‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 85 sur 90 · TABLEAU DE L EXTENSION DES CULTURES EN GOGHINGHINE · texte numérisé non relu

TABLEAU DE L EXTENSION DES CULTURES EN GOGHINGHINE

Canne à sucre

4,393 hectares.

8,766 hectares

Tabac . . .

Indigo . . .

Arachides .

Aréquiers . .

Bétel . . .

Poivre . . .

Cambodge. — Le Cambodge ne peut pas être considéré actuellement comme un pays de grande culture, car, à la vérité.

les rizières seules y sont très développées et, en 181)7, elles couvraient une superficie de 98,200 hectares; d'année eu année elles prennent de plus en plus d'importance. Le maïs et le manioc qui sont aussi cultivés pour la consommation inilU gène restent stationnaires ; cependant, on a installé une distillerie de maïs à Pnom-Penh dans ces dernières années et la culture de cette céréale ne peut que recevoir un certain développement par suite de cette innovation. Dans les six dernières années, les cultures de coton n^ont pas occupé moins de 6000 hectares; aussi la production de 1891, qui était de 25,000 piculs seulement, s'est-elle élevée à 135,000 piculs en 1897. Le coton est expédié pour les 9/10 au Japon; mais on note une diminution très notable des exportations pour la dernière année écoulée (4933 tonnes en 1897, 2654 tonnes en 1898 et 1728 tonnes seulement en 1899).

L'indigo occupe une grande surface; mais le produit obteim ne contient qu'une faible proportion d'indigotine (2,S0 à 2,75 0/0. Le tabac est cultivé un peu partout pour la consommation indigène; en 1897 le Cambodge en a cependant exporté 2030 kil. ; on lui reproche son incombustibililé el des tentatives ont été faites récemment pour introduire les variétés cultivées à Déli.

Le poivre est produit en assez grande quantité et dans l'année 1898 seulement, l'administration a accordé 53 concessions nouvelles en vue de cette culture spéciale. Les pnncï[ïales exploitations, couvrant 450 hectares environ, se trouvent dans les provinces de Kampot et de Takeo. La- production de ^898 a été de 1,160,000 kil. environ. La canne à sucre et le cacao se rencontrent de place en place à titre d'essais, mais ne sont pas Tobjet de cultures suivies. Une plantation de 30,000 caféiers de Libéria a été organisée en 1895 ; nous ne connaissoi>s pas encore les résultats obtenus. L'arachide et le sésame sont cultivés pour la consommation indigène ; le jute pour la fabri-

oation des sacs et la rainie pour celle des filets de pêche (Exportation 237,000 kil. en 1897) ; le cardamome est récolté dans les forêts, surtout au pied des montagnes de Pursat et de Thpong (exportations : 166,260 kil. en 1897); il en est de même des arbres qui fournissent la gomme gutte et la gomme laque. Enfin, on trouve un peu partout le bétel, Tabaca, la noix d'arec, le gambier, etc., etc. Les principaux animaux qu'on rencontre à l'état domestique sont le bœuf, l'éléphant, le cheval, le buffle, le porc, les poules, les canards, etc.

Les forêts renferment de nombreuses essences exploitables, soit pour Tébénisterie ou la charpente, soit à titre de bois de teinture ; mais il n'existe pas d'exploitation forestière organisée.

Laos. — Dans le Bas-Laos, les cultures de riz s'étendent de jour en jour et la production de paddy pour l'année 1898 s'est élevée à 950,000 piculs, soit près de 60,000,000 kil. Le maïs n'est cultivé que pour la consommation locale. Les cultures de cardamome sont, au contraire, très importantes, principalement sur le plateau des Bolovènes (province de Ban-Mouang). La production de 1898 s'est élevée à environ 5,000 piculs, et on espère qu'elle sera de 7,000 ou 8,C00 dans quelques années. L'ortie de Chine, le coton, le tabac, l'arachide sont l'objet de cultures peu étendues, mais répandues dans tout le pays. Le pays comptait en 1898 15,000 bœufs, 25,000 buffles, 1,000 chevaux et 350 éléphants. De belles forêts renferment une multitude d'arbres de grande taille, dont la valeur commerciale est actuellement inconnue. Les exportations de 1898 comprenaient 4,675 piculs de cardamome, 72 piculs de riz décortiqué, 12,469 piculs de laque et 72 de noix d'arec.

Dans le Haut-Laos on poursuit à peu près les mêmes cultures ; mais la production de riz est beaucoup moins importante. Des lianes à caoutchoucy ont été découvertes récemment et ne tarderont pas à être exploitées.

Annam. — En raison de sa situation géographique, entre la

mer de Chine et une chaîne de hautes montagnes ; grâce aussi au système de gouvernement qui Topprimait, TAnnam a toujours été considérée comme un pays particulièrement pauvre. Mais actuellement, avec la sécurité que nous y avons fait régner, les cultures vivrières s'étendent de jour en jour et probablement les cultures industrielles ne tarderont pas à s'implanter dans la région.

Le territoire de TAnnam est très montagneux; aussi les cultures n'occupent-elles que les vallées fertiles. Le riz et le maïs sont cultivés pour l'alimentation des habitants. Des champs de manioc se rencontrent partout et, d'après le rapport du Gouverneur général, le rendement est très considérable (40,000 kil. de tubercules à l'hectare, donnant 16,000 à 20,000 kilogs de farine). La canne à sucre est cultivée pour les besoins indigènes et le sucre est fabriqué par des moyens assez primitifs; à notre arrivée dans le pays, les exportations de sucre étaient nulles; actuellement elles sont assez importantes et elles constituent un sérieux élément de trafic. Il existe une plantation de café près de Quin-Hone, au sud de l'Annam ; le thé est cultivé près de Tourane; le tabac se rencontre partout, mais ne fait encore l'objet d'aucun commerce d'exportation. Le poivre est cultivé dans la province de Quang-Tri, surtout dans le: huyên de Vinh-Linh. Le cocotier, l'indigotier, l'arachide, le cotonnier ne font l'objet d'aucune grande culture, mais se rencontrent partout. Cependant, le cotonnier occupe 2,200 hectares, surtout dans le Than-floa; le pays paraît très favorable à cette culture et le rendement moyen, en coton égrené, est d'environ 200 kilos par hectare (1 picul 1/2 par mau). Le jute est cultivé pour les besoins locaux.

