APPROVISIONNEMENT DE LA METROPOLE PAR LES COLONIES FRANÇAISES
Importations en Fra'ice (Coinm. sp.)
Quanlilés expédiées en France par nos colonies
tonnes tonnes tonnes tonnes tonnes tonnes Sucre de canne biMif, vn
poudre 75,700 I43.00'l 99,000 51,170 110,884 100,278
Café en fèves 13.3H3 60.039 79,400 700 790 l,-29l
Cacao en fèves 2,068 14,259 17,444 \n 062 1,052
Thé 92 682 835 15 19
Vanille 4 36 41 0,084 106 134
Poivre t?,532 2,537 2,853 146 1,558 2,320
Tabar-, en feuilles 6,901 19,478 15,713 162 2.666 1,458
Caoutchouc et gutta 120 2,627 4,674 4 416 516
Gommes exoti(fue< 1,|98 5,995 5,9i4 1,236 3,043 4,320
Rizenpailles, en grains
et farines 15,700 103,000 169,000 370 73,500 140,000
Arachides en co«<Hes.... ] 76.000 93,684 \t,nnn ^*'*^ ^'^'^^
- décortiquées.. ] *^'"^'' 95,000 4,764 ]**•""" 41,800 251
('oton en laine 59.100 16«,0K) 202,000 2
Jiite 59,500 8.»,05t>
DANS NOS COLONIES 2i5
Ce tableau, pour intéressant qu'il soit, a besoin d*êtreéUidié avec quelque précaution, car il ne représente en réalité la presque totalité des exportations que pour les denrées favorisées par notre tarif de douanes et qu'on a tout intérêt à expédier exclusivement sur les marchés français. C'est ainsi que Tlndo- Chine a exporté plus de 800,000 tonnes de riz alors que la France n'en a reçu qu'une faible partie. Il en est de même pour le coton, que l'Indo-Chine exporte au Japon et en Chine ; nous n'en recevons en France que des quantités insignifiantes ; mais, en réalité, nos colonies en fournissent plus de 2000 tonnes à l'exportation. Ce chiffre est d'ailleurs très faible puisqu'il ne représente que la centième partie du coton utilisé annuellement dans les usines françaises.
Enfin, nos colonies d'Afrique (côte occidentale et Madagascar), sont à peu près les seules à nous fournir du caoutchouc. Or elles ne nous expédient qu'une très faible partie de leurs exportations.
Colonies Exportations de caoutchouc en J898
total pour la France
Sénégal. . . 340,628 kilos 150,262 kilos
Gôtedlvoire . 289,826 — 27,416 —
Dahomey . . 13,719 — 1,319 —
Congo . . . 578,201 — 155,006 --
Guinée. . . 5,939,186 francs »
Madagascar . 1,200,028 — »
Ainsi, pour quatre colonies seulement, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Dahomey, les exportations totales de caoutchouc se sont élevées à 1,222,374 kilos en 1898 et cependant le commerce français n'a reçu que 334,003 kilos de caoutchouc de cette provenance soit le 1/4 des exportations!
Bien mieux, les matières premières utilisées par l'industrie
française nous sont, en grande partie, amenées par des navires étrang;ers, au grand détriment de notre marine marchande. Le tabh'au suivant est, à cet éî^ard, singulièrement suggestif :
Nature des marchandises
fmportations totales (1898) (commerce général)
Quantités amenées en France par des navires étrangers
ïUz en paille.
79,055,000 kilos
37,270,000 kilos
Arachides en cosses 93,896,000
Huile de coton .
i lat'ao en fèves .
( li} fé en fèves .
Sucres en poudre
^(é lasses. . . .
(lûton en laine .
Jiile —
Pour bien d'autres produits de moindre importance la même l'uuHtatation pourrait être faite. Il n'était peut-être pas inutile de si^nialer en passant ce fait particulier.
Cil résumé, les produits qui sont fournis en très grande fjnarilité par nos colonies et qui dépassent la consommation di- la métropole et de nos autres possessions sont la vanille et h* girofle; elles fournissent de plus une quantité considérable dr riz, dont une partie alimente le commerce de la métropole ; l'autre partie est exportée directement de la colonie (Indoi'iiiac) dans les pays étrangers; nos colonies nous fournissent i^nsuite une quantité considérable de sucre, en concurrence avec la production indigène; mais elles ne nous donnent que 1,6 0/0 du café consommé en France, 6,2 0/0 du cacao en fèves, 9 0/0 du labac, 2,3 0/0 du thé: enfin, elles ne nous expédient pas di* coton ni de jute. La situation est évidemment plus avan- Iri^^euse en 1898 qu'en 1850; mais, il faut le reconnaître, les jïi'o^rès sont loin de répondre aux efforts qui ont été dépensés.