‹ La Production animale dans le Département de la SommeChapitre 6 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Longtemps considéré comme un « mal nécessaire » destiné presque uniquement à fournir du fumier, le bétail a pris au cours des siècles une importance sans cesse grandissante dans les spéculations agricoles.

Les animaux domestiques sont devenus à la fois l’instrument principal des travaux des champs, une source importante de revenus pour l'exploitation et pour le pays tout entier, et, par surcroît, la condition première de l'existence de l’agriculture.

L'animal, comme la plante dont il vit, est un agent de transformation et de production, une véritable machine vivante dont les fonctions multiples sont de fournir de la force, de la viande, de la graisse, des peaux, des laines, des soies, du lait, du beurre et des fromages. Quant au fumier, que l’on peut à bon droit envisager comme un résidu industriel, il conserve toute sa valeur comme engrais, susceptible de restituer sa fertilité au sol nourricier.

Pour élaborer ces divers produits « usinés », l'organisme animal utilise comme matières premières les aliments végétaux qui sont à sa disposition. Il saute aux yeux des moins avertis que la production sera de ce fait, pour la qualité et pour la quantité, en relation étroite et constante avec l'alimentation.

Les animaux sont conditionnés par le sol sur lequel ils vivent et dont ils sont une émanation au même titre que les végétaux.

La production animale se trouve être l'expression rigoureuse de la production végétale. Celle-là est intimement liée à celleci et complètement sous sa dépendance.

Le développement des races domestiques est tellement subordonné à la composition chimique du sol et à la nature

des plantes qui y végètent qu’il n’est pas nécessaire de voir la terre pour apprécier sa richesse et sa fécondité ; il suffit de voir les animaux nourris sur elle.

Il reste place néanmoins pour l’action de l’homme dans l’industrie agricole. Le cultivateur peut assurer, dans les meilleures conditions révélées par l'expérience, les transformations d'un aliment par un être animé et veiller à l'élaboration économique de la force, de la viande, du lait, etc. Cette influence de l’homme apparaît nettement dans l'adoption qui fut faite par lui du système de culture alterne, dans lequel un même sol produit, dans un assolement triennal, la nourriture des personnes et celle du bétail, où il y a retour périodique de la culture des plantes qui épuisent la terre et de celles qui l’améliorent. Il s'ensuit pour les animaux une abondance d'aliments qui permet d’en augmenter le nombre et la qualité, de consacrer aux terres infiniment plus d'engrais, .et de les rendre ainsi plus fertiles. Sur un même sol, il y a interdépendance complète des productions végétale et animale et le rôle améliorateur de l’homme s'affirme sur l’une comme sur l'autre.

Le cheptel se trouve, en dernière analyse, modelé en quelque sorte par le sol, plus généralement, par le milieu où il vit, et par l’action de l’agriculteur intéressé à tirer des machines vivantes un rendement sans cesse accru.

C’est en considérant le bétail comme une manifestation du milieu conditionnée à la fois par le sol nourricier et par l’action modificatrice de l’homme, que nous allons étudier la population animale dans le département de la Somme.

Notre programme est d'envisager successivement le milieu, la production animale de ce milieu dans le passé, cette même production dans le présent, l'avenir enfin de la spéculation animale et les moyens mis en œuvre pour la rendre plus rémunératrice et, partant, économiquement plus parfaite

Nos investigations se borneront volontairement aux seules espèces chevaline, bovine et ovine.

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