Les forêts contiennent des vé|^étaux producteurs de caoutchouc et des arbres de grande valeur (teck, bois de rose, bois de fer,Iiem, etc.) ; la province de Vinh a exporté, à elle seule, dans Tannée i 897, 2,350 tonnes de bois.

Le pays possède des bœufs, des buffles, des chevaux et des moutons.

EXPORTATIONS DE i898 .*

Pour la France

Riz et paddys »

Graines de sésame ... )>

Autres graines et fruits

oléagineux .... »

Sucre

Amomes et cardamomes

Thé

Cannelle

Huile de coco .

Gomme laque »

Filaments, tiges et fruits à

ouvrer 3,000 —

Cunao »

Bois à construire. . . . 4,347 — — odorants 502 —

266,180 kil.

Pour rclranger.

640,723 kil.

Les exportations de Cunao peuvent être évahiées à 1 million de kilos par an, comme le montre le tableau ci dessous ;

Années

E.\P0RTAT10NS

. 1,385,231 kil

Tonkin. — Les terres propres à la culture se trouvent principalement dans le Delta et, dans la seule année 1898,radministration a accordé des concessions agricoles représentant une superficie totale de plus de 100,000 hectares.

D'après les relevés de radministration, les terres du Delta se répartissent comme il suit :

Terres propres à la culture du riz. . . 1,916,733 mau (1) Terres propres à des cultures diverses

autres que celle du riz 624,788 —

Terres impropres à toute culture . . . 147,478 —

2,688,999 mau

Comme on le voit, presque tout le Delta est propre à la culture ; mais il faut ajouter que le reste du Tonkin présente aussi d'énormes territoires cultivables.

Pour l'année 1898, la récolte de paddy dans le Delta s'est élevée à 23,936,829 piculs.

De même que la Cochinchine, le Tonkin ne saurait être considéré comme une colonie de peuplement ; il est et restera, vraisemblablement, une colonie d'exploitation. Toutefois, il parait présenter des ressources plus variées que la Cochinchine, le climat y est moins débilitant et le relief topographique permet d'y créer des exploitations agricoles plus variées.

Le nombre des concessions a suivi une progression croissante, surtout dans les dernières années :

Nombre de Surfaces

concessions concédées

1896 .. . .20 1,305 hectares

1898 . . . plus de 60 plus de 100,000 —

Ce résultat, il faut le reconnaître, est dû en grande partie aux mesures prises par l'administration locale pour développer la colonisation agricole.

Le maïs est cultivé dans tout le Tonkin ; mais cette culture

{1) Un mau= 1/2 hectare.

est particulièrement florissante dans les provinces de Son-Tay et Thai-Nguyên. Le manioc est très répandu ; le cercle de Yen- Bay en possède des cultures très florissantes. De nombreuses plantations de canne à sucre se trouvent le long du Fleuve- Rouge ; le produit en est vendu sur les marchés de la frontière de Chine. Le café est l'objet de nombreuses exploitations en divers points du Tonkin ; les indigènes eux-mêmes, séduits par les résultats obtenus, entreprennent à leur tour cette culture. En 1898, le pays a produit le café nécessaire pour le corps d'occupation.

Le thé est cultivé sur plusieurs points et on croit que les régions de Langson et deCaobang pourraient devenir des centres de production d'une certaine importance (voir page 376).

Dans la région moyenne, l'arbre à laque couvre les mamelons, surtout dans les forêts de la province de Hung-Hoa. Les mamelons de la région de la Rivière Claire et de la Rivière Noire sont couverts de plantations d'arbres à laque.

Le tabac n'est guère cultivé que pour la consommation locale; mais,. sans aucun doute, les essais poursuivis actuellement pour transformer cette exploitation primitive en culture industrielle, destinée à alimenter le commerce d'exportation, donneront de bons résultats, si on s'en rapporte à la qualité des premières récoltes obtenues. Le cercle de Moncay produit l'arachide en quantité et la culture vde la sésame est très florissante dans la province de Son-Tay. Les provinces de Namdinh et de Ninh-Binh possèdent des plantations de cotonniers. Les essais de culture de jute n'ont pas donné des résultats très satisfaisants. On cultive encore dans le pays le pavot à opium (2* territoire de la haute région), le froment, la patate, le bancoulier, la badiane, le cunao, l'indigotier, etc., etc.

Des essais d'élevage sont entrepris actuellement en diverses localités du Tonkin.

Les forêts contiennent de nombreuses essences utilisables, soit pour la charpente, soit pour Fébénisterie.

En résumé, Tagriculture paraît en grand progrès en Indo- Chine et il n'est que juste d'en faire remonter la cause aux mesures prises par l'administration. En plaçant à la tête du service de l'agriculture un homme de la valeur de M. Capus, le gouvernement général de l'Indo-Chine a nettement signifié son désir de voir Tagriculture prendre dans le pays l'importance qu'elle doit avoir.

La production du riz étant actuellement la plus importante dans toute la colonie, nous donnons ci-dessous le tableau des exportations depuis 1888.

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