CONGO
Au moment où une fièvre de colonisation, quelque peu irréfléchie, à notre avis, entraîne vers le Congo une foule de nos compatriotes, sinon rompus avec la pratique des cultures tropicales, du moins, animés de la meilleure volonté, nous nous reprocherions de ne pas insister sur la situation agricole de jiotre colonie et sur les espérances qu'elle peut faire naître.
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Nmhire ik sol. — En ce moment, en Talwence de ¥we& de comiiiuivication autres que les cours d'eau, les exploitations agricoles ne sont guère possibles qu'à proximité de la côte ; or, dans cotte région, à côté des terrains presque incultes où les schistes arrivent à fleur de sol, on trouve des terres basses, composées de sable, comme dans la partie du Fernand-Vaz qui confine à la mer, ou des argiles sableuses, comme sur les bords du Rhembo N'Komi, ou au voisinage du Kouilou. Dans le fond des vallées on trouve souvent un sol profond où les culliires sont possibles. Malheureusement, à la région côtière, la saison sèche est à la fois trop prononcée et trop longue ; les caféiers et les cacaoyers souffrent fortement de la sécheresse prolongée et nous ne croyons pas qu'il soit avantageux d'y organiser des cultures. Au contraire, en remontant le cours des rivières, on trouve, dans la région forestière, des collines aLteignant facilement 700 à 800 m. d'altitude, séparées par de profondes vallées qui conviendraient parfaitement à la culture; d'autant plus que Textension des forêts et la présence de sommets relativement élevés sont favorables aux précipitations aUnosphériques, même pendant la saison sèche.
Régime de la propriété. — Le gouvernement de la colonie a réglementé tout récemment le régime des concessions. Si dans la région voisine de Loango et de Mayomba, les indigènes ne paraissent pas disposés à s'opposer à l'exploitation des terres qu'ils n'utilisent pas, il n'en est peut-être pas ainsi dans toiiL le Congo et, en particulier dans le haut Fernand-Vaz, nous sommes persuadé que les concessionnaires feront bien, pour éviter toute difficulté avec les indigènes, de s'entendre au préalable avec les principaux chefs avant d'entreprendre des exploitations.
TraiHut leurs. — Le noir du Congo travaille assez difficilement ; si le salaire qu'il exige (15 à 20 fr. par mois) n'est pas considérable, il faut convenir que le travail est à peine propor-
lionne à ce salaire. De plus, la densité de la population est relativement faible ; aussi ne faudrait-il pas compter sur une • main-d'œuvre abondante. Ajoutons que le noir s'astreint difficilement à un travail régulier; au moment des récoltes, quand son concours est le plus nécessaire, il pourrait lui arriver de le refuser. Nous avons visité, il y a quelques années, au sud du Congo, une plantation où la main-d'œuvre était assurée en grande partie, non par des hommes du pays, mais par des noirs amenés de la Côte de TOr.
Cultures vivrières. — Les indigènes ne produisent guère en grande quantité que le manioc et la banane qui constituent le fond de leur nourriture ; mais on trouve en outre de Tarachide, du maïs, des patates, l'igname, etc. qui entrent pour une certaine part dans l'alimentation.
Cultures entreprises par les Européens. — Depuis une dizaine d'années on a organisé quelques cultures au Congo, eu particulier des cultures de café et de cacao. L'une des premières exploitations agricoles et en même temps l'une des plus importantes est celle que les Hollandais ont fondée près du lac Cayo, sur la Loémé. D'autres ont été ensuite créées «ur le Kouilou, à Kakamoeka, à N'Touba, à Mayé-Matali, à Tscliibèbe. Sur l'Ogooué on vit se fonderies plantations d'Aschouka et de N'Jolé. Enfin, il en existe aussi sur les bords du Gabon (île aux Perroquets, Ponta-Mina, etc.) Mais ces plantations sont encore peu étendues, car, au l*"" juillet 1899, les. différentes exploitations agricoles de la colonie comprenaient au total : 300,000 caféiers, 200,000 cacaoyers, 12,000 arbres à caoutchouc et 5,000 pieds de vanille. Les deux principales exportations de produits agricoles sont celles du café et du cacao ; or, le tableau ci-dessous montre ([u'elles sont peu importantes :
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