. pour Thuile.
Bois. — Les bois de teinture et les bois utilisables par Ttbénisteriene manquent pas au Congo. L'ébène, assez répandu dans le bassin de TOgooné, fait Tobjet d'un im portant commerce d'exportation. L'Okoumé vient ensuite ; puis les bois de teinture (bois rouge) et enfin le bois jaune.
Ebèiie . . . 1,396,556 kilogw.
Okoumé . . 706,233 —
Bois rouge. . 748,148 —
Bois jaune. . 200 —
Mais les forêts du Congo comptent beaucoup d'autres arbres dont le bois serait utilisé avantageusement dans rébénistcric européenne. Nous citerons de ce nombre le Cjnonictraj le Palétuvier rouge, le Mimusops, l'Evîno, le Mangi, etc, etc. Malheureusement, ces arbres, disséminés dans [es forets, nécessiteraient des frais d'exploitation considérai*! es. De plus, comme
nous n'avons pas de marché important pour les bois exotiques, Lecomle. iCi'
250 LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTlKHr-:
on en est réduit à les expédier à Hambourg- ou ils sont parfois vendus à des prix fort peu rémunérateurs.
Produits dwers. — Parmi les diverses productions du Conço français nous citerons encore les jçraines d'Owala (Peu Uidêtkra) , les graines de dika, le maïs, le copal blanc et 1<^ piassawa.
Le tableau suivant donne l'ensemble des exporïalions pour Tannée 1898.
PRINCIPALES EXPORTATIONS DE i898.
Caoutchouc brut • 578,201 kïlo^s.
Café en fèves 57,fî()0 —
Cacao en fèves 45.509 —
Noix dé palme 914,551 —
Huile de palme 145,395 —
Ebène 1,396,556 -
Bois de teinture (bois roug'e). . 748,148 ^
Okoumé ........ 706,233 —
Bois jaune 200 —
Graines d'owala 1,288 —
Pains de dika 142 —
Maïs 5,66a ^
Copal blanc 1,154 —
Piassawa 21 ^ 123 —
L'œuvre de la colonisation agricole ne peut être que lenie et progressive; nous ne croyons pas qu'il soit prudent de vouloir l'entreprendre en même temps sur tout le lerritoiro de notre colonie, car l'absence de moyens de communicalion est un obstacle qu'on ne surmonte pas en quelques anii(H?s. Nous nous permettons d'engager vivement les concessioniiaires.de la région côtière à mettre en valeur les terres cultivables qu'ils détiennent; c'est le meilleur moyen de maintenir l'attracliaii que notre colonie exerce, en ce moment, sur les capitaux et sur les bonnes volontés.
DANS ISOS COLONIES «âBNl
A la côte occidentale d'Afrique il n'existe donc guère de cultures suivies que celles d'arachides au Sénégal et les plantations de caféiers, de cacaoyers, de caoutchoutiers qu'on entreprend depuis quelques années en Guinée, à la Côte d'Ivoire et au Congo. Nous avons suffisamment insisté plus haut sur ces diverses tentatives pour qu'il soit nécessaire d'y revenir ici. Quant à l'exploitation des bois, elle <levieiU assez activé.
Actuellement, les exportations de caoutchouc, d'arachides, d'am%ades et d'huile de palme, de bois de teinture et d'ébénisterîe sont les seules importantes; el, ce qui caractérise priucipalemeai BOî^ exploitations forestières et agricoles de la cote occidentale d*Afirique, c'est que les produits en sont dirigés, pour la plus gntade partie, sur les marchés étrangers et principalement en Angleterre et en Allemagne. Cette situation de notre commerce africain est due à des causes multiples, au premier rang desquelles il faut placer Tempressement qu'ont apporté depuis longtemps les commerçants anglais, alkmands et portugais à fonder des comptoirs dans nos propres possessions. Mais d*autres causes interviennent encore ; ainsi, jusiju'à ces derniers temps, les cafés et cacaos provenant du bassin conventionnel du Congo ne jouissaient pas du régime de faveur accordé aux produits de nos autres colonies. Il est vrai qu'tine décision récente y a remédié en partie; mais il reste enrore beaucoup à faire à ce sujet.
Le tableau suivant, emprunté aux statistiques coloniales publiées en 1898 par le ministère des colonies, fait mieux ressortir que toute indication générale la situation déplorable que nous signalons.
c l^riâ LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTIERE
Valeur des exportations.
Pour la France
pour les colouies françaises
pour l'étranger
Sénég:al . ,
. 9,170,296 fr.
29,293 fr.